7. Rayonnement du théâtre romand – 27 fév. 2013, Lausanne

27 février 2013.  La Manufacture, 19h. Entrée libre.

La Manufacture – Haute école de théâtre de Suisse romande (HETSR) Rue du Grand-Pré 5, à Lausanne-Malley (CFF arrêt Prilly-Malley – M1 arrêt Malley – bus 7 et 17 arrêt Galicien).

La ville de Genève organise sa 7ème Rencontre théâtrale à Lausanne, en collaboration avec la ville de Lausanne et la CORODIS.

Cette soirée est destinée à discuter de la diffusion des spectacles romands à l’intérieur et à l’extérieur de ce territoire. Quel enjeu y a-t-il à faire tourner les spectacles ? Quelles initiatives pourraient assurer un rayonnement accru aux productions régionales ? Faut-il afficher davantage de volontarisme, imposer aux structures d’accueil un certain quota de créations romandes et clarifier leur responsabilité à l’égard des compagnies conventionnées ? Les collectivités entendent-elles défendre également le rayonnement que l’on pourrait nommer «socioculturel» : tournées dans les prisons, les écoles, les bibliothèques, etc. Faut-il envisager de renforcer la présence suisse romande à Avignon ? Peut-on envisager d’intégrer d’autres territoires par une politique plus systématique de surtitrage ?

Lire l’article de Sami Kanaan, 26 février 2013 : Diffuser, exporter, rayonner ? Coopérer.

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Avec la participation de:

Vincent Baudriller, Codirecteur du Festival d’Avignon et futur directeur du Théâtre de Vidy-Lausanne;

Daniel Brélaz, Syndic de Lausanne;

Jacques Cordonier, Chef du Service de la culture de l’Etat du Valais, Président de Label+ Théâtre romand, membre de la Conférence des délégués aux affaires culturelles de suisse romande (CDAC);

Sami Kanaan, Conseiller administratif de la Ville de Genève en charge du département de la culture et du sport;

Sandrine Kuster, Directrice de l’Arsenic – Centre d’art scénique contemporain, membre du Pool de théâtres romands;

Karine Grasset, Secrétaire Générale de la CORODIS;

Andrew Holland, Directeur de Pro Helvetia;

Michaël Monney, Tutu production;

Gisèle Sallin, Metteuse en scène, directrice du Théâtre des Osses, membre de l’Union des Théâtres Romands.

Pierre Lepori, modérateur

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Interventions

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Débat en ligne: Le débat sur les différents thèmes qui font l’objet des Rencontres est ouvert sur ces pages depuis le 24 mai 2012, il se poursuivra jusqu’au printemps 2013. Merci de poster vos commentaires et propositions en bas de page.

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3 commentaires pour “7. Rayonnement du théâtre romand – 27 fév. 2013, Lausanne
  1. Aude dit :

    Ce serait intéressant de pouvoir débattre avec des compagnies comme ‘Les batteurs de pavé’ de la Chaux qui sont présents (intensément) sur le réseau des arts de la rue en France: http://www.batteursdepaves.com/ qui travaillent avec des structures d’accompagnement (peu ou pas trouvées en Suisse) http://www.lacellule.fr/Les-Batteurs-de-Paves au ‘Fourneau’ on retrouve Manu Moser, des batteurs de pavé, par exemple: http://www.lefourneau.com/creations/12/cia/index.htm
    Je trouverais bien que l’on puisse dialoguer en public pour voir comment justement, la scène du bout du lac et du lac pourrait être mieux liées à ces projets qui concernent le développement de la culture et l’espace public. Cela nous donnerait peut-être des idées.

  2. Aude dit :

    Frontières et information

    Ces jours j’ai tenté de trouver des informations sur le web pour orienter ma recherche (Master recherche pluridisciplinaire: arts et espace public, mention pratique et théorique) qui va s’ancrer partiellement en Suisse romande.

