Concert californien avec les Two Gallants à  l’Alhambra.

Two Gallants

The Two Gallants à  l’Alhambra. Photo: Patricia Lopes.

Mercredi soir, la salle de l’Alhambra à  accueilli l’un des groupes américains les plus intéressants du moment: Two Gallants. Il se compose d’Adam Stephens au chant, à  la guitare et à  l’harmonica et de Tyson Vogel à  la batterie et également au chant. Ils viennent de Californie et ils ont cet air un peu nonchalant que les climats chaud peuvent susciter. Leur look pourrait rappeler une époque grunge quelque peu révolue mais leur musique brouille toute les frontières. On pense à  de la folk évidemment, mais aussi au grunge et au punk car il se dégage de leur chanson une envie de liberté et de révolte. Leur dernière date en Europe en version acoustique à  permis de découvrir, pour certains, un groupe habité par leur musique. Pour la fin du concert le public est monté sur scène assis autour des musiciens, le temps de deux chansons, il y eu comme un air californien qui souffla sur la salle.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas c’est à  découvrir. Les Two Gallants ont déjà  sorti deux albums “The Throes” et “What the toll tells” et ils s’apprêtent à  sortir un cinq titre “The scenery of farewell”

Rencontre avec Adam Stephens avant le concert. En anglais, traduction ci-dessous.

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P. L. : Ce soir c’est votre dernier concert en Europe, comment s’est passée la tournée?

Adam: Je pense que c’était vraiment amusant. Certaines dates étaient vraiment bien, c’était un peu différent parce que c’étaient des concerts acoustiques et que nous n’avions jamais fait ça avant, ça limite un peu… Berlin était bien, Vienne hier soir était fantastique. C’est différent car lorsque l’on fait un concert électronique lorsque quelque chose ne va pas on met le son plus fort et on peut, en quelque sorte, se cacher derrière la musique. On ne peut pas vraiment faire ça pendant un concert acoustique.

Laquelle des deux formes préférez-vous?

A: je préfère les concerts acoustiques.

Comment était le public européen?

A: Vraiment bien. Les personnes dans le public respectent beaucoup la musique et écoutent vraiment attentivement. Même si je sais qu’ils ne comprennent pas tous les mots ils font attention, alors que le public américain s’en fiche et n’a pas la patience pour faire attention à  la musique.

“What the toll tells” est votre deuxième album, vous devenez connu autour du monde, comment vivez-vous cette notoriété?

A: Je ne dirais pas que nous sommes très connus…

On commence à  vous connaître…

A: Je pense, dans certains endroits, tout est relatif…mais nous ne sommes pas assez connus pour ne pas pouvoir marcher dans la rue sans que quelqu’un nous reconnaisse. C’est amusant de jouer devant plus de gens parce que je veux que les gens écoutent notre musique. Je pense que la musique devrait être entendue…ça fait du bien d’être un peu reconnu pour ce que l’on fait.

Et aux Etats-Unis?

A: C’est un peu près la même chose.

C’est difficile de définir votre musique, est-ce que vous pourriez le faire?

A: Je n’ai jamais aimé faire ça. Je dis souvent que c’est comme…je ne sais pas… du bruit traditionnel, ça n’a pas de sens. Je n’aime pas les catégories on est influencé par la musique traditionnelle des Etats-Unis mais aussi le punk, le grunge et même le reggae. Mais aucune de ces influences ne nous catégorisent… je ne sais pas…désolé je n’ai pas de réponse.

Est-ce que vous vous sentez proche de certains groupes comme les White Stripes ou Kings of Leon?

A: Proche musicalement ou amicalement?

Musicalement.

Pas vraiment. Je pense que les White Stripes sont bons mais je n’écoute pas beaucoup de musique. Il y a des groupes avec lesquels ont a joué que je respecte beaucoup. Cold War Kids sont des amis proches, c’est un très bon groupe. Wolfmother sont incroyables. C’est difficile d’aimer la musique aujourd’hui, la plupart des groupes que j’aime c’est parce qu’on a joué avec eux.

