6. Pour des théâtres ouverts ! Démocratisation et médiation de la culture – 31 janv. 2013

Le 31 janvier 2013. ETS (Pré-Jérôme 16), Genève, 19h.

Thème de la rencontre: Quels sont les obstacles actuels à la démocratisation culturelle ? Quelle culture démocratiser ? De qui cette démocratisation est-elle l’affaire ? Quels outils privilégier ?

Les Rencontres théâtrales ont jusqu’à présent donné le sentiment de privilégier le questionnement de « l’offre », de la production théâtrale et des arts de la scène ; « donné le sentiment » seulement, car la première d’entre elles – intitulée Théâtre et Cité – articulait déjà l’art à son contexte, à son adresse.

Le public de la culture est-il réductible à la « demande » ? Cette demande, d’ailleurs, comment s’exprime-t-elle? est-elle spontanée ? n’est-elle pas formatée par le trend des industries culturelles ? par l’offre telle qu’elle existe aujourd’hui ? par le besoin de divertissement que génère une société froide et dure pour beaucoup ?

Faut-il « coller » à cette demande ou la surprendre ? la dépasser ? Faut-il faire un enjeu de ceux qui jamais ne franchissent le seuil de nos théâtres ? Tous les lieux ont-ils une responsabilité équivalente à l’égard de la démocratisation et de la démocratie culturelles ? Les projets artistiques collaboratifs participent-ils de la socioculture ou de l’art en plein ?

Gageons que cette rencontre sera l’occasion d’aborder ces préoccupations et d’autres encore.

Avec la participation de :
Patrick Brunet (comédien, metteur en scène, président de la Maison de quartier de la Jonction),
Jean Caune (professeur émérite à l’université Stendhal de Grenoble),
Jean-Marc Cuenet (enseignant, Conseiller culturel Ecole & Culture – CO au SCC et président de la Commission Ecole & Culture du CO),
Marie-Jeanne Liengme (responsable Cours des Miracles, CAS en animation théâtrale de La Manufacture),
Marco Polli (comédien, secrétaire général de la Fédération Suisse des Sociétés Théâtrales d’Amateurs, membre de la Coalition suisse pour la diversité culturelle, revue CultureEnjeu),
Jeanne Pont (chargée de mission, Service de la promotion culturelle de la Ville de Genève).
Mathieu Menghini (modérateur).

En présence de Sami Kanaan, magistrat en charge du département de la culture et du sport, Ville de Genève.

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Lire l’article de Sami Kanaan: “Théâtres et population
“La 6ème Rencontre théâtrale est consacrée à la démocratisation de la culture – un mouvement questionné ces dernières années, que ce soit pour en annoncer l’échec ou pour en remettre en cause le principe même…” suite

 

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Interventions

1/4. Jean Caune

2/4

3/4

4/4

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Voir également:

Les mesures d’accès des publics à la culture de la Ville de Genève.

– Genèveactive: Démocratisation: payer pour un produit culturel est aujourd’hui dépassé.

 

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Débat en ligne: Le débat sur les différents thèmes qui font l’objet des Rencontres est ouvert en ligne depuis le 24 mai 2012, il se poursuivra jusqu’au printemps 2013. Merci de poster vos commentaires et propositions en bas de page.

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16 commentaires pour “6. Pour des théâtres ouverts ! Démocratisation et médiation de la culture – 31 janv. 2013
  1. Ivan Martin dit :

    Démocratisation et médiation de la culture : Peut-être une culture de la médiation

    Voici un thème qui, bien qu’il semble parfois être une pièce rapportée de par la difficulté de définir ses moyens, est en tout état de cause une des matières premières du sens et de l’aboutissement des activités théâtrales. Le lien au public, son accessibilité, l’influence citoyenne et sociétale des œuvres, le caractère durable des processus engagés, mais aussi – quoi qu’on en dise – la qualité et le développement de l’identité et de l’équilibre du vivier théâtral local, dépendent immanquablement des moyens effectifs investis dans cette démocratisation et médiation de la culture. Les nombreux efforts déployés pour préciser les objectifs et la perspective des actions de démocratisation et de médiation culturelle en matière théâtrale, dévoilent un manque désormais identifiable que l’on commence à comprendre et à reconnaître comme un défaut, un éventuel manque à gagner au cœur des dispositifs dont nous dépendons. La possibilité de communiquer et de débattre au sujet de cet « élément en construction » constitue une aubaine dont nous ne pouvons négliger les atouts.
    Pour définir les obstacles actuels à la démocratisation culturelle, il est peut-être devenu nécessaire d’ouvrir un dialogue nouveau questionnant et précisant la position de l’acteur culturel en tant que médiateur. L’adéquation des actions à entreprendre, la compréhension des besoins des publics et la capacité à entrer efficacement en interaction avec eux, dépendent d’une remise en question de notre prise en compte du fonctionnement de la relation (de la communication) que les publics entretiennent avec la culture, tout particulièrement théâtrale. A titre d’exemple, le collectif Microsillons engage un parti-pris vis-à-vis des foyers de « micro-publics » dont la justesse questionne déjà l’habituelle envergure de nos considérations.
    Partant, la recherche des points communs (par exemple entre la culture et ses publics) et l’investissement dans les moyens de leur donner une reconnaissance partagée, fournit un cadre que nous pouvons sans aucun doute encore préciser, tout particulièrement en termes de méthodes et d’outils. Les outils à privilégier seront peut-être ceux qui nous permettent une communication (un dialogue) de la meilleure qualité possible. C’est à-dire ceux qui fourniront aux publics et aux acteurs culturels un sentiment de reconnaissance respective et partagée, et surtout les moyens de répondre à leurs besoins communs.
    La première culture à démocratiser, comme le fondement sur lequel l’ensemble des activités culturelles peut s’appuyer, est peut-être donc cette relation améliorée, cette « culture de la médiation » et les moyens de maîtrise qu’elle peut se donner. Il est facile, partant de là, de comprendre la responsabilité qui incombe aux acteurs de cette médiation culturelle, de dégager leurs besoins et leurs priorités, puis de déployer les possibilités de développer leurs compétences et de définir leur position. C’est fondamentalement d’eux dont dépend la démocratisation que l’on souhaite.

