Chants du corps à  l’ADC

Laurence Yadi et Nicolas Cantillon

Laurence Yadi & Nicolas Cantillon de la Cie 7273. photo Régis Golay
Les volutes d’un folk éthéré et un brin dépressif (dans une veine épurée proche d’un Devendra Banhart) entrent en résonance avec la mélancolie qui plane sur la dernière pièce due au tandem Cantillon-Yadi, “Laï laï laï laï“. Une pièce chorégraphique pour quatre danseurs aussi intériorisée qu’expressive, aussi cocasse qu’étrange dans les enchaînements de mouvements. Qui se développent sur la trame fragmentée de séquences autonomes.

L’oscillation entre le désir de se remémorer les terres de l’enfance et celui d’oublier génère deux états de corps. Immobilité et mouvement, en même temps que deux modes de relation de l’être au monde, solitude et grégarité. Ce sont ces deux dimensions que la chorégraphie explore tour à  tour. Elle interroge la mémoire du corps pour y retrouver les gestes inscrits dans ses plis. Le corps s’absorbe dans l’immobilité. Dans une certaine lenteur, le geste se caricature, tendu, contorsionné, ou abandonné dans une mollesse appuyée, quasi édénique dans son lâcher prise. Il n’y a d’abord qu’un simple mouvement de bras, de main, qui semble faire résonner tout l’espace, puis progressivement c’est tout le corps, ici de la danseuse, qui découvre ce flux vital ; ses gestes sont saccadés, heurtés. Il faut alors passer par une longue mise à  nu, en ôtant les pelures d’une défroque. On transite de la surprise à  la névrose, de l’inquiétude à  l’enjouement avec une réelle jubilation.

Bertrand Tappolet

Entretien avec Laurence Yadi et Nicolas Cantillon

Laï Laï Laï Laï de Laurence Yadi & Nicolas Cantillon de la Cie 7273. photo Jean Marmeisse

ADC, Salle des Eaux-Vives, Genève. Jusqu’au 3 mai 2008. Voir un aperçu.

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