    Je dois dire que c’est la plateforme de la médiation culturelle qui offre une vraie qualité, tant au niveau ergonomique qu’informatif. http://www.kultur-vermittlung.ch/fr/home.html Ainsi, la dernière discipline née dans le champ des arts et de la culture serait la mieux organisée et la plus transparente. Le site a été conçu par un partenariat public-privé: HES, Confédération et fondations…
    En ce qui concerne les autres très nombreux sites web en Suisse et particulièrement Suisse romande, la situation est moins réjouissante. J’avoue que je me suis découragée hier en consultant certains sites professionnels d’ailleurs mal référencés et difficilement repérables; les informations sont souvent partielles. Une dynamique d’actualisation n’a pas toujours été trouvée semble-t-il. Cela est je crois dommageable pour les générations montantes et pour le rayonnement de la culture suisse dans son ensemble.

    Cela rend la récolte d’information vraiment très difficile et montre que dans la société de l’information le milieu artstique suisse romand a encore peu développé les possibilités offertes par le net: e-réputation ou même gestion des mails, car le plus souvent – pour moi – les renseignements demandés par mails ont tourné au vinaigre ainsi, un responsable actif au milieu suisse m’a écrit: ‘vous n’aimez pas le théâtre suisse’ suivi de plusieur emoticons peu engageants… peut-être la preuve que les arts de la scène sont encore peu étudier et que les questions simples fâchent, on ne sait pourquoi.

    A Berne, lors de la consulation pour le message culture, M. Jauslin de l’Office Fédéral de la Culture avait parlé de la mise sur pied d’une plate-forme nationale pour les arts et la culture. Est-ce que si nous parlons du rayonnement des arts du spectacle romands, un tel projet pourrait voir le jour. aussi au niveau régional ?
    Il semble que l’approche public-privé ait donné ses fruits. Quelle serait alors le rôle du politique en Suisse romande? Est-ce qu’une politique volontariste et incitative pourrait donner ses fruits dans ce cas ?

    Je trouve intéressant le site de Hors les Murs en France: http://www.horslesmurs.fr/
    Il fédére les informations professionnelles, pédagogiques, de recherche dans un souci pluri-disciplinaire et international.
    Un groupe de chercheurs se réunit depuis peu et édite sa propre newsletter. Les actualités des colloques sont mis à jour en continu. De nombreux chercheurs présents éditent des contenus forts utiles, par exemple des bibliographies en ligne qui je vois ne sont pas connus en Suisse. En lisant les travaux des étudiants suisses, je vois que ces informations très pertinantes pour les arts de la scènes sont totalement ignorées des enseignants. Pourtant et depuis des années j’ai attiré l’attention (par mail ou dans des réunions) sur ce point et toujours on m’a répondu: l’amélioration continue…

    J’ai pu encore constater hier soir sur l’onglet recherche et développement d’une HES suisse, des déclarations d’allure très réfléchie et pourtant justement non fondées scientifiquement. Cela démontre notre coupure avec le continent qui nous entoure.
    Cela me fait un peu de peine pour les générations montantes qui feront peut-être trop confiance à ces professeurs. Il en va donc, selon moi, du rayonnement de la création des générations futures.

  3. Alvarez dit :

    Monsieur Le Conseiller administratif, malheureusement je ne pourrais pas être présent au débat sur la diffusion qui aura lieu à Lausanne (les raisons m’échappent de pourquoi Lausanne).
    Je vous écris donc pour manifester mon point de vue sur ce qui est appelé maintenant une politique pour la diffusion et l’écart et la disparité de traitement qu’elle produit entre les artistes et les lieux de programmation.

    Par sa conception et par les intentions que vous avez exprimées, les rencontres théâtrales englobent, même si c’est d’une manière générale, toutes les problématiques qui touchent au jour le jour la vie théâtrale genevoise. Ces problématiques se trouvent solidement imbriquées et conditionnent et même parfois déterminent la façon dont nous créons et nous adressons au public.

