Trois nouveaux tableaux de Hodler, Vallotton et Amiet offerts au MAH

Félix Vallotton, La Cagne et le Baou, 1922. 54,3 x 73,3 cm. Musée d’art et d’histoire, photo: B. Jacot-Descombes

Le Musée d’art et d’histoire a bénéficié courant 2016 d’un legs exceptionnel de quatre tableaux signés des trois plus grands peintres suisses du XIXe et du XXe siècle. À partir du 23 février, les visiteurs du Musée d’art et d’histoire pourront découvrir ces trois paysages respectivement dus à Ferdinand Hodler (1853-1918), Cuno Amiet (1868-1961) et Félix Vallotton (1865-1925), ainsi qu’une nature morte signée Vallotton.

Ces quatre huiles sur toile ont fait l’objet, au début de l’été 2016, d’un legs souhaité par l’avocat genevois Jean Clostre. Ce grand mélomane était membre de la Société des Amis du Musée d’art et d’histoire (SAMAH) et du Bureau de la Société des Arts de Genève. Le quatuor d’œuvres faisait partie de sa collection personnelle.

Dans La Cagne et le Baou (ci-dessus), Félix Vallotton transforme la vue d’une région qu’il affectionne en un univers irréel et stylisé. Situé à Cagnes, dans le sud de la France, le paysage est difficile à lire au premier abord, mais révèle toute sa puissance au fur et à mesure que l’on observe, distingue et identifie tous les détails.

Félix Vallotton, Anémones et Mandarines, 1914. 54,3 x 65,1 cm. Musée d’art et d’histoire, photo : B. Jacot-Descombes.

Les Anémones et Mandarines de Félix Vallotton pourraient relever de la nature morte classique, première impression étayée par la nappe rayée et le vase rustique typique de la faïence produite à Thoune (Berne) qui ancre la mise en scène. Un léger malaise naît cependant de l’alliance incongrue des couleurs (noir, vert olive, vert gris, rouge, orange, blanc, rose … ), mais qui est atténué par l’équilibre très travaillé de la composition.

Ferdinand Hodler, Marronniers au bord du chemin, v. 1889, retravaillé v. 1905. 41,3 x 33,4 cm. Musée d’art et d’histoire, photo: B. Jacot-Descombes

Rarement exposé, Marronniers au bord du chemin fait partie des paysages de Ferdinand Hodler que l’on peut qualifier de « portraits d’arbres». S’il est placé en retrait du chemin, le marronnier est bel et bien le sujet principal du paysage, à l’image du Lilas, du Petit Platane ou du Cerisier, autres figures sylvestres solitaires qui peuplent déjà les collections du musée.

Cuno Amiet, Petit Cognassier, 1936. Musée d’art et d’histoire, photo: B. Jacot-Descombes

S’il partage le même thème, le Petit Cognassier de Cuno Amiet a quelque chose de plus sage. À cette époque, l’artiste soleurois se consacre à peindre son jardin et les environs du village d’Oschwand (Berne) où il réside depuis 1898. Ses années d’expérimentation sont derrière lui; reste sa maîtrise de la couleur et de la touche qu’attestait déjà son Autoportrait en blanc (1907), acquis par le MAH il ya un an.

Au Musée d’art et d’histoire, dès le 23 février.
2, rue Charles-Galland – 1206 Genève. Ouvert de 11 à 18 heures. Entrée libre.

 

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