Le 15 mai, les Genevois décideront de la valeur qu’ils accordent à la vie des cyclistes

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Début avril 2011, un cycliste de 18 ans a perdu la vie peu dans ce carrefour mal conçu de la route de Chancy, quelques jours plus tard, dans la campagne genevoise, un septuagénaire mourait percuté par un véhicule.

En 2009, il y a eu en Suisse 3346 accidents avec des cyclistes, ayant entraîné 858 blessés graves et 54 décès, un nombre qui a doublé en 10 ans.

Le 15 mai, les Genevois voteront à  propos de l’Initiative 144 pour la mobilité douce qui propose d’améliorer la qualité de vie en sécurisant et en encourageant la mobilité douce. L’initiative demande notamment l’aménagement de pistes cyclables continues, directes et sécurisées pour tout le réseau de routes primaires et secondaires ainsi que des traversées piétonnes attractives et sécurisées en nombre suffisant sur l’ensemble du réseau de routes primaires et secondaires. Il s’agit de concrétiser le libre choix du mode de transport et de sécuriser les pistes cyclables et les traversées piétonnes dans la ville la plus dangereuse de Suisse.

En effet, Genève détient le record suisse de décès dans les accidents de la circulation (5,4 accidents avec décès pour 100.000 hab.), Berne affiche la valeur la plus faible (2,4). Les villes italiennes (valeur supérieure à  7) et Luxembourg (9) se distinguent par les valeurs les plus fortes. Les villes du Nord comme Copenhague, Oslo, Stockholm et Helsinki, puis les villes allemandes comme Nuremberg, Leipzig et Munich, montrent les valeurs les plus faibles (inférieures à  3). (Source OFS) Quelles différences de comportement ou de signalisation sont-elles à  l’origine de l’écart entre Genève et Berne?

C’est à  une très faible majorité, 46 contre 43 et 2 abstentions que le Grand Conseil a rejeté l’Initiative 144 (le 27 janvier 2011) pour ne pas favoriser un petit nombre de cyclistes. En minimisant ces usagers de la route qui ne représenteraient que 6% des utilisateurs, le Grand Conseil feint d’ignorer que nombre d’habitants renoncent à  se déplacer à  vélo car ils craignent pour leur sécurité, un danger mahereusement matérialisé par cinq morts en quatre mois depuis le début de l’année.  Malgré une demande croissante, et générale en Europe, d’une conception plus douce de la mobilité, une majorité de politiciens soutient contre vents et marées le lobby de l’automobile contre l’intérêt général, à  l’inverse nombre de médecins soutiennent l’Initiative 144. Le 15 mai, les Genevois décideront de la valeur qu’ils accordent à  la vie des cyclistes.

Jacques Magnol

Note.
– Les politiciens n’osent généralement pas déplaire aux lobbys quand il s’agit de santé publique, par exemple dans le refus récent d’adopter un modèle d’étiquetage des denrées alimentaires porteur d’une information sur les valeurs nutritives, tout comme d’imposer une réduction de sel, de sucre et de graisse dans les denrées alimentaires, toutes mesures préconisées par l’Office fédéral de la santé publique. “En Suisse, de nombreux consommateurs souhaitent disposer d’aides supplémentaires pour choisir des denrées alimentaires saines. Les acteurs économiques qui ont été consultés rejettent à  une large majorité l’idée d’introduire un label. On ne verra donc pas de label unique en Suisse pour l’instant”. Voir le site de la SSN.

– Sécurité à  vélo, lire dans GenèveActive: “Mobilité’. Genève détient le record suisse de décès dans les accidents de la circulation.

Mise à  jour. 16 mai 2011 : Le 15 mai, l’initiative pour la mobilité douce a été acceptée par 50.3% des votants, le Oui l’a emporté dans neuf communes (Carouge, ChêneBourg, Confignon, Genève, Lancy, Grand-Lancy, Petit-Lancy, Plan-les-Ouates, Vernier) tandis que 39 autres refusaient. Cologny s’y est le plus fortement opposé avec 71.7% de Non, Genève s’est montrée la commune la plus favorable avec 55.8% en faveur de l’initiative.

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