    D’abord, je voudrais dire quelques banalités, que tout monde est prêt à reconnaître. Nous vivons dans une société marchande qui organise nos relations sociales autour de l’appât du gain et du bénéfice. Donc s’il doit avoir une politique culturelle, sa raison d’être sera de protéger la liberté des créateurs, de veiller à corriger les injustices que le marché culturel et l’industrie du divertissement produisent, soutenir les créateurs qui luttent contre la domination de ces lois du marché et développent – entre autres – des projets ancrés dans la cité. Vous l’avez dit très clairement dans la Tribune de Genève du vendredi 12 octobre 2012, en parlant du rapport entre le sponsoring privé et le rôle de la politique culturelle que vous voulez développer à Genève.
    Et voici une autre banalité, croire qu’il y a des artistes qui ne pensent pas à un public, à l’Autre.
    L’essence ontologique du théâtre est la relation Je-Tu, c’est à dire, l’acteur existe parce qu’il y a un autre qui est nommé le public. Le mythe des artistes que ne pensent qu’à eux ou le mythe de l’artiste enfermé dans sa tour d’ivoire, ne sont que mythes ou mieux des vieux stéréotypes utilisés de temps en temps afin de nous dire : mais les garçons soyez productifs ! Créez du gain! Participez à la création d’une plus-value! Soyez rentables ! (Quand ce n’est pas « les marxistes » qui interviennent on nous affirmant que la culture et le théâtre doit être au service du peuple ! Des formules un peu courtes dans le contexte historique actuel, car il faudra avant définir la notion du peuple – le prolétariat, pensent-ils ; et même la notion de service.

    Je ne suis pas naïf et je reconnais que nous vivons dans une époque ou les modes de production et de communication ont radicalement changé en créant un bouleversement dans les rapports entre les gens. C’est ainsi que culture, « cultivée » et « inculte » prennent des significations complètement nouvelles.
    Le discours économique détermine, la plupart du temps, les expressions qui sont utilisées pour parler des phénomènes culturels, dans la plupart des cas créant de la confusion. Quelques exemples : pendant longtemps nous avons entendu parler d’une culture alternative. Mais cette expression faisait référence à la manière dont les gens s’organisaient socialement et économiquement. Très vite nous avons alors entendu parler d’un théâtre alternatif, comme si ce théâtre proposait des nouvelles formes artistiques, alternatives ?!
    Le Galpon a été souvent assimilé au théâtre alternatif. Et il l’est si on pense aux mouvements économiques des années 70, 80 où l’on s’organisait de manière autogérée pour pouvoir réaliser ses projets. Mais du point de vue artistique le Galpon est un lieu dans lequel naissent ou se présentent des projets de tous bords.
    Un autre exemple, plus récent, celui du mot « émergence » qui vient de la façon dont les pays riches nomment les pays du tiers monde, les pays dits émergents.
    Ou celui de « rayonnement », un terme peut-être plus ancien, plus royal, que les antérieurs. Ce terme est devenu le cheval de bataille qui pousse certaines institutions à changer leurs règles de production, faisant glisser ses critères pour l’appui à la création en introduisant la figure qu’ils appellent « le rayonnement « !

    Voyons les choses de près. À une époque, Pro-Helvetia était la seule source fédérale d’appui à la création. Aujourd’hui, cet appui est conditionné par l’obligation de réaliser une pseudotournée « fédérale » (les fameux trois lieux à trouver, peu importe, si une fois trouvés ou négociés, il n’y a pas du public dans les salles).

    La Corodis est née d’un besoin des indépendants qui devaient pouvoir compter sur un outil les aidant à la diffusion, à faire connaître leur travail, un outil qui devait donner la possibilité d’organiser la diffusion des « produits théâtraux » selon une logique autre que celle du marché. Aujourd’hui, la Corodis s’aligne sur une logique, disons « mercantile ».
    Comme est-ce possible que lorsqu’une compagnie romande programmée au Galpon pour sa tournée [lieu faisant partie d’un des trois endroits nécessaires pour bénéficier de l’aide de la Corodis et de Pro Helvetia) se fait dire par la Corodis qu’elle ne peut pas entrer en matière, car le Galpon, lieu de la programmation, n’achète pas le spectacle ?!!!
    Tout porte à croire que la Corodis, comme la pie, ne voit que ce qui brille et ne considère pas qu’il peut y avoir des lieux considérés par les artistes comme un outil de travail, comme un outil de création, choisi selon ses caractéristiques spatiales comme les plus adaptés à leur création.
    Ne donne-t-elle aucune valeur au fait qu’il y a une mise à disposition avec des services variés – prestations en espèces ? Ne perçoit-elle pas que ce théâtre, qui est géré par des artistes de manière bénévole, permet que le public du Galpon et le public de Genève puisse aussi découvrir des spectacles autres à ceux qui tournent dans les réseaux du Pool Romand ou dans des théâtres qui comme le Forum Merym, ont une autre vocation?

