Soutenir les différences artistiques

Sami Kanaan, Conseiller administratif de la Ville de Genève, en charge de la culture et du sport.

Les débats des Rencontres théâtrales s’intensifient. Vous êtes nombreuses et nombreux à intervenir, à nous faire part de critiques, de propositions et de visions. Certes le moment de la Rencontre peut paraître court ou insuffisant. Il n’est pas facile d’aborder autant de sujets avec autant de personnes ! Heureusement, les discussions continuent après, au café ou sur le site. Je me réjouis donc, une fois de plus, de vous retrouver mercredi 17 octobre pour parler des indépendant-e-s.

Nous l’avons constaté dans le cadre de la Rencontre théâtrale consacrée aux missions des théâtres publics : la politique du théâtre est historiquement confuse, diversifiée, enchevêtrée. Les conventions donnent un cadre très général, les théâtres ou les festivals subventionnés et logés par les collectivités publiques sont gérés par des gouvernances multiples, la définition même de « théâtres publics » ne fait pas l’objet d’un accord entre les communes, les villes, le canton et les professionnels. La question de l’articulation entre les missions des institutions (publiques ou indépendantes) et les compagnies a été posée plusieurs fois déjà au cours des débats et sur le site. Il me paraît essentiel que la diversité du travail artistique des compagnies se retrouve dans les théâtres subventionnés. Cela signifie concrètement que la pluralité des sensibilités artistiques doit apparaître dans le paysage institutionnel genevois et permettre ainsi de faire rayonner les différences artistiques.

Les réalités recouvertes par les termes de « théâtre indépendant » tiennent surtout à deux éléments : les directions sont indépendantes (privées ou associatives) et les moyens ne permettent pas la production. Les théâtres considérés indépendants (par exemple le Galpon, le théâtre de l’Usine, la Parfumerie, l’Alchimic, le T50) sont en fait tout à fait dépendants des soutiens ponctuels accordés aux compagnies ! Certaines institutions, comme Le Loup, l’ADC ou la Bâtie, de par leurs moyens de production sont à l’articulation entre les théâtres « publics » et les « indépendants ».

Concernant les compagnies indépendantes, elles sont plus de 150 à avoir reçu des soutiens de la part de la Ville de Genève au cours des 10 dernières années, pour des créations proposées à la population. Si cette vitalité est à saluer, elle cache des réalités complexes : les compagnies sont le plus souvent précaires et parfois ne vivent que le temps d’une création. Les mêmes artistes sont amenés à fonder différentes compagnies. De plus en plus de comédiens et de comédiennes montent des projets afin de créer de l’emploi. Les compagnies subventionnées peinent parfois à être programmées dans les salles et les festivals genevois. Les soutiens des collectivités étant essentiellement liés à la création et un peu à la diffusion, les compagnies essaient de faire chaque année un projet. Les œuvres ont à peine le temps de vivre et d’être vues, la diffusion reste insuffisante et les reprises trop rares. Les écoles professionnelles forment chaque année des artistes qui ensuite se retrouvent sur un marché du travail saturé. La loi sur le chômage a augmenté la précarisation.

Bien sûr, l’outil des conventions a permis de renforcer un peu le travail de quelques compagnies. Liées à des responsabilités dans des lieux (Loup, Spirale, Cavale, SAT, Sturmfrei, Bisang), à leur rayonnement international (Alakran, Malandro) et/ou à leur ancrage régional (STT), ces conventions doivent permettre un accompagnement dans la durée. Elles posent également, évidemment, problèmes. Doit-on leur donner une durée maximale ? Quels sont les critères à prendre en compte ? Sur la ligne de soutien aux indépendant-e-s, de 1.9 million de francs, environ 800’000 francs font l’objet de conventions. Est-ce le bon équilibre ? Comment alors accompagner les nouvelles compagnies ?

Je voudrais également saluer les institutions qui ont proposé des résidences de compagnies ces dernières années, que cela soit sur le modèle de Saint Gervais, de Vidy ou du Théâtre Forum Meyrin car elles sont un outil de soutien indispensable au développement des compagnies.

Les budgets du département de la culture de la ville de Genève consacrés au théâtre (institutionnels, indépendants, compagnies) ont augmenté régulièrement (10.6 millions en 1993, 10.5 millions en 2002 – malgré le désengagement pour le théâtre de Carouge – , 14.7 millions en 2010 et 15.5 millions en 2012). Malgré les engagements de la Ville, auxquels il faut rajouter ceux du canton, des villes et des communes mais également de la Loterie romande et des privés, les fonds restent insuffisants dans un domaine en continuel développement. De plus, les compagnies et les théâtres suisses sont aujourd’hui confrontés à la crise financière et économique mondiale et aux retraits des partenaires de co-production.

