Les visites naturistes attirent les foules au musée

Ilse Haider, Mr. Big, Installation im Innenhof des MuseumsQuartiers, 2012 © Courtesy Galerie Steinek, Wien.

La nudité est le dernier outil de marketing en milieu muséal pour créer le buzz. Le 18 février, le Leopold Museum de Vienne proposera une visite naturiste de l’exposition “Les Hommes nus”.

En 2012, le Musée d’art contemporain de Sydney avait organisé des visites naturistes pour “permettre au visiteur de pouvoir jouir d’une nouvelle perspective lors d’une visite des expositions”, en trois semaines 100’000 visiteurs, habillés ou non, avaient accouru. Le Leopold Museum, qui ne cesse de prolonger l’exposition, connaît la musique pour avoir déjà proposé ce genre de visites avec ” La Vérité nue” en 2005, il s’agissait alors de montrer les œuvres les plus crues des peintres autrichiens tels Klimt, Schiele et Kokoschka, qui firent scandale au début du XXe siècle avec des représentations sans tabou de la sexualité.

L’oeuvre de Pierre & Gilles, Vive la France, 2006, affichée à Vienne ne trouble pas les Autrichiens. © Privatsammlung, Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont

 

Un public qui recherche l’émotion et l’éveil des sens

Lors du Forum d’Avignon 2012, Anne Rondelet s’est penchée sur la place du marketing dans les politiques muséales des publics. “Ce que recherche le public au travers de son expérience muséale, c’est satisfaire sa curiosité et développer sa culture. Les visiteurs recherchent une occasion de se divertir ensemble (besoin d’appartenance) et d’accomplissement de soi (caractère hybride de la consommation muséale à la fois esthétique, éducative et ludique). Enfin, le public attend des musées qu’ils l’émeuvent (recherche d’émotion et éveil des sens) et le fassent participer à la construction de son expérience muséale (volonté d’être un visiteur-acteur).
Enfin, le visiteur est confronté à des freins psychologiques tels que la peur de ne pas se sentir à sa place et celui du paraître. ” Nul doute que les tenues d’Eve et d’Adam affranchissent les visiteurs de ces freins psychologiques. Aujourd’hui c’est au musée, ce sera peut-être demain dans les théâtres.

L’homme nu est négligé dans les musées

Le musée viennois compte réparer une injustice avec cette exposition sur la représentation des hommes. Les femmes nues ne sont pas rares dans l’Art plastique, de nombreuses expositions se sont déjà penchées sur ce thème. L’homme nu cependant a été négligé jusque lors. L’exposition couvre l’époque de l’éducation sexuelle au 18e siècle jusqu’à nos jours, et est complétée par d’importantes œuvres de référence venant de l’Egypte ancienne, de la peinture de vases grecque et de l’époque de la Renaissance. Les différentes approches artistiques, les modèles masculins concurrents et la mutation de la conception corporelle, de la beauté et des valeurs y sont thématisés.
Des œuvres d’Albrecht Dürer, de Peter Paul Rubens, Paul Cézanne, Auguste Rodin, Gustav Klimt, Edvard Munch, Giovanni Giacometti, Egon Schiele, Maria Lassnig, Andy Warhol, Alfred Hrdlicka, Günter Brus, Robert Mapplethorpe, Keith Haring ou Heimo Zobernig sont exposées, parmi bien d’autres artistes principalement de sexe masculin.

“Nackte Männer. Von 1800 bis heute”
Jusqu’au 4 mars 2013. Leopold Museum, Museumsplatz. 1070 Wien.

Voir aussi dans GenèveActive : L’érotisme est le problème des problèmes.

 

Mise à jour, 10 mars 2018 :

Le Palais de Tokyo, centre d’art contemporain, s’est associé à l’Association des naturistes de Paris pour organiser une visite gratuite le 5 mai. La visite guidée aura lieu le matin avant l’ouverture du centre au grand public.” Quand les portes s’ouvriront, le Palais sera de nouveau vêtu”, a déclaré vendredi à l’AFP Dolores Gonzales, porte-parole de la galerie, ajoutant que l’événement visait à montrer “l’ouverture” du centre.

Tagués avec : ,
Publié dans expositions, société
Copyright

© 2005-2019. Tous droits de reproduction et de diffusion réservés. Aucun type de reproduction autorisé sans accord préalable. Association Observatoire culturel. Les opinions exprimées dans les articles n’engagent que leurs auteurs.