
Intermezzo – Vincent Fournier. Vue partielle de l’exposition à la galerie Skopia. Photo : Jacques Magnol.
La galerie Skopia fait dialoguer Vincent Fournier avec des gravures sur bois de Franz Gertsch, paysages grand format, qui eux aussi invitent à méditer.
Le monde n’étant pas parfait, la peinture de Vincent Fournier ne peut pas l’être et il ne cherche pas à en donner l’illusion. Il ne peint pas non plus le monde. Sa peinture ne raconte rien, silencieuse, elle ne veut pas pour autant rien dire, bien au contraire.
Sans effet ni artifice, Fournier fait au plus juste avec peu. Au service de la peinture, il met à l’équilibre lignes et couleurs dans une apparente simplicité, trouve la plénitude dans l’ascèse. Sa géométrie à main levée est sans perspective ni trouées. Tout est là, à la surface, au même plan. Ses aplats en fine couche vibrent et laissent transparaitre une ligne au crayon, la finesse ou le gros grain de la toile et en dessous encore un châssis qu’il a aussi fait ou des liteaux ou de gros blocs de bois sur lesquels la toile est marouflée. L’attention portée jusqu’aux détails crée un tout, une unité. La matière est présente, la main aussi mais pour mieux laisser entrevoir autre chose, de plus abstrait encore. Fournier travaille l’harmonie, il crée l’espace.
C’est d’élévation et de grâce que cette peinture parle. Disons, en reprenant le titre de l’ouvrage de Kandinsky, qu’il y a du spirituel dans l’art et dans la peinture de Vincent Fournier en particulier. Difficile à entendre dans le bruit et la fureur du monde. C’est aussi de joie par la couleur, limpide, délicat à dire mais pas si difficile à voir. Porté par la foi, Vincent Fournier nous fait croire en la peinture.
Claude-Hubert Tatot
Vincent Fournier –Intermezzo
Jusqu’au 20 juin 2026
Galerie Skopia,
9 Rue des Vieux-Grenadiers
Genève


