« Le Dos du Désert », de Louisa Merino, au Théâtre de L’Usine.

Cette création nous introduit dans le monde privé de quatre femmes qui vivent quelque part leur désert intérieur. « Désert » en tant que solitude prête à être peuplée, où la folie, l’amour, l’échec ou la tendresse nous dévoilent quelques coins de leur intimité.

 

Avec Louisa Merino, chorégraphe. Par Jacques Magnol.

Une pièce dans le puzzle de leur existence, où elles essaient de se réinventer chaque jour, en riant d’elles-mêmes, en rêvant et en imaginant d’autres vies qui pourraient être la leur, pour finalement se retrouver dans la solitude d’elles-mêmes, dans le silence. Dans ce spectacle, le mouvement fait partie du travail de l’acteur comme processus créatif. Les mouvements sont créés en fonction des caractéristiques à la fois humoristiques et dramatiques des interprètes. Nous travaillerons d’après des écrits de divers auteurs, dont Eduardo Galeano, Jean Rhys, Katherine Mansfield, ainsi que sur des textes originaux.

En ces temps où l’on parle tant de globalisation, nous avons tous l’intuition que cette culture globale surpasse les conditionnements de l’individu. D’ailleurs, la diversité des langues implique différentes manières de percevoir le monde, des codes distincts. L’individu, seul face à l’Univers, ne cesse de percevoir le mystère qui façonne toutes les cultures de l’Histoire et qui a donné lieu à autant de questionnements philosophiques et scientifiques. Enfin, nous partageons tous la même « matière » celle dont nous sommes faits et le don de percevoir notre entité unitaire et individuelle comme une sorte de solitude nécessaire. J’ai trouvé un parallèle surprenant entre les montagnes suisses et le désert, comme les deux faces d’une même pièce, qui seraient matérialisées par le silence intérieur qu’elles produisent. C’est ce désert et ce mystère, celui que toute femme, à n’importe quel endroit du monde, ressent quelques fois dans son coeur. La vie quotidienne arrache souvent la femme de son principe essentiel physique et émotionnel, et de son vrai pouvoir. Mais, malgré tout, elle continue à être le giron et le dos du désert.

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