C’est dans un musée, c’est donc… de l’art

Doug Friedlund et Michael Alcock à la Tate Modern

Deux adeptes du théâtre-action ont permis aux visiteurs de la Tate Modern de valider l’affirmation de Marcel Duchamp : « C’est le regardeur qui fait l’œuvre ».

Depuis les apparitions de Eve et AdèleGilbert & George ou même des interprètes de Tino Sehgal, le public est habitué à ces interventions intempestives et surprenantes dans les manifestations artistiques. C’est The Independent qui a révélé comment deux adeptes du Guerilla-Theatre, Doug Friedlund et Michael Alcock, ont remis en question le statut de l’art, la réception du public.  Etait-ce de l’art? Le public a répondu oui en les entourant pour photographier et filmer ce qui semblait plus vivant que les oeuvres de Gerhard Richter de l’exposition officielle.

Pourquoi intervenir ainsi? Les deux artistes ont déclaré au quotidien britannique quîls voulaient simplement ressentir “ce que cela fait d’être de l’art”. La perplexité du public vis à vis de l’art contemporain est toujours aussi vive, l’historien de l’art ben Street a, lui, voulu réduire l’intervention des deux compères à une réédition des performances dadaïstes tout en admettant que “quelque soit l’intention, le musée crée le cadre de l’art”

Doug Friedlund et Michael Alcock à la Tate Modern.

Les premières manifestations de théâtre-action,  sont apparues au milieu des années 60 lorsque des groupes ont déplacé les actions en faveur de changements politiques dans les lieux publics. La forme de ces performances, appelées aussi guerilla-théâtre ou agitprop, n’est pas limitée à la discipline du théâtre.
Tout ce qui entre au musée au musée est-il de l’art ?  La vidéo de Doug Friedlund et Michael Alcock  a été vue au moins 200’000 fois en quelques semaines.  La question reste ouverte.

Jacques Magnol

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