    I.M.

  2. Ivan Martin dit :

    QUELLE CULTURE DE LA MEDIATION ?

    Plus que les actions de médiation elles-mêmes, dont la créativité et le dévouement ne sont pas à remettre en cause, ce serait bien la culture de cette activité qui soufrerait d’un manque d’identité. C’est-à-dire que la médiation culturelle serait tributaire d’un flou identitaire ne la définissant que très approximativement. Pour remédier à cet handicap, il conviendrait de préciser la position, les principes et les compétences de la discipline à part entière que pourrait être la médiation culturelle.
    Dialoguer sur ce sujet semble être un incontournable de ces rencontres théâtrales.

    De quoi dépend essentiellement la réussite d’une action de médiation ?
    Que possédons-nous comme outils de référence en matière de création de lien ?
    Comment assurer le prolongement ou la pérennité des actions déployées ?

    Ces questions soulèvent un ensemble de choix dont on a parfois laissé les réponses se disperser au bon vouloir de l’empirisme. Peut-être est-il temps de régler nos lentilles sur un point à mieux définir. Le théâtre comme la médiation nécessitent une pratique, cette pratique est composée de moyens, les moyens de la médiation sont des outils communicationnels, et ces outils sont à notre portée. Il s’agit juste de les reconnaître.

    I.M.

  3. Michel Vallée dit :

    Médiateur culturel depuis plus de 10 ans et directeur d’un service des arts et de la culture d’une Ville située en banlieue de Montréal au Québec, je n’ai pu m’empêcher de m’inviter au débat et d’apposer un commentaire. C’est donc un gars de terrain qui vous écrit.

    Lors de l’inauguration d’un édifice tout neuf, la scie, le marteau et la grue doivent-ils être placés sous les projecteurs ou plutôt être mis en valeur lors de la construction… de la démarche ?

    Le modèle que j’affectionne est celui qui prend la forme d’un défi lancé à la population d’une communauté pour mener à une réalisation X.

    Quelques uns des aspects qui reviennent dans les actions qui ont un impact citoyen.
    • Défi de participer à quelque chose de plus grand que soi (ex.: présentation théâtrale lors d’un événement public important, théâtre de rue lors d’un événement populaire, tableau dans un défilé de carnaval, sensibilisation lié à un élément d’exclusion (homosexualité, handicap, etc.), etc.).
    • Rencontre avec un artiste dont les propos nous rejoignent.
    • Promotion dans les médias locaux et sur les réseaux sociaux.
    • Suivis serrés auprès des participants pour s’assurer de l’implication en continue et en intensité…

    La beauté de la médiation culturelle est qu’elle nous permet de sortir de nos zones de confort. Le meilleur outil de référence est peut-être le questionnement et le repositionnement constant amené par… l’absence de référence.

    Quant à la pérennité, elle me semble lié souvent à un jeu de dès à moins de l’offrir en défi à des institutions établit et stables dans le temps. Municipalités, organismes culturel ou social, troupe de théâtre, institution muséale ou d’enseignements traditionnels… le pari est plus facile à tenir quand ils sont là et font de ces actions de médiation culturelle leur philosophie d’action.

    En passant par l’appropriation citoyenne ou la volonté de briser l’isolement de certains membres de la communauté, cette philosophie où l’artiste interagit pour le développement de son milieu peut s’implanter et demeurer bien vivant à long terme s’il est lié à une situation particulière vécus dans la communauté.