Vos contributions sur le site illustrent ces paradoxes. Les moyens augmentent mais Genève a perdu les lieux alternatifs qui favorisaient les productions indépendantes et permettaient de créer et de vivre avec des revenus modestes. Les conditions de création sont évidemment liées à la santé économique de notre canton, au prix du mètre carré, au tissu de l’emploi. Nous voyons que les demandes pour des lieux de travail à des prix abordables ou gratuits augmentent. Cette question des lieux est devenue une priorité des politiques publiques. La concertation entre les collectivités publiques n’est pas encore optimale mais les discussions ont commencé. Certains périmètres, comme le périmètre « Praille-Acacias-Vernets » (PAV), constituent de réelles opportunités, que les communes (ici Carouge, Genève et Lancy) ont bien comprises, mais il est indispensable que l’Etat prenne enfin ses responsabilités en la matière. A ces conditions, ces périmètres pourraient être des modèles.

La concertation de doit pas s’arrêter au périmètre des espaces de travail et de production. Il me semble que le soutien à la création indépendante doit également être rediscuté. Une création dépend aujourd’hui de plusieurs réponses. Cette multiplicité est garante de diversité mais développe la précarité. Le saupoudrage, régulièrement décrié, est par ailleurs rassurant. Il permet à chacun et chacune de bricoler une création. Il a permis à Genève d’être un vivier créatif. Peut-on imaginer changer ce fonctionnement ? Par exemple en proposant des bourses à la création mises au concours par plusieurs partenaires conjointement en collaboration avec des théâtres ? Ou en renforçant les résidences, sous forme de missions clairement assignées à certaines institutions ?

Ces pistes doivent être explorées avec les professionnels, les compagnies, les institutions. Pour que la politique culturelle fasse preuve, à son tour, de créativité….

Sami Kanaan

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Publié dans politique culturelle, Rencontres théâtrales
4 commentaires pour “Soutenir les différences artistiques
  1. gilles jobin dit :

    On parle bien ici uniquement des compagnies indépendants de théâtre? Et la danse alors? La problématique est assez différente sur certains points, similaire sur d’autres. Je trouve étrange que l’on parle de “troupes” ou de “compagnies” de théâtre alors que l’on sait qu’à part quelques exceptions, la grande majorité n’a pas de fonctionnement administratif a l’année. La notion de maintenir une pièce au “répertoire” n’existe quasiment pas, tandis que sur les 6 cies de danse conventionnées toutes ont plusieurs pièces au répertoire et qui se jouent au moins pendant 2 ou 3 ans et un staff permanent. J’ai de la peine à admettre que l’on dise que le théâtre est plus difficile à diffuser en Europe et dans le monde, les compagnies de théâtres genevoises qui diffusent nous prouvent le contraire. On ne pourra avancer que quand on osera aborder la question des critères de qualité artistique au niveau du subventionnement… En tous cas pas en établissant une “obligation de programmation” par les théâtres! Ou alors on reviendrait à la république bananière du théâtre que l’on a connu… Il fut un temps ou les villes ( cela s’est pratiqué à Lausanne aussi) faisaient pression sur les lieus pour programmer les cie subventionnées… Il y avait une dichotomie entre la programmation et le subventionnement… Je crois avoir que maintenant on demande une programmation pour attribuer une subvention, c’est plus raisonnable…

    Le théâtre plutôt que de s’isoler de la danse devrait la prendre comme modèle! Le cies de théâtre qui ont jetés un regard sur nos manière de travailler ont appris beaucoup de choses, comme par exemple la nécessité d’une permanence administrative et d’une direction artistique à l’année. Il est temps aussi pour le théâtre d’opérer sa révolution esthétique. Car on ne pourra pas faire abstraction de parler de qualité artistique et de nouvelles formes narratives. Et là aussi, le théâtre a beaucoup à apprendre de la danse contemporaine..

    • Alvarez dit :

      Cher Jobin
      Voici quelques points en réaction à tes affirmations
      – Tu as une drôle de manière pour définir c’est qui fait une troupe de théâtre ou de danse. Selon toi une troupe de théâtre existe si elle a un fonctionnement administratif à l’année ! Mais cette manière un peut bureaucratique de concevoir la raison qui réuni et unifie les artistes pour faire du théâtre ou de la danse, ne te laisse pas voir et connaître que la plupart des compagnies de théâtre à Genève travaillent avec les mêmes équipes d’artistes, un peux comme dans la danse.
      Pour parler de troupes il faudrait se référer à une histoire du théâtre, les années 70, il terzo teatro en Italie, Mnouchkine en France et autres types d’expériences qui ont pu exister grâce a une volonté artistique, a un projet artistique et non pas pour avoir une administration à l’année!