Pour parler des débuts du groupe quand avez-vous commencé à  jouer ensemble?

On a commencé à  jouer ensemble en tant que groupe il y a environ cinq ans, mais on joue de la musique ensemble depuis qu’on a 12 ans. Notre histoire remonte loin mais on a commencé le groupe il y a cinq ans.

Comment se passe la composition des chansons?

A: J’écris les paroles et les parties à  la guitare ensuite on les travaille ensemble. La batterie amène quelque chose de différent, un niveau supérieur duquel j’étais parti. D’habitude c’est comme ça, j’amène la chanson et on la travaille ensemble.

Votre musique parle d’une sorte de mal être, est-ce que vous avez l’impression de parler au nom des jeunes d’aujourd’hui?… C’est mon sentiment.

A: Je ne sais pas, je n’y ai jamais pensé comme ça. Je pense à  des chansons qui existent pour elles-mêmes et je ne les ai jamais pensées comme ayant un but mais plutôt comme un divertissement. Peut-être il y a des choses que je dis qui peuvent être compatible avec ce que les gens de mon âge ou plus jeunes, mais je n’y ai jamais pensé comme quelque chose qui devrait avoir un effet ou un but comme celui de transmettre un message.

La musique que vous jouez ne peut pas être datée, est-ce que vous sentez un décalage entre vos vie et le monde musical et non musical d’aujourd’hui?

A: Dans beaucoup de domaines, avec les deux. Avec le monde lui-même, celui dans lequel je suis né. Il est difficile de se retrouver dans des situations qui étaient déjà  là  avant nous…je pourrais parler de ça pendant longtemps. Mais musicalement je pense qu’il y a beaucoup de mauvaise musique, de mauvais groupes. Depuis que la pop existe il y a toujours eu des mauvaises choses, je pense que ça sera toujours comme ça. Au niveau local il y a des bons groupes qui apparaissent et je pense que la musique redevient meilleure à  un plus large niveau.

Est-ce que la place que vous occupez dans ce monde musical vous convient?

A: Je n’y pense pas, on joue de la musique…Nous n’avons pas de plan pour devenir plus populaires, on joue la musique que l’on aime et si les gens aiment… On veut que le plus de monde écoutent notre musique mais je ne crois pas à  un succès planétaire. Si on finit par jouer devant des milliers de personnes, dans des stades par exemple, ça serait aussi bien tant que les gens présents continu à  écouter la musique, je ne pense pas qu’il y a réellement un problème avec ce type de concert.


Le nom du groupe Two gallants vient d’une nouvelle de James Joyce, quelle est la place de la littérature dans votre musique?

A: Mon Dieu, je ne sais pas…


Est-ce qu’elle a une place quelconque?

A: Je crois que je considère le songwritting comme faisant partie d’une catégorie littéraire parce que je sens que les chansons ne sont pas vraiment considérées comme faisant partie de la littérature. Elles n’ont pas le droit de faire partie de cette catégorie comme la poésie et les nouvelles. Les gens ne mettent pas les chansons dans cette catégorie même si elles peuvent être composées de mots magnifiques et avoir un vrai sens. Je considère le songwritting comme étant aussi important voir plus important aujourd’hui que la poésie ou l’écriture de nouvelles et d’autres formes littéraires car les gens font plus attention aux chansons qu’à  la poésie aujourd’hui. De nos jours, plus de gens écoutent de la musique plutôt que de s’asseoir pour lire de la poésie contemporaine. Dans un sens je pense que les chansons ont plus une place dans la catégorie littéraire qu’auparavant car c’est ce que les gens écoutent auxquels ils font le plus attention. Je prends l’écriture très au sérieux et je n’ai jamais écris quelque chose qui n’est pas de sens pour moi.

Merci
A: Merci

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