    Au Québec, le grand public a encore beaucoup de difficulté à comprendre la notion de médiation culturelle. Seul les participants et leur entourage saisissent cette notion. De plus, en tant que médiateur culturel, j’ai longtemps été frustré de voir passer la finalité de la réalisation de l’œuvre d’art en avant plan dans les médias ou auprès des élus. Même constat chez les participants qui retirent une grande satisfaction de la démarche et en parlent, mais, souvent, ils donnent plus d’importance à l’œuvre en tant que telle. Normal, cette œuvre devient un élément de fierté puisqu’ils y ont participé. Comme plusieurs j’aimerais que la démarche soit louangée plus que le résultat artistique. En faisant en sorte que le résultat soit lié à la problématique vécus et à la démarche, j’ai souvent apaisé mes frustrations.

    Voilà pour mes commentaires qui susciteront peut-être d’autres questions. La médiation culturelle doit-elle avoir une position autre que celle d’outil ? Le marteau doit-il être prendre la même place publique que l’édifice à inaugurer ? Quels sont nos alliés pour y arriver ? Comment faire en sorte que le résultat, l’œuvre terminé, devienne le témoins de la démarche ?

  4. Ivan Martin dit :

    Je vous remercie pour cette participation outre – atlantique, il est bienvenu de se laisser inspirer par ce que savent et vivent les autres. La richesse et l’ouverture de nos actions en dépendent certainement. Ceci est également valable en situation : la capacité d’écouter ce que les publics ont à dire est peut-être une donnée fondamentale de la qualité des actions de médiation culturelle. Il est possible que nous fassions parfois l’amalgame entre démocratisation culturelle et colonisation culturelle. Le mot est fort, mais la maladresse qu’il évoque explique éventuellement une partie de nos échecs et limitations ; par manque d’écoute. Le simple fait de vouloir se tenir en dehors de toute référence est une de ces limitations qui freinent tant l’apprentissage, que la connaissance fuit. Docilité est graine d’étude. La culture a elle aussi beaucoup à apprendre des publics, de tous les publics, ceux qu’elle « a » déjà comme ceux qu’elle cherche encore.

    Savoir bien écouter ce qui est dit n’est pas une compétence forcément acquise. Quant à savoir écouter le sens non seulement de ce qui est dit, mais surtout de ce qui à voulu être dit ; c’est-à-dire savoir réduire au plus fin les déformations implicites au dialogue (entre ce que vous voulez dire, ce que vous pensez dire, ce que vous dites, ce qu’on veut entendre, ce qu’on entend, ce qu’on pense avoir entendu…) savoir donc mobiliser dans toutes ses richesses ce vecteur de réussite qu’est le dialogue, constitue un savoir-faire dont la pratique est exigeante. Cela peut même nous paraître parfois au-delà du possible. C’est pourtant ce supposé axiome qui permet aux démarches de médiation culturelle d’agir sur des terrains encore vierges de contact, de communication et en effet oui ; vierges de « référence ». Mais le paradoxe est là : pour parvenir à ce désordre que sont « le questionnement et le repositionnement constant », il peut être bien utile de se référer de façon précise à une méthode, voire à la mise en pratique d’un processus structuré. L’idée d’« absence de référence » ressemble aux témoignages que les virtuoses font de leur expérience, après avoir franchi toutes les contraintes de ces références ; cadres et mesures qu’ils ont dû apprendre, intégrer et métaboliser… Avant de les dépasser. C’est un état de « novice », spontané en pensée, mais concrètement ; un aboutissement. Comme Wu Yi-wua nous le rappelle : « la source de la créativité réside dans l’émancipation des contraintes ». Ceci est aussi vrai pour la communication ; nous avons peut-être à prendre en compte d’une nouvelle manière les contraintes relationnelles propres à la médiation culturelle que nous souhaitons développer.

    Il y a un besoin de progression, de processus. Pour apprendre la culture d’un peuple on en apprend la langue. Il peut être intéressant de considérer la langue qui rassemble les publics à leurs théâtres comme celle du « conflit » ; celle de la mise en scène du conflit, celle des éventualités de sa résolution, et celle des chemins pour y parvenir. Le « conflit » (un terme souvent exclu de la plupart de nos considérations habituelles dans notre environnement privilégié qui protège une idée de la neutralité) pourrait être alors compris comme ce qui est mis en formes par « agression », une action qui étymologiquement signifie « aller vers » et qui est, soit dit en passant, le contraire de « régression ». Les formes que prend ce mouvement, puis celles de leurs conséquences, constituent ce que la médiation étudie et utilise. De la même manière que l’art dramatique donne une dialectique à la représentation, la médiation donne une rhétorique à la résolution. « La démocratisation et la médiation de la culture » – soient-elle d’inspiration citoyenne ou autre – ont soif de résolution (à ce sujet, lire : « le choix concret d’une solution pratique » comme autre commentaire).

