Le Kunstmuseum de Berne présente la collection de Cornelius Gurlitt

Emil Nolde, “Expansive Landscape with Clouds” (Weite Landschaft mit Wolken), n. d. Toutes les reproductions : Kunstmuseum Bern, Bequest of Cornelius Gurlitt 2014 © Kunstmuseum Bern.

La découverte de plus de 1 400 œuvres d’art dans l’appartement miteux de Cornelius Gurlitt – le fils du marchand d’art du Troisième Reich Hildebrand Gurlitt – à Munich en 2012 a stupéfié le monde. Sous le titre Gurlitt Status Report – Deux expositions ont lieu simultanément à Berne et à Bonn selon différents axes thématiques. L’exposition, dont l’annonce fait littéralement le tour du monde, montre près de 160 œuvres qui ont pour la plupart été saisies dans les collections allemandes en 1937 et 1938 lors de l’opération « Art dégénéré ». Dans son testament en 2014, Cornelius Gurlitt (1932-2014) a étonnamment nommé le Kunstmuseum Bern héritier universel, mais l’institution n’a accepté que les oeuvres dont l’origine a pu être clairement établie.

Ernst Ludwig Kirchner, “Two Nudes on a Bed” (Two Models) (Zwei Akte auf Lager «Zwei Modelle»), 1907/08.

Les deux expositions étroitement liées mettent en lumière le contexte historique plus large et reflètent les dernières recherches sur cette collection. Avec une sélection de quelque 200 œuvres, la présentation à Berne se concentre sur la campagne nazie contre l’art «dégénéré». D’autre part, l’exposition de Bonn est consacrée à des œuvres directement touchées par le pillage de l’art par les nazis et au sort des artistes persécutés, des collectionneurs et des marchands d’art.

L’ensemble est principalement composé de travaux sur papier, parmi lesquels des œuvres exceptionnelles, expressionnistes, constructivistes et du vérisme. y sont notamment représentés des artistes tels Ernst Ludwig Kirchner, Franz Marc et Otto Dix. L’exposition traite également des processus politiques qui conduisirent au bannissement de l’art moderne qualifié de « dégénéré» et à sa destruction et mise en vente. Un accent particulier est mis sur le destin des artistes victimes de diffamation et de persécution.

Les évènements historiques majeurs y sont par ailleurs mis en relation directe avec la figure de Hildebrand Gurlitt (le père de Cornelius), dans tous ses aspects contradictoires: des documents et des écrits provenant de sa succession éclairent le parcours de celui qui, après avoir été un défenseur de l’art moderne comme directeur de musée, sera le plus important marchand d’art du « Troisième Reich ». L’exposition offre de surcroît, dans le cadre de l’atelier de recherche sur la provenance, la possibilité de découvrir le travail de recherche de provenance, un domaine d’étude que le « trésor Gurlitt » a placé sous le feu des projecteurs.

Otto Mueller, “Reclining Female Nude by the Water ” (Liegender weiblicher Akt am Wasser), n. d. Watercolour over black chalk on paper.

August Macke. In the Palace Garden at Oberhofen (Im Schlossgarten von Oberhofen), 1914.

Franz Marc, “Seated Horse” (Sitzendes Pferd), 1912.

Ernst Ludwig Kirchner, “Melancholy Girl” (Melancholisches Mädchen), 1922.

Qu’est-ce que le “Trésor Gurlitt”, Qu’est-ce que l’art dégénéré : voir le guide de l’exposition.


Collection Gurlitt, état des lieux. « L’art dégénéré » – confisqué et vendu
Kunstmuseum Bern. Du 2 novembre 2017 au 4 mars 2018
Le Kunstmuseum Bern offre désormais la possibilité d’acheter des billets pour l’exposition Gurlitt en ligne via Reservix: www.kunstmuseumbern.ch/GurlittTickets.

Collection Gurlitt, état des lieux.
 Les spoliations d’oeuvres d’art sous le IIIe Reich et leurs suites

Bundeskunsthalle, Bonn. Du 3 novembre 2017 au 11 mars 2018

L’exposition de Berne se concentre sur la présentation d’oeuvres d’« art dégénéré » et de travaux du cercle de la famille Gurlitt. Le Centre National d’Art et d’Expositions de la République Fédérale d’Allemagne s’intéresse aux oeuvres spoliées dans le cadre des persécutions nazies, ainsi qu’à celles dont la provenance n’a pas encore pu être éclaircie. D’autre part, l’exposition de Bonn met en regard des destins d’artistes, de collectionneurs et de marchands d’art persécutés et des biographies d’auteurs de spoliations. En outre elle traite des vols d’objets d’art sans précédent commis par les nationaux-socialistes dans les régions occupées par le régime. Au printemps 2018, l’exposition présentée à Bonn viendra au Kunstmuseum Bern.

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