La galerie Ribordy Thétaz se déploie dans le quartier bohême chic des Pâquis

Les galeries d’art contemporain privilégient les lieux non conventionnels, ici dans un ancien garage de la rue de Monthoux à Genève. Photos : Courtesy Galerie RIBORDY THETAZ.

Stéphane Ribordy s’associe avec Laetitia Thétaz pour ouvrir un nouvel espace dans le quartier des Pâquis afin de présenter des expositions et des activités culturelles.

L’espace de 350 m2 a été entièrement rénové tout en préservant l’atmosphère industrielle de cet ancien garage de réparation automobile, il jouit même de la lumière zénithale dans l’espace le plus vaste, car la galerie propose deux espaces d’exposition adaptés, en surface et en hauteur, à l’actuelle diversité des pratiques des artistes. Auparavant à l’étroit dans son local proche de la Jonction, le galeriste dispose désormais d’un outil encore unique en ville dans sa dimension et propre aux grandes ambitions.

Les galeries d’art contemporain préfèrent souvent s’établir dans des lieux non conventionnels tels d’anciens bâtiments industriels, ce qui les distingue des galeries liées aux mouvements artistiques précédents. En transformant un ancien garage en lieu d’exposition Stéphane Ribordy suit cette logique en même temps qu’il rétablit une présence artistique dans le bas de la rue de Monthoux où, juste en face, au no 13, se tint la galerie-librairie Weber jusqu’à la fin des années 1990, avant d’abriter un bar à chicha.
Le quartier des Pâquis fait l’objet d’une mutation vers le haut de gamme d’autant plus marquée que l’on se rapproche des abords du lac et l’aubaine est signalée aux investisseurs dans le rapport Knight Frank International 2017 en ces termes : « Le quartier bohème des Pâquis se situe sur la rive droite, entre des hôtels cinq étoiles au bord d’un lac et la gare principale de Genève. Autrefois négligée, la région subit actuellement une transformation similaire à celle observée à Notting Hill Gate à Londres dans les années 1970. L’accélération du réaménagement suggère que le quartier surclassera de loin le reste de la ville au cours des cinq à dix prochaines années. »

Entretien avec Stéphane Ribordy

L’ancienne Galerie Ribordy devient Ribordy Thétaz, comment fonctionne cette nouvelle collaboration ?

Voilà déjà quatre ans que Laetitia Thetaz et moi-même collaborons, nous avons pris l’habitude de partager nos idées. Dans ce cadre, j’assure la programmation et nous comptons poursuivre la ligne suivie depuis neuf ans. Le lieu vivra également au rythme de séries d’Artist Talk, de conférences avec des curateurs, et, une fois par an, carte blanche sera donnée à une personnalité pour une exposition d’artiste(s) très confirmé(e-s).

Cette programmation montrait fréquemment des artistes des États-Unis.

Effectivement, une majorité des artistes avec qui nous travaillons sont basés aux Etats-Unis. On peut citer: Davina Semo, Erik Lindman, Trudy Benson, Zak Kitnick et Ryan Foerster, et aussi des artistes de la nouvelle génération comme l’américaine Anne Libby et le suisse Mathis Gasser, originaire de Zurich qui est basé à Londres depuis quelques années. Ce dernier est un de ces jeunes artistes au parcours artistique déjà solide avec plusieurs expositions personnelles dans des institutions suisses ou européennes.

La présence dans les foires est désormais incontournable, quelles sont celles que vous privilégiez ?

Les foires sont importantes pour les galeries car elles participent à la visibilité de la galerie et permettent de rencontrer de nouveaux collectionneurs. Ces événements sont également importants pour les artistes que nous présentons et l’intérêt est de pouvoir raire découvrir leur travail à un public nombreux.
Nous avons participé à plusieurs salons ou foires d’art, tels que ArtGeneve bien sûr, mais aussi artmonte-carlo (auquel nous participons cette année). Aussi, dans le passé, nous avons participé à des foires telles que Artissima (Turin), FIAC Officielle (Paris), Viennafair (Vienne) ou encore Dallas Art fair (Dallas), NADA Miami et NADA New York.

Quelle place consacrez-vous à l’activité online ?

Aujourd’hui, et depuis plusieurs années déjà, avoir de bons outils de communication est crucial. Nous venons de totalement refaire notre identité visuelle et avons mis sur pied un nouveau site internet. Nous avons une présence sur Instagram bien sûr. Tant le site web que les réseaux sociaux sont un outil qui nous permet d’accroître notre visibilité. En terme de vente, la relation directe avec les collectionneurs reste déterminante. Et n’oublions pas qu’une exposition est toujours plus intéressante en personne !

Il est fréquent d’entendre des galeristes estimer que la préparation d’une exposition nécessite un travail conséquent qui mériterait un temps d’exposition plus long, qu’en pensez-vous ?

Il nous est arrivé exceptionnellement de rallonger la durée d’une exposition pour des raisons techniques. Je pense qu’une exposition en galerie n’a pas besoin de durer plus de 2 mois au grand maximum.

Les œuvres des artistes contemporains confirmés sont-elles accessibles aux jeunes collectionneurs ?

Nous pensons effectivement aux jeunes collectionneurs et ceux-ci peuvent déjà trouver des œuvres à partir de 3’500 francs, l’éventail des prix se situant entre 3’500 et 15’000 francs pour la plupart et jusqu’à 40’000 francs.

Quel est le profil des collectionneurs qui vous suivent ?

Nous recevons par exemple les collectionneurs avertis qui visitent assidûment les foires, les musées et d’autres événements, puis les amateurs qui ont des coups de cœur, et d’autres qui viennent de plus loin, de France, de Suisse alémanique et d’ailleurs.

Qu’allez-vous présenter prochainement ?

Nous allons présenter Mathis Gasser et Anne Libby le 4 avril et Erik Lindman et Sebastian Black le 28 mai.

RIBORDY THETAZ
Rue de Monthoux 12, Genève.
ribordythetaz.com

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