  5. Ivan Martin dit :

    LE CHOIX CONCRET D’UNE SOLUTION PRATIQUE

    Depuis le génie de Jean Vilar et l’audace politique de Jeanne Laurent, la recherche théâtrale dans les dispositifs de mise en relation avec les publics est partie intégrante des engagements politiques en matière culturelle. Le lien entre le politique et le créateur est devenu alors progressivement confus, soulevant parfois – il faut bien le reconnaître – plus de tensions que de solutions. C’est bien légitime ; l’artiste défend sa liberté de création, c’est-à-dire son indépendance, alors que les dispositifs politiques dont il dépend le mobilisent sur le terrain du « devoir citoyen » appartenant aux pouvoirs publics. L’échec de la démocratisation culturelle et la crise du théâtre public, évalués en France dès la fin des années 80, donnent une idée des conséquences de cet amalgame. Plus près de nous, les efforts actuels de la recherche et de la formation en matière de médiation culturelle témoignent à la fois du besoin de sortir de cette confusion et de celui d’en maîtriser les moyens. Pour autant, la légitimité des politiques culturelles continue à dépendre de la définition que l’on donne et de la pratique que l’on fait de la médiation culturelle. La responsabilité que porte cette « discipline » est donc cruciale. On tentera au fil des années de lui donner une forme, on s’essaiera empiriquement à lui donner une efficacité, on débattra sur sa légitimité, mais on en reste encore aujourd’hui à hésiter sur la fonction qu’elle représente, et sur la position qu’elle implique.

    Si le terme de conflit est trop connoté, gardons celui de confusion, et rappelons-nous les contradictions entraînées dans cette recherche de mise en lien qu’est la volonté de médiation. Outre l’insoutenable « entre deux » qui pousse l’artiste vers un sentiment d’instrumentalisation, la recherche d’égalité d’accès à la culture, prônée par les actions culturelles, a provoqué sur le chemin de la recherche davantage de revendications que de satisfactions. Ainsi de l’exclusion provoquée par « la culture pour tous », ainsi des doléances de la « culture populaire » ou de l’élitisme de « l’avant-garde ». Certes la multiplicité fait la richesse, mais il est dans ce cas d’autant plus rigoureux et exigeant de savoir fournir à ce vivier indispensable les moyens de sa reconnaissance et de son expression, ceci par un dialogue constructif plutôt que confus.

    La volonté de définir les responsabilités de la médiation, de « l’éducation informelle » jusqu’à « l’animation », ont peut-être finalement davantage éloigné les protagonistes qu’elle ne les a mis en dialogue. Le médiateur s’est rapproché des institutions et l’animateur de ses publics, séparant encore les compétences et isolant les besoins. Le médiateur devient parole du politique et l’animateur devient un éducateur au près du peuple. Et si l’on inversait ces forces, que se produirait-il ? Et si le médiateur permettait de parler plus qu’il ne parlait lui-même ? Le politique a-t-il davantage besoin de décider que de dialoguer ? Les publics ont-ils davantage besoin d’écouter que d’être entendus ?

    Nous n’avons peut-être pas suffisamment su écouter les publics, car nous étions peut-être trop engagés à leur faire comprendre notre point de vue. L’échange aurait manqué d’équilibre pour se développer puis perdurer. Il faudrait peut-être savoir prendre de façon plus utile ce que les publics ont à donner, savoir les écouter d’une nouvelle manière. Les différentes rencontres organisées ont certainement cette intention, mais possèdent-elles réellement les moyens de créer le dialogue espéré ? Sont-elles réellement ouvertes à la possibilité d’un changement ? Non pas qu’il faille culturellement fournir aux publics ce qu’ils demandent, mais plutôt que la reconnaissance des besoins des publics, et surtout leur expression, permette aux pouvoirs publics de viser juste, en établissant des dispositifs culturels assurés d’être reçus, puis répondus par la participation que nous attendons.

    Quoi qu’il en soit, le simple choix de développer l’écoute des publics engage la culture dans un déploiement significatif et conséquent. L’idée n’est pas nouvelle, d’aucun considèrera que le colonialisme culturel est vertueux. Chacun pourtant en observera certains attributs, déjà tentés par maladresse. Un certain renversement donc, mais sans tout changer, car la volonté du dialogue est sans doute déjà exprimée, et fortement. Il s’agirait d’un changement dans les moyens ; une spécification des fonctions, en fait simplement une fonction supplémentaire, sans rien modifier du reste déjà établi, rien à changer que cette ouverture définie en un point : la fonction de médiateur auprès des publics. Non pas celui ou celle qui est chargé(e) d’apporter quelque-chose au public, mais bien plutôt celui ou celle qui est capable, en tant que médiateur(e) professionnel(le) de lui donner les moyens de son expression, une expression libre et responsable. La fonction du médiateur connaissant sa discipline est de permettre la parole et le dialogue, de conduire les multiples possibilités de l’expression. Plutôt que d’apporter une nourriture à absorber, il ou elle permet de mettre en forme les aliments présents, à partager. Voici un acte citoyen dont les pouvoirs publics pourraient se doter ; instaurer ces nouveaux postes de médiateurs, dont l’indépendance et la neutralité recentreraient chacun des acteurs culturels en ses fonctions.

