André Rochat, L’Homme à la Croix.

Ancien délégué général du CICR, André Rochat se retourne sur son passé. Engagé en 1962 au service du CICR pour devenir durant huit ans délégué général au Moyen-Orient, André Rochat se retourne sur son passé aventureux. Ce livre, d’une brûlante sincérité, retrace sans détours diplomatiques un parcours unique tout entier au service du C.I.C.R. Guerres d’intérêts, guerres claniques, guerres de religions, guerres d’informations, André Rochat aura tout connu des beautés et des meurtrissures de ce Moyen-Orient mythique.

Entretien avec André Rochat.

Jacques Magnol et Myriam Schmid.

Emission Cité Culture, Radio Cité, producteur: Jacques Magnol. 9 janvier 2006.

André Rochat est né à  Orbe (Suisse) le 4 décembre 1925. Dès la fin de ses études, dans les années 40, il s’engage dans l’hôtellerie et achèvera cette carrière avec l’acquisition en 1978 du Château EZA à  Eze-Village sur la Côte d’Azur, qu’il exploitera avec succès jusqu’à  fin 1993.

Attiré par l’aventure et l’humanitaire, il rejoint le C.I.C.R. en devenant son délégué général pour le Moyen-Orient entre 1963 et 1971. Très vite, il apprend l’arabe et se jette dans sa mission humanitaire au plus profond de la guerre oubliée du Yémen et dans les conflits régionaux. On le surnomme « L’Homme à  la croix ». Connaissant bien les mentalités du monde arabe, il est confronté à  plusieurs missions des plus délicates.
Impliqué subrepticement dans un premier détournement d’avion à  Athènes, il décide de proposer sa médiation aux parties en présence, sans pouvoir en référer préalablement au siège du C.I.C.R., afin de faciliter la libération des passagers, otages. Quarante-sept jours plus tard, il est envoyé dans des conditions très difficiles en Jordanie, pour affronter le plus grand détournement d’avions de l’histoire dont les terroristes palestiniens furent les auteurs, concernant quatre cent cinquante-cinq passagers et trois avions de ligne en plein désert.Homme d’honneur et de fidélité, André Rochat privilégia l’idéal d’Henry Dunant au risque de déplaire à  l’institution qui l’a mandaté. La source est rarement satisfaite du trajet de la rivière. Cette anticroisade jette une lumière crue sur les antagonismes et les incompréhensions mutuelles qui entravent les relations Orient/Occident.

“André Rochat, L’Homme à  la Croix” aux Éditions de l’Aire.

André Rochat est décédé le 29 août 2009, dans sa 85ème année.

Publié dans société
7 commentaires pour “André Rochat, L’Homme à la Croix.
  1. ancien délégué du cicr dit :

    Je suis entré au service du CICR quelques mois après qu’André Rochat l’ait quitté. Son nom circulait encore dans les couloirs comme une sorte de légende nourrie par ceux qui avaient dans le terrain partagé ses missions. Si le personnage était controversé, c’est bien en raison de sa cacrure, de son charisme et de son intelligence, de sa flamboyance à  l’orientale. A la pouissance du fusil et du canon, André Rochat savait opposer avec succès celle de la foi désarmée et supérieure. Juste un drapeau de la Croix-Rouge brandi à  pied entre deux lignes de feu pour obtenir une trève. Et il l’obtenait.

    Il y avait des photographes et des cameramen, et cette sorte de Lawrence d’Arabie de l’humanitaire déplut à  Genève. Au Carlton, le Comité International se sentit trop petit pour cautionner plus longtemps un homme qui avait trop bien compris le privilège d’être leur délégué. Incarner un idéal et les lois qu’il a générées, se battre pour les faire appliquer au service des victimes, et le rapport à  Genève attendra – il y a plus urgent.

    En fait, André Rochat acquit dans l’action humanitaire une stature que ses patrons – le Comité International de la Croix-Rouge – furent incapables de gérer. Les têtes qui dépassent, ça fait désordre. C’est arrivé aussi à  d’autres qu’André Rochat,

    Si Robert Schwitzguebel – alias Henry Dunant – postulait aujoiurd’hui comme délégué du CICR, nul doute qu’il serait immédiatement rejeté.