      – Le « répertoire » dans le théâtre comme dans l’histoire de la danse c’est une notion qui a son origine dans les grandes institutions, ceux qui peuvent se permettre de faire de reprises, de garder des spectacles, décors, et autres infrastructures à chaud. Si dans le théâtre indépendant ne se fait plus suivant c’est parce qu’il n’y pas des moyens.
      Pour ça, je trouve que la proposition du Magistrat de trouver un moyen de soutenir les reprises c’est une très bonne idée, elle permettra d’allonger la vie d’un spectacle, mais aussi d’améliorer sa qualité artistique , car on aura plus du temps pour travailler sur lui.

      – Oui, c’est une réalité, la danse se vend plus facile et mieux que le théâtre, car existe la croyance que la langue est un obstacle… je crois que c’est une croyance, mais regardons et voyons des statistiques sur quoi se vend plus facilement si la danse ou le théâtre.
      Mais en même temps c’est une fausse polémique. Le problème qui se dégage de ta pensée est un peut plus grave et un peut simpliste : nous on vende et par conséquent notre qualité est bonne ou mieux de ceux qui ne vendent pas ! Je trouve qu’aller dans ce type de raisonnement est dangereuse car il donne le pouvoir absolu au marché ! Si tout ça qui se vend en quantité et avec de la fréquence est signe de qualité, nous pourrons alors fermer tous les bons petits restaurants et nous conformer avec Mack Donald !

      – Donner le pouvoir au marché pour qu’il définisse quel projet artistique doit être subventionné c’est une manière de s’attaquer à la diversité artistique et à notre droit et liberté de choisir nos propres poétiques.
      Je te donne mon propre exemple. J’ai décidé de faire un spectacle, « Le Repas » d’après Novarina pour seulement 42 personnes (le nombre restreint est dû à que le public est assis à table, sur la scène). Je sais que cet un spectacle avec des contraintes pour le placer dans le marché même s’il a tourné en France et en suisse. Mais c’est ma liberté d’artiste !

      Oui, je suis d’accord avec toi que le théâtre, et surtout ici à Genève, peut s’inspirer de beaucoup des choses sur la danse, par exemple le journal de l’ADC, je suis jaloux, car il serait bien d’avoir quelque chose de semblable pour le théâtre ou par exemple la discipline que vous avez les danseurs pour entretenir votre art… mais surtout pas de vous copier vos besoins bureaucratiques ou comme tu les appelles administratives !

      Je ne sais pas si tu vas suivant voir du théâtre, mais peut-être c’est le moment de le faire, car ton conseil de révolution esthétique pour le théâtre, elle est un peut dépassé ! Jette un œil seulement sur tous les révolutions et les changements esthétiques et narratifs qui se sont opérés à l’intérieur de l’art théâtral dans le siècle passé et dans celui-là ! Il faudra que toi comme danseur te demande, par exemple, pourquoi la démarche de Pina Bauch a été appelée danse- théâtre !!!

  2. gilles jobin dit :

    Cher Alvarez,

    tu dois comprendre ma positon comme celle d’un militant de la danse. Une danse qui est maltraitée par le théâtre. Mais pas par le théâtre du Galpon, c’est sûr! Moi je te parle des moyens du théâtre, des endroits ou il y a de l’argent pour monter des pièces d’auteurs morts et qu’ils appellent “création”…

    Les institutions nous ignorent, elles n’ignorent pas le théâtre puisqu’elle sont elles même théâtrales! Juste parce que tu fais du théâtre tu as potentiellement accès au Théâtre de Carouge, tandis que moi, avec la direction actuelle, le lieu m’est interdit parce que je fais de la “danse” et pas du “théâtre”! En 2012 une institution ne “fait pas de danse”? Mais voyons, c’est pas sérieux… D’ailleurs on va construire une nouvelle “comédie”… comédie, même en théâtre ce mot est ringard! Ca fait longtemps que dans le théâtre contemporain on ne joue plus “la comédie”… Encore moins la “nouvelle comédie”… J’ose espérer que nous nous en inquiéterons ensemble!

    Même dans la danse j’ai revendiqué plus de moyens quand une cie tourne et reçois moins de subventions qu’une autre qui ne tourne pas mais reçois plus de subventions… Il faut bien faire valoir quelque chose quand même! Et les tournées sont notre force. Mais aussi notre “croix”… C’est épuisant que de tourner et de travailler pour garder le niveau de diffusion. Etre artiste international est un métier, chacun son truc. Cela ne vaut pas mieux qu’autre chose, mais non, je n’admet pas l’idée que l’on tournerait parce que ce serait plus facile pour la danse et plus difficile pour le théâtre… La francophonie c’est grand! Je ne vois pas nos compagnies théâtrales, ou si peu, en Belgique ou au Quebec… Et Krzysztof Warlikowski, il présente ses spectacles en Polonais à Genève à ce que je sache… Et puis tu sais, la chorégraphe genevoise qui tourne le plus c’est La Ribot, et je peux te dire que son niveau de subvention est inversement proportionnel à sa notoriété, son influence artistique et sa diffusion!