    Si l’appellation de « médiateur auprès des publics » évoque une vague notion habituelle de l’action culturelle, sa conception pratique, elle, consiste en l’application du savoir – faire relationnel de la médiation raisonnée (ou médiation professionnelle), c’est-à-dire en la conduite, selon un processus structuré, d’un dialogue ouvert, libre et constructif entre les publics d’une part et les pouvoirs publics de l’autre, puis entre les publics et les artistes, puis lors d’une éventuelle médiation tripartite. Ces « médiations » sont applicables à chaque action culturelle, en parallèle ou intégrées, selon un nombre de participants allant – hormis le ou la médiateur(re) – de 2 personnes jusqu’à 3 groupes de personnes. Je vous invite à dialoguer sur les sujets que cette proposition vous évoque.

    Bien à vous,

    I.M.

  6. Aude dit :

    Le lien de ‘Kulturvermittlung.ch’ qui offre un espace d’information et de débat sur les médiations culturelles en Suisse: http://www.kultur-vermittlung.ch/fr/home.html

  7. Yi-hua WU dit :

    Le théâtre est son propre et meilleur médiateur

    Au titre du lien social, il y a actuellement un engouement pour une idéologie de la « proximité » qui touche aussi bien les médiateurs de l’art que les politiques. L’exercice ressemble trop souvent à une imposition des formes de la haute culture à un public supposé, au mieux, mal informé.

    Le sociologue Maurice Born estime la tentative vouée à l’échec car « Il y plus à prendre qu’à offrir dans les quartiers, parce que leur éthique sociale et politique leur dicte un refus de la culture élitiste, parce que la générosité et la sincérité des petits les tentent plus que les fastes du paraître, ou pour toute autre raison qui leur appartient. » De ces bonnes intentions, il ne restera qu’un désir insatisfait par manque de séduction.

    Le plaisir pris lors d’un spectacle serait-il la clé d’une médiation réussie ? Au XIXe siècle, c’était l’avis de Friedrich Nietzsche en Europe et de John Dewey aux Etats-Unis, deux philosophes dont les pensées esthétiques peuvent être considérées comme représentatives d’une éthique de la médiation culturelle en rapport avec la stratégie artistique «pragmatique». Pour Nietzsche, la tragédie prend sa source et se comprend vraiment dans la musique et la danse, suivant une stratégie artistique «pragmatique» spécifique du théâtre antique grec. De ce fait, l’ouvrage du philosophe allemand « La Naissance de la tragédie à partir de l’esprit de la musique» (1871) rappelle que le théâtre grec, dans son cortège bachique et sa danse païenne, réveille les forces naturelles et les soumet au pouvoir harmonisant du chœur. Nietzsche voulait faire renaître l’art dramatique à partir de cet état de scène « primitive » chorée (musique) et dansée qui dramatisait le concept de vérité entre Dionysos et Apollon. La stratégie artistique «pragmatique» du théâtre grec a été qualifiée d’affirmation de la vie, d’expression d’une volonté de vivre universelle et primitive. Le philosophe plaidait alors pour un art dramatique dont la qualité aurait permis aux spectateurs de ressentir la puissance de la vie mais pas ses bassesses.

    Nietzsche voyait au-delà de la question de la qualité d’un art, de sa beauté ou non-beauté, ou du niveau de compréhension à atteindre. Son éthique de médiation artistique aspirait à établir la distinction entre un art qui renforce la personnalité, qui permette de ressentir la victoire sur soi, et un art qui affaiblit, provoque un sentiment d’infériorité par sa logocratie artistique.
    « Le mauvais goût a son droit autant que le bon goût », il n’illustre donc pas la frontière entre les classes populaires et l’élite, mais remettre cette séparation en question c’est dénoncer le processus qui transforme les gens en personnes réactives ou actives. Nietzsche a développé cette éthique de médiation dans « Le Cas Wagner » quand le philosophe réalisa que Wagner cherchait à justifier l’autorité artistique dont il jouissait auprès de la masse par sa musique spectaculaire et « abrutissante ». Comme aujourd’hui, le public était enclin, parce que conduit, à penser qu’il n’était pas doté des connaissances et des qualités suffisantes pour comprendre l’art. Dans « Le Cas Wagner » Nietzsche rejette l’art wagnérien institutionnalisé et avoue sa préférence pour Carmen de Bizet dont la surface mélodique est apparemment moins sérieuse et plus séduisante. Le « Cas Wagner » est l’exemple de l’« inversion de la valeur de toutes les valeurs (Umwertung aller Werte) », processus que Jacques Rancière considère comme la révolution esthétique qui a permis à la position et à la capacité du spectateur de s’affirmer.

