“Elfriede Jelinek fait le nettoyage des écuries d’Augias du cerveau humain.” Bernard Schlurick.

Elfriede Jelinek. Photo: Ulla Montan, Stockholm.

Le Prix Nobel de littérature a été attribué en 2004 à  l’écrivain autrichien Elfriede Jelinek pour “le flot musical de voix et contre-voix dans ses romans et se drames qui dévoilent avec une exceptionnelle passion langagière l’absurdité et le pouvoir autoritaire des clichés sociaux. Ses romans représentent chacun dans le cadre de leur problématique un monde sans grâce où le lecteur est confronté à  un ordre bloqué de violence dominatrice et de soumission, de chasseur et de proie.”

Pour Bernard Schlurick, “l’investissement dans un corps qui est politiquement orienté vers le service est une chose à  laquelle toute l’oeuvre de Jelinek est sensible et particulièrement Sportstück. En septembre, ce texte Une pièce de sport, sera mis en scène de façon extrêmement audacieuse par Maya Bà¶sch sur le toit de Saint-Gervais, et cette intention d’isoler un spectateur pour écouter un texte est pour Bernard Schlurick déjà  une action antifasciste. “Le fascisme ce n’est pas vant tout une série de grandes idées sur la nation, sur le pouvoir, sur la race, c’est quelque chose qui se vit au quotidien dans la domination de l’homme sur la femme, des parents sur les enfants, etc. ”

Entretien avec Bernard Schlurick
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Bernard Schlurick : Auteur, traducteur, fondateur et directeur de la revue d’art et de littérature Cavaliers seuls, Bernard Schlurick poursuit l’exploration d’une verbe prosaïquement poétique suivant la formule de “l’hésitation prolongée entre son et sens” (Paul Valéry).
Il a enseigné une dizaine d’années la littérature comparée à  l’Université de Genève. Il consacre son deuxième livre à  la Grèce antique (La Guerre du trois, pour une archéologie littéraire).
Bernard Schlurick est dramaturge associé au Théâtre du Grütli pour la saison 2007/08.

Voir également : Sur le toit de Saint-Gervais, “Stations Urbaines‘ confronte la ville aux jeux de pouvoir vus par Elfriede Jelinek. Interview, vidéo, de Maya Bà¶sch, metteure en scène.

Publié dans littérature, société, théâtre