Pierre Huber, acteur incontournable du marché de l’art contemporain chinois

Zhang Peili. Le Plaisir Indéterminé. 1996. Installation vidéo 15 minutes, 4 bandes PAL/VHS. Edition 3/3.

Comment définir les principes qui ont guidé vos recherches dans un environnement totalement étranger, de plus, dans un marché en voie de mondialisation ?

« Je ne me préoccupais pas des autres puisque, lors de la création de SH Contemporary en Chine, j’avais la chance de rencontrer tous les acteurs grâce à Pelli et Tihai. L’exposition Magiciens de la terre ne m’a pas impressionné par son inclusion d’artistes chinois mais par son application de la mondialisation qui m’a permis de découvrir les artistes du tiers-monde que je ne connaissais pas, et par la suite d’aider à leur développement. En parallèle c’est mon implication dans la réorganisation de la foire de Bâle et la création de SH contemporain qui m’a permis d’ouvrir les portes aux artistes d’Asie et de permettre leur entrée dans le circuit commercial, étape indispensable au développement de leur travail et de leur marché.
En Occident, à l’époque, nous n’étions pas prêts à suivre le rythme de ces nouvelles propositions qui ont besoin de temps pour s’imposer. Nous ne le sommes toujours pas et cela prendra encore un certain temps car un décalage important existe entre la création et le marché. L’art étant aussi un investissement, la création ne suis pas nécessairement le rythme du marché qui joue aussi avec la mode du moment.

Collectionner est une démarche personnelle qui demande réflexion et culture personnelle autant que faire abstraction des modes pour suivre son propre chemin intellectuel en solitaire. Pour moi, ce fut un luxe de pouvoir assumer moi-même mes choix pendant des années, de défendre des propositions parfois envers et contre tous, marché compris. J’assume mes choix indépendants des modes dans une démarche que je qualifie d’épicurienne, représentative d’un style personnel et non pas la copie conforme du goût des autres.
Toute ma vie dans les différentes étapes de mes activités c’était cela m’a façon de respirer, mouvoir, manger, regarder la nature tous cela mérite une certaine personnalité et originalité sans quoi ma vie aurait été trop monotone.»

Fang Lijun – Espaces Interdits
Musée Ariana – Genève
11 novembre 2016 au 2 avril 2017

Pierre Huber – Galerie Art & Public
Genève.

Tagués avec : , ,
Publié dans art contemporain, marché de l'art
Copyright

© 2005-2018. Tous droits de reproduction et de diffusion réservés. Aucun type de reproduction autorisé sans accord préalable. Association Observatoire culturel. Les opinions exprimées dans les articles n’engagent que leurs auteurs.