    L’éthique esthétique nietzschéenne est précisément synonyme d’ouverture, d’accueil du sens, comprise sous toutes ses formes et dans un état de « communicativité » maximum. Malheureusement, l’institution (politique, culturelle) a tendance à ériger des barrières pour faire de l’art son domaine réservé, ce qui est contraire à la pensée esthétique de Nietzsche pour qui l’art doit vivre avec la société et ne pas en être séparé par un quelconque moyen. Jacques Rancière décrit le phénomène de la médiation de l’art aujourd’hui : « Je ne crois pas qu’il s’agisse ici de pouvoir de l’image mais de pouvoir de l’adresse, le pouvoir de rappeler aux gens que l’on est leur représentant. Il y a un engouement pour une idéologie de la « proximité » qui touche aussi bien les commissaires (les grands médiateurs des arts aujourd’hui) qui louchent sur le « public des banlieues », les politiciens qui passent leur temps à se persuader que leur discrédit vient de ce qu’ils ne sont pas assez proches des gens, des problèmes des quartiers, etc., et bien sûr les hommes de médias », ou, selon l’interprétation de Gilles Deleuze, « quand la réunion de la bêtise et de la bassesse agissent sans cesse comme un complot entre le tueur et la victime ».

    Pour John Dewey, cette contrainte, ainsi que le culte du génie solitaire qui en fait partie, étaient le produit malheureux de la compartimentation et de la professionnalisation croissantes de l’art. Privé de ses rôles sociaux traditionnels, l’art est réduit à un individualisme prononcé qui rend ses œuvres de plus en plus difficiles à saisir et à apprécier par le grand public – situation intolérable pour le démocrate qu’était Dewey. Quand Dewey espère que « le supplément d’expérience croîtra en une richesse ordonnée », et qu’une recherche guidée par « un besoin et un désir » ira « au-delà de la connaissance, au-delà de la science ». Dewey adhère ainsi non seulement à une justification esthétique, mais à un idéal esthétique de la démocratie qui confirme le rôle de l’éthique et des choix de vie personnels dans l’anticipation de toute épreuve. «En tant que mode personnel et individuel de vie, la démocratie » exige « une foi effective dans les possibilités de la nature humaine ».

    Sous l’influence de Nietzsche et Dewey, les philosophes contemporains parient sur l’idée d’émancipation en rapport avec la culture et notre humanité. Avec la question de la démocratisation de la culture revient à chaque fois celle de savoir ce qui vaut comme noyau de vérité. Les spectateurs émancipés, les citoyens républicains démocrates du XXIe siècle sont capables d’élire un magistrat de valeur, ils sont aussi capables de réfléchir à ce qu’ils voient et à ce qu’ils écoutent. Cette qualité de la société démocratique est-elle un inconvénient ou propice à engendrer la haine de la démocratie?

    L’élaboration d’un sensorium commun, de l’effet de virtualité, d’une forme de vie collective par la communicativité et la transmissibilité entre êtres vivants, n’est-elle pas propre à la qualité du théâtre lui-même ? L’artiste qui souhaite la démocratisation de la culture dans le but de formater un spectateur idéal, ne devrait-il pas se demander : quel savoir-faire et techné est-il nécessaire d’adopter, ou d’inventer, comme interface égalitaire et séduisante en rapport avec l’éthique ”démocratique” de la créativité ?

    “Beauté et Esprit doivent être écartés si l’on ne veut pas en devenir esclave. Ce qu’il nous faut cultiver, ce sont nos qualités, et non pas nos particularités.” (Goethe, Maximes et réflexions.)

    Yi-hua WU

  8. Ivan Martin dit :

    Yi-hua WU demande “quel savoir-faire et techné est-il nécessaire d’adopter, ou d’inventer, comme interface égalitaire et séduisante en rapport avec l’éthique ‘démocratique’ de la créativité ?”

    Toute la question est là. Et la réponse est dans la question.

    Puis de se demander :
    Concrètement, quels sont par exemple ces observatoires des publics qui constituent encore actuellement la réponse des pouvoirs publics en matière de médiation culturelle ? L’étude est-elle restée le vieux décompte des classements ? Outre les actions d’accessibilité et de pédagogie, comment doter les “observatoires” de plus de connaissance que ce que fournit un sondage ?

  9. Phillipe dit :

    Il y quelques mois en arrière au Grutli on trouvait ce texte collé un peu par tout au rez-de-chaussée. Je crois que ce bien à cause qu’on avait enlevé les tables, les chaises et qu’on a même cadenassé les prises électriques du rez-de-chaussée.

    «L’Espace Vide» ou 2 x (5m x 11m).

    Nous sommes l’espace vide que vous circuler,
    d’une sale à une autre ; d’un bureau à un bureau.
    Nous somme les 2 x (5m x 11m) de superficie vide
    que votre travaille vous permets de marcher,
    mais que vos semelles n’ont jamais touché.

