Jean-Luc Verna n’en est pas à son premier autoportrait

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“Vase misère” détail. 2014. Jean-Luc Verna. Photo JM, sur le stand de la Galerie Air de Paris, lors d’artgenève 2014.

Le Vase misère, la première céramique de Jean-Luc Verna est dans un entre deux et en trois dimensions. Jean-Luc Verna dessinateur n’en est pas à son premier autoportrait. Verna acteur pour les vidéos de Brice Delsperger se maquille, met du rouge à lèvres et assemble des perruques pour des coiffures spectaculaires.

Rictus

” Smiling beguiling
Dejected grâce
Haunts the false face »
Siouxsie and the Banshees ” – False Face

 

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“Vase misère”. 2014. Jean-Luc Verna. (Arrière-plan : Guyton/Walker)

Le Vase misère, sa première céramique, réalisée à Genève au Cercco (Centre d’expérimentation et de réalisation en céramique contemporaine de la Haute école d’art et de design – Genève) est dans un entre deux et en trois dimensions. Le visage de Verna posé sur un piédouche orne la panse. Par derrière, des mains viennent étirer les commissures, exagérant son sourire et étalant son rouge à lèvre. La chevelure abondante et très travaillée se dresse sur la tête comme au temps ou punk chevelu Verna se faisait celle des Mohicans. Elle retombe sur la nuque non pas en boucle mais en forme de petite bête cornue dont les deux pattes griffues s’agrippent à la nuque rappelant un de ses dessins où Souixsie, son idole, a des cheveux qui se transforment en chat.

Le Vase misère présenté à Art Genève est argent. Enfin en céramique, couverte d’un émail très brillant, clinquant presque trop. Comme pour le maquillage, pas question pour Verna de faire illusion sans montrer l’artifice. Comme pour ses dessins, les yeux bleus au blanc injecté d’un peu sang et la bouche rouge sont rehaussées à l’émail à froid.
Rouge, trop appuyé et ayant fusé, sorte de fouine ou visons en cravate retombant sur la nuque évoquent les vieilles dames, le sourire étiré celui du clown fatigué ou pire encore celui ouvert au couteau de Madeleine dite la juive dans L’Apollonide : Souvenirs de la maison close, film de Bertrand Bonello.
Le vase misère est un peu chagrin, il fait penser aux grotesques. Doux amer, il dit mais avec des fleurs la misère de la décrépitude à venir, le sourire permanent même fané qu’il faut s’accrocher au bord des lèvres pour faire face et bonne figure.

Claude-Hubert Tatot

 

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