    Quand à la révolution esthétique, franchement je vois pas ou peu… En tous les cas pas au niveau des révolutions qui se sont opérées en danse à partir des années 80 et ensuite à la fin des année 90. Je ne vois pas non plus le même moment historique pour la création théâtrale à Genève en ce moment malgré les dizaines et dizaines d’années de théâtre institutionnel et indépendant subventionnés. Il y a en ce moment 6 compagnies conventionnées en danse, internationales, auxquels tu peux ajouter 5 ou 6 autres aussi internationaux. C’est historique, jamais vu à Genève un tel succès, en Suisse même, en Europe aussi dans une si petite ville… Que le théâtre institutionnel genevois (mais pas les institutions comme le Théâtre de la Ville, le Festival d’Avignon, le Berliner Festpiele etc..) passent à côté de ce moment historique est quand même assez inquiétant pour notre ville… C’est une prise d’otage esthétique! Que dans ce contexte là, en 2012, on organise des Rencontres “Théâtrales”, en commentaire d’un texte intitulé “soutenir les différences artistiques” tu comprendras que je n’aie que peu d’égards pour ce théâtre qui a tendance à ignorer la danse et d’ailleurs tout le reste des arts scéniques… Tu ne m’en voudras donc pas trop si j’embarque tout le monde et fais des généralités… Il faut réveiller un peut tout ce monde qui ronronne et exige de la subvention à tous les étages!

    En tous cas c’est super si le théâtre différent se distingue et signifie son soutien à notre genre artistique. Je sais que toi et ton équipe vous êtes tout à fait au point sur la place de la danse dans la création scénique contemporaine. Malheureusement vous êtes les moins bien équipés et les plus pauvres! C’est le théâtre des Lermiers et Loichemol que je critique ici, je sais que leur théâtre n’a que peu à voir avec le tien, pourtant tu défends ton “domaine”, le théâtre… De manière assez cocasse, tu les défends tandis qu’eux ne se défendent pas alors qu’ils devraient se sentir visés! On est tous corporatistes un peu, au fond… Je pense vous mettre en face de votre corporatisme d’ailleurs… Et vous dominez par le nombre, nous sommes une minorité importante désormais… Nous n’acceptons plus une position d’infériorité de genre artistique. La preuve de notre existence et d’une certaine universalité de notre travail ce sont les tournées et notre présence internationale, on se dot d’en parler, c’est l’essence même de ce que nous sommes! C’est toi qui dit que je donne le pouvoir au marché! On ne peut pas défende notre valeur? Nos succès? Notre travail? Le nombre de dates ou de spectateur n’est pas un étalon de qualité, ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit. Mais nous diffusons notre travail , nous fonctionnons à l’année, nous avons plusieurs pièces au répertoire. Nous les 6 compagnies du RG3C… C’est juste un fait. Et le théâtre, malgré ses moyens ne le fait pas? Faux, il y a du théâtre genevois qui tourne plusieurs pièces sur une même saison… C’est donc possible et pas une question de moyens. Le fonds pour les reprises? Bonne idée! Espérons juste qu’il ne s’agira pas de remonter des pièces qui n’ont pas tourné et ne tourneront pas… Enfin, c’est mon avis.

    Au fait, c’est effectivement Pina Bausch qui aida le théâtre à partir sur de nouvelles routes, moins narratives, plus déconstruites, voir des vraies créations, sans texte préalable… Tu vois c’est marrant comme tu vois les choses d’un point de vue du théâtre… Dans Pina Bausch tu vois un mot (théâtre) et moi un langage, une notion abstraite… Pina Bausch a amené un certain langage corporel au théâtre. Un langage qui n’est pas le personnage… Mais l’interprète en scène… Personnellement je regrette que le théâtre se soit un peu arrêté à Pina Bausch… C’est à dire dans les années 80… Mais de toute façon, moi j’aime les spectacles de théâtre d’auteurs contemporains, surtout ceux mis en scène par les auteurs. Le reste, en général, je ne comprends pas.

    Mais bref, le théâtre se nourrit de la danse et la danse du théâtre et de tous les autres arts, bien sûr!

    Mais ce que nous disent les institutions Carouge et Comédie dans leur discours c’est que nous ne verrons jamais à Genève la Pina Bausch actuelle… C’est ça qui est grave quand on construit une scène “de niveau international”… Pour peu que cette Pina du XXIème siècle habite à Genève, c’est carrément une catastrophe annoncée…

    La danse à Genève ce n’est pas une question de goûts mais de politique culturelle.

  3. gilles jobin dit :

    Concernant le fonctionnement à l’année, j’aurais effectivement du dire “artistique et administratif”

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