    Nous, seulement quelques unes, quelques uns.
    Nous sommes les vieux ordis, les livres, les journaux,
    nous sommes les chaises, les tables, qui ne sont plus là.
    Nous sommes vos plantes en Barrière.
    Nous sommes les max. 30 vissages pas assis à table sur votre rez-chausse.
    Nous sommes les regards mélancoliques qui vous croissaient;
    ces regards de lointain qui vous…
    …fâchent???
    Nous sommes votre Wi-Fi!!!

    Nous sommes des personnages, mais pas de vos pièces…
    ceux d’une pièce pas encore fini, qui vous déplaisent
    Nous sommes les comédiens de la scène du couloir.
    Celle que vous ne voulaient pas, mais seule se fait voir.
    Nous faisons irruption comme le smog de la ville,
    dans votre blanche cathédrale.

    Nous sommes l’ anti-culte de votre culture.
    Nous, ceux qui ne veulent pas payer un café qu’on n’as pas envie de boire,
    nous, ceux qui ne veulent pas consommer pour consommer ;
    nous, ceux qui veulent pas de la propriété prive.

    Merci,
    merci,
    pour la place,
    pour votre Espace Vide…

  10. Brigitte Audeoud dit :

    Bonjour, pour parler ‘vrai’ et ‘frais’ et au-delà des notions de l’ère pré-industrielle je transmets quelques bribes d’ailleurs car je rentre d’une formation dans les locaux de Hors-les-Murs http://www.horslesmurs.fr/ à Paris.
    Nous y avons déconstruit – en nous appuyant sur des textes issus de recherches en histoire sociale, sociologie (de l’art mais pas seulement) et sciences politiques – les présupposés sur la réception de l’art par des publics dits ‘sensibles’ et bien souvent encore plutôt ‘non-publics’.
    Les Français (pour ne parler que d’un pays voisin) sont très en avance et mettent en pièces (mais parfois pas…) l’idée que l’art se suffirait à lui-même. Pour affiner, on pourrait dire que : cela dépend pour qui!
    En effet pour certains publics éduqués, cultivés et donc formés: l’art semblerait se suffire à lui-même. Mais au fond, ces publics avertis n’approchent pas l’art en se fiant uniquement à leur sensibilité réputée naturelle… mais bien grâce à leur tradition culturelle en général provenant de leur ‘milieu’, pour faire court. Ils maîtrisent les codes (acheter un billet, consulter un programme, choisir…) qui transforme l’offre culturelle en loisir ‘naturel’ pour ces publics aimant ‘naturellement’ l’art et à qui est destiné en priorité l’offre élaborée de manière tout aussi naturelle.

    Pour revenir au niveau régional et en Suisse, romande particulièrement, des plateformes de partage d’informations, banques d’expériences, etc. telles que celle offerte par Hors les Murs n’existent pas vraiment. Il faut dire que la longue tradition de politique culturelle nationale aussi tournée vers l’extérieur que la France a mis en place depuis des lustres donne des fruits plus juteux que d’autres.

    Par ex. je peine en Suisse romande a trouver les informations culturelles et surtout à l’instant où elles paraissent. C’est donc par l’Allemagne que j’ai reçu ce tweet:
    [Kulturmanagement Net (@kmnweimar) 15.12.12 10:39 ] [Dokumentation der Tagung #Kulturvermittlung (7.11. Basel) jetzt verfügbar: bit.ly/Xpyh7U Hier unser Rückblick: bit.ly/Xpyp7a ] Et donc ces liens vers la plateforme suisse Kulturvermittlung.ch – principalement fournie en informations en allemand – pointent sur quelques documents en français et en anglais sur le colloque de Bâle sur la médiation culturelle.
    J’aimerais savoir si en Suisse romande, les informations auraient circulé de cette manière ou toute autre qui soit accessible publiquement et pas seulement par le bouche à oreille entre personnes ‘naturellement’ initiées, je le dis sans rire ! car cela concerne aussi les plus jeunes qui désirent se lancer dans la culture et donc pourrait profiter d’une information libre et non pas véhiculée par leur milieu (famille et entourage par exemple). Il s’agit bien donc de démocratie et d’accès libre à l’information et non d’idéologie ou d’opinion pour déterminer s’il est bien ou mal de prendre telle ou telle position. Il s’agirait pour la partie latine de la Suisse de se hausser au niveau des exigences et valeurs partagées dans l’espace public, sur le continenet européen par exemple.

