La forêt de verre de Marcoville.

Marcoville, Bananiers

 

Marcoville. Bananiers, 1999, Verre découpé, sablé, grenaillé, oxydé, gravé. Haut. 3,4 m. Photo : Serge Lopez

Marcoville est un sculpteur polyvalent qui utilise le verre découpé, gravé et peint pour élaborer un univers poétique et onirique foisonnant de bancs de poissons et de forêts de baobabs, peuplé de geishas ondulantes et de « nanas » provocantes !Pour Roland Blaettler, directeur de l’Ariana et commissaire de l’exposition “Rien n’est simple chez Marcoville, même quand son oeuvre s’offre, à  première vue, sous des abords innocents et aimables. Et gare à  celui qui chercherait à  caresser toutes ces accortes personnes de verre : leurs contours peuvent être terriblement tranchants !
Il n’en est pas moins vrai que ces créatures respirent et transmettent la bonne humeur. L’artiste les définit lui-même comme des « récréations » propres à  égayer ses journées de labeur. Mais aussi comme des gestes provocateurs, à  l’adresse d’un certain microcosme bien-pensant qui règne sur la scène de l’Art contemporain, si foncièrement sérieux et sûr de lui.

Voir la vidéo de Marcoville dans son atelier. Le film montre Marcoville en pleine fabrication du banc de 10 000 poissons. La version intégrale (17:58) est projetée dans l’exposition :

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à€ dire vrai, les travaux de Marcoville qui constituent véritablement l’épicentre de son oeuvre – qui le font avancer et qui lui tiennent vraiment à  coeur – sont ceux qui touchent à  la démesure. Quand l’artiste, inlassablement et des mois durant, enchaîne dix mille fois les mêmes gestes pour découper dix mille maquereaux de verre, un gigantesque banc de poissons qu’il fera flotter dans les airs. Ou quand il réduit son verre en une myriade de morceaux, pour les coller ensemble et les empiler jusqu’à  former des arbres exotiques qui s’élèveront à  trois mètres du sol et qui pèseront bien leurs quatre cents kilogrammes.
Bref, l’expression de Marcoville atteint sa juste puissance quand l’artiste retrouve le coureur de fond. Et cet insatiable besoin de se dépasser soi-même, encore et toujours. Toujours plus loin, plus haut, plus grand. Quitte à  se faire souffrir, jusqu’à  l’ivresse, parce qu’au bout du chemin il y a forcément un rêve. Et après ce rêve, un autre…
C’est ainsi que Marcoville constamment avance. Pour inventer et révéler des paysages inconnus. On comprend bien que cet homme-là  ne saurait se répéter. Et qu’à  chaque exposition il se doit de se surprendre et de nous étonner avec quelque nouvelle performance. Pour son escale genevoise, il a construit en quelques mois d’étourdissants arbres-horloges et autres garde-temps chatoyants. Hommages délirants à  sa nouvelle cité d’accueil.”

Musée de l’Ariana, Genève, jusqu’au 28 janvier 2008.

 

Dimanche 7 octobre : parcours de l’exposition en cinq stations conduit par l’artiste. à€ 11h et à  15h.

 

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Un commentaire pour “La forêt de verre de Marcoville.
  1. Cirafici Anna Maria dit :

    Enchantée, comme je crois la plus grande partie des visiteurs, par la fantaisie féerique, l’ironie, la gayeté et quelque part le romantisme aussi, j’aimerais tellement offrir à  mes petits enfants et à  moi même une petite oeuvre…..Où pourrais m’adresser? En attendant, merci pour la delicieuse matinée que m’a eté offerte!
    Meilleures salutations
    Anna Maria CIRAFICI

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