Monotype, sculpture et mystère : Tito Honegger en vitrine

Tito Honegger, Improvisation 1, 2026. Photo : Claude-Hubert Tatot.

Dans le huis clos de la vitrine de Halle Nord, Tito Honegger déploie en trois œuvres la diversité de sa pratique. Au mur, une  grande composition en gris, noir et blanc. Ce réseau de lignes sinueuses qui se croisent, est à la fois abstraite faisant grille souple ou filet mais aussi redevable de l’observation d’enchevêtrement de branches. C’est un monotype, tracé au doigt dans de l’encre fraiche sur une plaque de verre avant d’être imprimé sur de fines feuilles de papier de soie. Tito Honegger travaille cette technique aussi picturale que relevant du dessin depuis ses débuts. Il en existe de plus abstraits, de plus géométriques, de plus paysagers. D’autres encore sont des hommages à de grands maîtres du passé.

Devant cette grande estampe à tirage unique sont posées deux sculptures. L’une, blanche en forme de souche fait socle à une autre en céramique plus difficile à identifier : Ellipsoïde bleu irisé, sur piédouche porté par des pattes de griffon. Pour qui connais l’œuvre de Tito Honegger, la souche fait penser à ses arbres, aussi fait de la même matière à la surface d’un blanc de papier satiné. La céramique s’inscrit dans la famille des objets qui peuvent aussi être du même blanc ou colorés, accrochés au mur ou posés au sol, abstraits comme des boules hérissées de quelques fils de fer ou plus figuratifs comme le sont ses patates.

Tito Honegger, Improvisation 1, 2026. Photo : Claude-Hubert Tatot.

Allusion sylvestre, objet précieux et mystérieux voilà de quoi se raconter des fables, là n’est pas tellement la question si ce n’est que souvent les œuvres de Tito Honegger ouvrent à l’imaginaire. Comme l’arbre ne doit pas cacher la forêt cet arrangement fait pour le lieu n’est qu’un focus à l’enseigne de la diversité. Impossible en si peu d’espace de dire tout un travail sans cesse renouvelé et qui se développe depuis des années.

La vitrine, comme celle des magasins n’est qu’une invitation à entrer, à découvrir ou revoir l’ensemble de l’œuvre. Internet en cela donne un large éventail. D’abord sur le site même de l’artiste, ensuite sur celui de documentation d’artistes ou encore sur ceux du fonds municipal d’art contemporain de Genève ou de Meyrin qui collectionnent ses oeuvres.

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