  2. Bercher Yvonne dit :

    Cher Monsieur,

    Merci d’avoir pris la peine de publier la synthèse de votre extraordinaire travail. Ce dernier reflète à  la fois la puissance de l’idéal, dimension sacrée de l’humain, comme vous le relevez et donne d’inestimables renseignements sur ce monde arabe si fascinant. Quant aux rapports des êtres d’exception avec les corps constitués, c’est une vieille histoire, une histoire qu’il est bon de rappeler ! Je formule tous mes voeux pour que et ouvrage rayonne comme il doit le faire.
    Avec mes sentiments respectueux.
    Yvonne Bercher.

  3. Artho Monique dit :

    Je voir le film. Ich habe den Film gestern Sonntag, 28.06.09 in Zürich gesehen.
    Herr André Rochat ist klar ein Held für mich und für alle, die den Film gesehen haben.
    Er hat Lawrence von Arabien nachleben wollen. Er hat sogar noch mehr geleistet.
    Bravo und vielen Dank für den Film

    Monika Artho

  4. Dr Dietegen Allgà¶wer dit :

    Cher André,

    J’ai fait ta connaissance au Yemen en 1966,après l’époque de Uqd (hôpital), comme simple infirmier à  Najran et dans le terrain au Yemen ou on travaillait en petits équipes de 3 – 4 médics et ton soutien à  cet époque nous a toujours bien aidé! Tu nous as aidé et soutenu à  100%. GRAND MERCI André, tu était un des rares supérieurs du “siege”qui nous a soutenu dans n’importe quelle situation!

    Je ne t’oublierai jamais.

    J’ai lu ton livre, j’attends maintenant ton film!

    Bravo et j’espere que d’autres délégués du CICR vont suivre tes idéees!

    Bien à  Toi !
    Dietegen

    Dr. Dietegen Allgà¶wer
    14A, Av. Ernest-Pictet
    1203 Genève
    022/ 345 01 45
    allgower@vtx.ch

  5. Dr Dietegen Allgà¶wer dit :

    Comment s’appelle le film “Rochat au Jemen” ?

    Pourquoi on présente ce fim à  Zürich et pas (encore ?) à  Genève!?!?!?

    Merci pour feedback à 

    D.Allgà¶wer
    allgower@vtx.com

  6. vonlanthen michel dit :

    J’ai appris aujourd’hui, par un ancien du CICR, qu’André Rochat était décédé et qu’il avait écrit un livre. Je viens de le retrouver sur ce site.

    Je suis moi-même en train de mettre en forme un petit bouquin de photos et de textes sur la mission que j’ai faite au Yemen en 1968, sous les ordres d’André Rochat justement.

    Il y a quelques jours, mon fils a écouté une interview que j’avais donné à  la RSR à  l’occasion d’une journée sur le code morse. Il m’a ensuite téléphoné pour me dire que je ne lui avais jamais raconté cette partie de ma vie. Et c’est ce qui m’a décidé à  mettre mon journal et les photos de l’époque du CICR (j’y ai ensuite travaillé quelques années) sur papier afin que mes enfants puissent connaître un peu mieux cette partie-là  de la vie de leurs parents, très jeunes alors.

    Le présent rejoint le passé pour moi. Et l’idéalisme à  la réalité…

    Amitiés à  tous ceux qui ont, comme moi, quitté leur confort pour tenter de rendre le monde un peu moins injuste.

    Michel Vonlanthen

  7. Eberhard Urs Marc dit :

    Kürzlich bin ich im Fernse-hen erneut dem ergreifenden Film von und über André Rochat begegnet. Als administrativen Leiter des Lazaretts in Uqd 1965 hat mich die einzigartige Mis-sion wie alle andern Equipen-Mitglieder geprà¤gt. Wir haben André Rochat erlebt, wie er war und wirkte. Unsere Equipe kommt seit 1965 periodisch zu Treffen zusammen. Den wunderbaren Film müssen wir an unserer nà¤chsten Zusammenkunft unbedingt zusammen sehen und erleben.

Copyright

© 2005-2018. Tous droits de reproduction et de diffusion réservés. Aucun type de reproduction autorisé sans accord préalable. Association Observatoire culturel. Les opinions exprimées dans les articles n’engagent que leurs auteurs.