Les voitures cèderont la place aux bébés dans le Manège de la Vieille-Ville de Genève

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Le Manège de la rue de Saint-Léger. ©Ville de Genève.

Le dernier projet de reconversion du Manège de la Vieille-Ville semble être le bon, selon les estimations conjugées de Rémi Pagani et Esther Adler une crèche et les activités associatives de différents partenaires de l’action sociale de proximité devraient s’installer dans le lieu fin 2017 ou tout début 2018. Le bâtiment sera aménagé en équipements publics, comprenant un espace de vie enfantine, une ludothèque et une maison de quartier.

Ce 27 octobre, les deux magistrats ont présenté le bureau d’architecte gagnant du concours, le bureau ESTAR armental  ciurlo walker arquitectos S.L.P, porteur d’un projet « qui se distingue par le respect porté à l’esprit du bâtiment tout en relevant l’intérêt de l’intervention architectural des années 1950. Une rénovation douce qui préserve les éléments caractéristiques forts que présente cet édifice ancien. Les espaces sont hiérarchisés jusqu’à l’étage où s’impose une très grande salle, sobre, dans laquelle une boîte suspendue apporte une dimension poétique. La conservation d’une majeure partie des structures du parking valorise l’image de la rotonde.
Une entrée unique dans le bâtiment par le corps latéral de la rue Saint-Léger fédère tous les usagers. Les différents équipements se développent sur deux niveaux: l’espace de vie enfantine et la ludothèque au rez-de-chaussée et la maison de quartier ainsi que la salle polyvalente à l’étage.

Du manège des corratiers au parking pour hauts fonctionnaires

C’est l’Association de la Maison de Quartier de Chausse Coq qui retrace l’historique du bâtiment de la rue de Saint-Léger. « Le premier document relatant l’existence d’un manège à Genève date de 1613. A cette époque, les maîtres d’équitation, qui étaient également pour la plupart maquignons, étaient appelés « corratiers ». On comprend donc pourquoi la première gravure du Manège de Genève, produite par Diodati en 1640, nous montre un manège située à la petite corraterie.
Au début du XVIIIe siècle, les propriétaires des maisons de maîtres Rigot, Gallatin et Lullin désirent construire des terrasses sur la partie sud de leurs demeures. Pour ce faire, ils obtiennent de la signeurerie la propriété des terrains où se trouvait le manége, à condition qu’ils reconstruisent à leurs fais un nouveau manège à la rue Saint-Léger. Un nouveau manège est ainsi construit en 1708 au Bourg-de-Four dessous.

En 1820l les registres publics signalent que le Manège est en « fort mauvais état ». Plusieurs projets voient le jour pour un nouvel usage de la parcelle du manège dont un théâtre circulaire en face du palais Eynard. Finalement, le conseil représentatif vote un budget pour une reconstruction du Manège. Plusieurs projets s’échelonnent entre 1826 et 1828, les travaux seront réalisés durant les années suivantes et le Manège survivra jusqu’à aujourd’hui, malgré des modifications substantielles.

Propriété de la Ville de Genève jusqu’en 1859, le Manège passa dès cette date à celle de l’Etat et plus particulièrement du département militaire qui y loge une garnison fédérale jusqu’en 1862. Dès 1892, une société d’équitation privée loue le manège.
En 1930 le manège devient un garage. Aucune transformation n’est faite à cette époque si ce n’est l’installation d’une pompe à essence et une citerne.
En 1969, l’Etat de Genève reprend en charge la gestion du bâtiment. Le garage est alors transformé en un parking de 73 places destinées principalement à des hauts fonctionnaires. Suite à cette affectation du bâtiment en parking, l’Association des habitants du Centre et Vieille-Ville (AHCVV) organise en 1980 un concours intitulé « pour une nouvelle affectation du manège ». En 1987, un projet de transformer ce grand espace en un musée d’art moderne voit le jour. En 1990, un projet de diplôme d’architecture d’intérieur de l’Ecole supérieure des arts appliqués de Genève propose la création d’une maison multifonctionnelle pour les étudiants. En 1992, l’AHCVV propose d’y créer un centre d’artisanat qui permettrait à des artisans traditionnels de rester dans le périmètre de la Vieille-Ville. »

Après d’autres tentatives, en 2008, le conseiller d’Etat Mark Muller y aurait bien vu un chic bar à vin et un cinéma tandis que l’association « Un Manège pour Tous » réunissant toutes les associations du quartier centre et vieille-ville de Genève présentait un projet conçu par l’architecte Andrea Bassi pour installer la Maison de quartier de la rue Chausse-coq, une crèche, une ludothèque et d’autres activités associatives.

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Une image qui appartiendra bientôt enfin au passé. ©GenèveActive.

Le projet de réhabilitation du bâtiment en 2014 est dans l’esprit de celui envisagé en 2007 par Andrea Bassi qui détaille ici sa lecture du bâtiment :

 

Exposition au Forum Faubourg

L’exposition du 28 octobre au 8 novembre au Forum Faubourg présente l’ensemble des projets reçus ainsi que le projet lauréat de ce concours.
Mardi, mercredi, vendredi, samedi de 11h à 18h. Jeudi de 11h à 20h. Visite commentée: jeudi 30 octobre 2014 de 12h30 à 13h30

Publié dans architecture et urbanisme, société
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