  11. Brigitte Audeoud dit :

    Sur la question de la crétivité, la création, la participation, la collaboration, la coopération… les formations européennes développent à l’envi toutes ces notions qui ont une histoire et s’adossent sur des recherches étayées par exemple en sociologie de l’art, en sciences politiques, en histoire sociale. Les personnes avec qui j’ai discuté à Paris de cela disent être tout à fait disposées à faire partager leurs savoirs ici en Suisse romande. Il est à noté que l’offre en formations modulaires est très attractive en France ou dans certains pays européens.
    Cet automne, au symposium de Zurich autour du projet ‘Art and the City’, Markus Miessen (architecte) et d’autres personnes autorisées et en vue, ont argumenté, même d’une manière polémique – mais toujours étayée – et longuement… sur le partage et la construction de l’espace dévolu à la culture et aux loisirs.

  12. Brigitte Audeoud dit :

    @Yi-hua WU Oui, cet engouement sur l’art et le lien social fait bien partie de la doxa. Au niveau de la recherche actuelle en médiation il n’est pas du tout favorisé. Mais cette position ne veut pas dire non plus que l’art se suffit à lui-même. Il faut travailler longuement ces pratiques et ces savoirs pour les maîtriser un tout petit peu, il faut aussi tomber sur les bons professeurs, car par ex. des professeurs d’arts (même patentés) aussi bons soient-ils et qui ont lu un peu de Bourdieu ou de Heinich, ne sont pas les mieux placés pour parler de ces questions. Il faut des spécialistes: en philosophie politique, en sociologie, en sciences politiques et des artistes expérimentés à des pratiques ouvertes. C’est ma position actuelle, qui pourrait changer, car aussi la recherche avance vite en Europe.

  13. Brigitte Audeoud dit :

    Je serai pour que l’on sorte – en médiation de l’art et de la culture des projets d’animation socio-culturelle hérités de l’éducation populaire utilisant souvent des méthodes ‘top-down’. J’ai un sentiment mitigé sur l’accès à l’art proposé par des générations d’animateurs formés dans les écoles sociales, ici ou ailleurs: j’en ai fréquenté beaucoup et à mon corps défendant.
    La médiation de l’art est un autre sujet, il peut défrendre des positions plus radicales, moins ‘bon teint’ car l’art a aussi cette force polémique par ailleurs et pourquoi cette force devrait-elle être réservée à des public ‘comifô’.
    De plus je recommande le blog du master art et espace public de la Sorbonne qui regorge d’informations sur des compagnies travaillant de multiples manères avec des publics en espace public ou ‘autres espaces’, utopiques et éphémères par ex. http://masterpcep.over-blog.com/ L’an passé on y parlait non seulement de médiation mais d’infusion. Il est très facile de se rendre aux conférences en amphi, en libre accès, le vendredi soir pendant le deuxième semestre universitaire début 2013: une alternative à la consommation de culture à Paris. Une façon de mieux comprendre ce qui se joue dans l’espace public. Par contre, depuis quelques modules en France sur la culture et l’Europe pour les quartiers sensibles, je comprends mieux le contexte. Cela n’était pas évident auparavant avec la base de formation suisse uniquement, base qui nous enferme parfois.

  14. Brigitte Audeoud dit :

    En France et sur le site de l’Onisep on trouve une quantité d’information sur les formations de médiation et apparentées http://www.onisep.fr/content/search?SearchTextTransverse=médiation+culturelle&oni_submit-transverse=OK Certains enseingnants-chercheurs mettent en garde pourtant sur le verrouillement des métiers et leur appauvrissement puisque nous sortions de générations de militants, de bénévoles dont la générosité n’a plus toujours à voir avec les stratégies autant institutionnelles ou des professionnels maintenant installées dans maints métiers de la culture et qui peuvent modérer notre enthousiasme, tant comme spectateur que comme professionnels aux visages multiples.
    En Suisse, surtout romande, l’offre est moins riche mais à l’heure où l’on commence à parler agglo et Grand Genève, il serait bête d’en rester à une nomenclature et typologie de projets propres à cette région romande dont nous faisons partie, qu’on le veuille ou non.

  15. Aude dit :

    Les Etats du théâtre 2012 en France aussi. Au TNB, débat sur l’Europe particulièrement intéressant http://www.telerama.fr/scenes/etats-du-theatre-2012-a-rennes-les-debats-a-revoir-en-video,90831.php

  16. Brigitte Audeoud dit :

    Donc Aix-Marseille Université travaille sur les médiations et par exemple autour d’un projet de recherche multidisciplinaires sur les publics de la culture, ici > http://mp2013publicspratiques.wordpress.com/ Il est à relever que deux chercheurs suisses font partie du projet: André Ducret, sociologue de l’art à l’Université de Genève et Olivier Moeschler de l’Université de Lausanne qui a déjà écrit plusieurs études sur les publics. Ainsi, la Suisse (romande) pourra espérer bénéficier du développement des politiques culturelles françaises en particulier des travaux de recherche sur les médiations. Sans doute que la production de tels savoirs pourra être favorables pour les futurs étudiants romands qui plus tard pourront mieux comprendre les problématiques en jeu dans les territoires transfontaliers, ici avec la France et l’Italie, entre autre.