C’est un petit livre rouge, forcément politique tellement il est intime. Une très belle édition sans fioriture, extrêmement raffinée. Florence Vuilleumier dessine. Encres et aquarelles ponctuent chacune des parties de ce volume. Elle distille aussi les mots qui font image. Ils sont simples, se répètent parfois, se transforment un peu d’une ligne à l’autre, s’alignent en colonnes. Elle compose, précise mais pas précieuse. Il y a peu de mots. Certains même sont laissés au bon plaisir des lecteurs et lectrices, remplacés par un astérisque. Il y a ce que l’on lit, ce que l’on voit et tout ce que l’on en déduit. C’est chaud comme un corps avec quelques accès de fièvres. Elle susurre, ça suppure parfois, ça sent aussi. Ce n’est jamais gênant et pourtant toujours au plus près des sensations, à fleur de peau, ça palpite, ça frotte, c’est amusant, sérieusement écrit, joue de la langue et résonne.
C’est un livre de chevet à lire avant de s’endormir au chaud des draps pour quelques rêves sensuels ou venir se coller contre l’autre et à reprendre lors d’insomnies.
Claude-Hubert Tatot
Florence Vuilleumier, Droit au vertige, art&fiction, 2025.

