
Statue colossale de Ramsès II (1290-1224 av. J.C.), Marc-Olivier Wahler, au MAH. © Michel Juvet. NOW Village
Dormir dans un musée relève du fantasme, ou du privilège rare. Lorsque le Louvre a mis une nuit au concours en 2019, 182’000 candidatures sont arrivées du monde entier pour deux places. À Genève, le directeur du Musée d’art et d’histoire s’est attribué la sienne sans passer par le tirage au sort, et il dormira seul.Le 23 juin, Marc-Olivier Wahler réunira des artistes et amis du milieu de la culture et du commerce lors d’une soirée privée au Musée d’art et d’histoire pour engager « une réflexion sur le statut et le rôle du musée dans notre société », avant de s’isoler pour dormir près de Ramsès II dans une Loft story intime… à suivre en direct en ligne.
Le 23 juin, Marc-Olivier Wahler réunira artistes et amis du monde de la culture et du commerce lors d’une soirée privée au MAH, pour engager « une réflexion sur le statut et le rôle du musée dans notre société ». Puis il s’isolera pour dormir près de Ramsès II, dans une Loft story intime à suivre en direct en ligne.
Le programme annoncé par le musée est aussi ambitieux que serré. À 20h, dîner avec le directeur : les artistes Sylvie Fleury et Gianni Motti, le comédien Yann Marguet, le directeur d’artgenève Thomas Hug, la directrice du GIFF Anaïs Emery. À 21h15, Yann Marguet entraîne la compagnie dans une visite insolite du musée vide, « des catacombes jusqu’au toit ». À la fin, le directeur referme les portes du MAH et réalise son souhait : dormir aux côtés de Ramsès. La « performance » nocturne du directeur devenu artiste sera filmée à la caméra infrarouge et diffusée en direct sur les inévitables réseaux sociaux.
Le programme annoncé par le musée est aussi ambitieux que serré. À 20h, dîner avec le directeur : les artistes Sylvie Fleury et Gianni Motti, le comédien Yann Marguet, le directeur d’artgenève Thomas Hug, la directrice du GIFF Anaïs Emery. À 21h15, Yann Marguet entraîne la compagnie dans une visite insolite du musée vide, « des catacombes jusqu’au toit ». À la fin, le directeur referme les portes du MAH et réalise son souhait : dormir aux côtés de Ramsès. La « performance » nocturne du directeur devenu artiste sera filmée à la caméra infrarouge et diffusée en direct sur les inévitables réseaux sociaux.
La soirée se veut davantage qu’une célébration de la fin provisoire du confinement : elle promet d’aborder, dans la même séance et avec les regards décalés de rigueur, les questions qui taraudent le directeur « depuis plus de 25 ans : comment habiter un lieu d’art ? Comment intégrer le musée à son quotidien ? » La réponse tiendrait-elle dans une rencontre en vase clos et sa médiatisation narcissique ? Et MOW dépassera-t-il les 160 millions de vues du clip tourné de nuit au Louvre par Beyoncé et Jay-Z ?
Aller au contact des œuvres dans ce climat si particulier constitue en soi une immersion, et c’est précisément ce que les musées cherchent à développer. Pourquoi ne pas généraliser l’expérience, s’interrogeaient les journalistes de France Culture ? Faire de chaque visiteur le Jay-Z ou la Beyoncé d’un soir.
Un précédent récent montre que le thème peut se traiter dans un cadre plus artistique qu’au MAH. De novembre 2017 à juin 2018, Philippe Macasdar, directeur du théâtre Saint-Gervais, crée Grand Hôtel et laisse le champ libre à des artistes pour investir de nuit les espaces du théâtre. Des groupes de trente personnes passaient la nuit au 7e étage, au fil d’un programme concocté par un artiste invité, pendant qu’au 5e d’autres vivaient un tête-à-tête avec un comédien dans un spectacle sur mesure. Plus basique, et interrompu par le Covid-19, le Grand Théâtre proposait en mai dernier d’y passer la nuit.
Des musées plus responsables socialement
Le quart de siècle de questionnement dont se réclame le directeur a vu le débat se déplacer : le musée n’est plus seulement une institution au service du patrimoine. L’AMS, l’Association des musées suisses, dressait ce constat au sortir de son congrès de 2019 : les musées deviennent une source de réflexion dans une société qui s’interroge sur les enjeux environnementaux, sociaux et politiques, et il leur est désormais demandé d’agir en faveur de la dignité humaine, de la justice sociale et de l’égalité. Un défi, reconnaît l’association.
L’ambition est-elle partagée au bout du lac ? La réponse, décevante, s’étale dans les programmes d’expositions et d’événements.
L’exposition médiatique de Marc-Olivier Wahler, aussitôt critiquée par des artistes pour ce rôle de performer, surgit alors qu’une campagne — qualifiée de dénigrement sournois par sa cible — le vise depuis plusieurs mois dans le milieu institutionnel. Le parcours de cet acteur de l’art contemporain est pourtant balisé : l’aventure du CAN Centre d’art Neuchâtel, puis le Swiss Institute à New York, le Palais de Tokyo, enfin le Broad Art Museum de l’Université du Michigan suite à des resultats decevants selon le Lansing State Journal un média du Michigan.
L’événement Une nuit avec Ramsès est à suivre en direct sur : YouTube : https://youtu.be/VfsdtQO6Eyk