    Le fait que la Corodis ne soutienne que les troupes et les projets en tournée (achetés !) est dangereux, car elle introduit des catégories et des classes de lieux selon ses capacités économiques. C’est une situation choquante et injuste et a mon avis en contradiction avec les origines même de la Corodis, c’est à dire, « La CORODIS œuvre à prolonger la durée de vie des spectacles… »
    Que je sache l’origine de Corodis et sa mission n’étaient pas d’impulser un monopole des espaces de diffusion, mais de donner l’opportunité aux compagnies de pouvoir montrer leurs travaux en Suisse romande et à l’étranger sans un jugement sur la capacité économique des lieux.
    Faire un amalgame entre les théâtres, les lieux, qui ont les moyens d’acheter des spectacles et la valeur artistique d’une programmation est dangereuse pour la diversité artistique et culturelle.

    Mais cette conception de soutien à la diffusion d’un spectacle ne finit pas là, elle se développe avec des nouvelles trouvailles qui vont dans le même sens. La dernière est la création d’un concours « Label Plus » afin d’injecter de l’argent à des projets « d’envergure ». Ce concours existe grâce au soutien des cantons romands, et compte avec la présence de la Corodis et du Pool Romand.
    L’année passée il y avait un projet « d’envergure » de l’auteur Mathieu Bertholet sur Ramuz : « Derborence ». Le théâtre du Galpon fidèle à une programmation éclectique et ouvert à des nouvelles formes théâtrales avait décidé de le programmer dans la saison 2013-2014. Et quelle fut notre surprise de constater que le jury à écarté le projet de la Compagnie MUFuThe car il ne remplissait pas les conditions selon leur article 7 du règlement  » Le projet doit acquérir les promesses d’achats d’au minimum trois lieux de spectacles importants dans 3 cantons différents. L’un des cantons est le lieu de création et un des deux autres cantons peut être un pays étranger. La majorité des lieux de spectacles doit être membre du POOL ou de l’UTR. » (le souligné est de moi) et continue … »L’engagement du théâtre du Galpon à accueillir le spectacle en location n’as pas été assimilé à une promesse d’achat par les membres du jury »….

    Donc on peut se demander d’abord si ce concours Label Plus n’est qu’une manière détournée de soutenir des lieux plus que des projets ! Je m’explique : donnant de l’argent à une production qui sera jouée dans certains théâtres, ces lieux ne devront pas débourser les mêmes sommes pour l’acheter que s’il n’était pas primé par ce concours !
    Mais encore, il faudra se demander si cette manière de concevoir le soutien à la création n’est pas une manière de mettre de côté certaines propositions artistiques ?

    Je me demande Monsieur le Conseiller administratif quel est votre point de vue sur l’organisation de la diffusion et du marché théâtral ?
    Ne pensez pas que c’est un leurre de soutenir des structures qui nourrissent surtout les productions « lourdes » reçues par des grosses institutions ? Ne croyez pas qu’une telle politique mette en danger la singularité et la diversité des propositions théâtrales?

    Définir l’innovation et l’intérêt d’une création ou d’un lieu en se focalisant sur la dimension de son budget (la notion d’envergure), accepter une telle situation, c’est ouvrir la porte à des politiques néo-libérales du marché culturel, c’est mettre en danger la diversité et la richesse créative qui distingue Genève.

    Gabriel Alvarez directeur artistique du Studio d’Action Théâtrale.