A Gstaad, des artistes se confrontent à la puissance et à l’inattendu des avalanches

Ryoji Ikeda, “test pattern [nº11]”, 2017.

Le minimaliste Ryoji Ikeda utilise les éléments fondamentaux de la lumière et du son pour créer des paysages sonores et visuels composés, comme la neige, d’innombrables accumulations de signes individuels. “test pattern” est un système qui convertit n’importe quel type de données (texte, sons, photos et films) en modèles de codes barres et en suites binaires de 0 et de 1. A travers cette application, le projet vise à étudier la relation entre les moments critiques du dispositif et le seuil de la perception humaine.

 

Yngve Holen, “Leichtmetallräder”, 2017.

Dans l’environnement où humains et machines se rencontrent et échangent des informations, le travail de Holen utilise les objets et les technologies de la culture d’entreprise tels scanners, matériel d’aviation, imprimantes 3D, etc. A Gstaad, Yngve Holen présente une série de sculptures créées au moyen d’un jet d’eau à haute pression à cinq axes pour extraire le centre de jantes en alliage. Débarrassées de leur fonction utilitaire, les structures qui en résultent ressemblent à des flocons de neige décoratifs apposés sur la façade du chalet – un fin commentaire à propos de la production en série de singularité.

Allora & Calzadilla, “Breaking into Trunks”, 2017.

Breaking into Trunks se présente comme une méditation sur l’organisation interne de l’univers. Le film montre le processus d’abattage d’un arbre par une nuit de pleine lune durant l’automne 2016, soit le moment où la sève est à son plus bas niveau, l’arbre au plus sec et ses propriétés acoustiques à leur point le plus haut. La voix off raconte une nouvelle attribuée au philosophe taoiste du IVᵉ siècle avant J.-C., Zuangzi, intitulée Breaking into Trunks et qui considère le propre de la sagesse et ses effets sur l’ordre du monde. La forte résonance de ce texte avec le climat politique actuel, combinée avec le son et l’image, dote le film d’un fort caractère allégorique.

Nicole Wermers, “The Violet Revs”, 2017.

Sous le pavillon de la piscine du Palace Hotel, des blousons vintage de cuir noir décorés de clous et d’écussons, posés sur des chaises empilables en plastique blanc, suggèrent la présence d’un groupe de motardes connues par leur surnom “Violet Revs”. Le mythe des bandes de motards déboulant comme une avalanche sur une petite ville et causant des ravages plus ou moins importants est ancré dans le souvenir des années 50 et relié à la peur constante de “l’autre”, soit les étrangers, les communistes et les Africains Américains. Les bandes originales étaient principalement masculines, cependant l’installation évoque une invasion féminine en référence aux groupes féminins de motardes et de rockeuses des années 60 et 70 que le photographe suisse Karlheinz Weinberger a documenté durant les années 60 en Suisse.

Sarah Morris. Monarch, 2017. Train Montreux-Oberland Bernois MOB.

‘Monarch’, est une création de Sarah Morris pour une rame de 54 mètres du train qui relie Montreux à Zweisimmen, le MOB. L’artiste utilise le mouvement des voitures pour jouer avec les notions d’effacement, de camouflage, de mouvement, de visibilité, ainsi que “l’illusion de destination”. Elle décrit ce travail comme un “moyen de filmer le déroulement d’une pensée et ma version d’une chenille de la famille du papillon Monarque”.

Elevation 1049 : Avalanche.
Curateurs : Neville Wake et Olympia Scarry. Production : LUMA Foundation (créée par Maja Hoffmann pour soutenir les activités d’artistes et précurseurs dans les domaines des arts visuels, la photographie, l’édition, le documentaire et le multimedia.
Gstaad.

Du 3 février au 19 mars 2017. Entrée libre.

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Publié dans art contemporain