Yann Marussich – Cie Perceuse Productions Scènes

Réponses de Yann Marussich.

 

A1. Quelles sont vos attentes concernant une rencontre entre les acteurs et actrices des arts de la scène et Sami Kanaan, magistrat en charge de la culture en Ville de Genève ?

Un vrai débat constructif. Pas de langue de bois. Et surtout du bon sens. Ce qui manque cruellement.

A.2. Quelles sont vos 2 revendications prioritaires à faire valoir auprès de Sami Kanaan, magistrat en charge de la culture en Ville de Genève ?

Un lieu pour la pluridisciplinarité et un rayonnement international des théâtres de Genève. Pour l’instant les choix se font pour faire de Genève une ville culturelle provinciale « genevoiscentrée » alors qu’elle a les moyens de changer. Le théâtre de l’Usine a un rayonnement plus international que le Grutli tant en termes d’artistes que de réputation. La cave 12 et l’Usine ont plus de rayonnement  international que le festival de la Bâtie. Il y a un problème. Il y a disproportion entre les moyens fournis et le résultat.

A.3. Avez-vous des questions que vous aimeriez poser au magistrat afin de mieux comprendre le fonctionnement de son département concernant les arts de la scène ?

Ce n’est pas un problème de comprendre ou pas, c’est un problème de choix. Que veut on faire de Genève au niveau culturel ? la Batie s’occupe très mal de ses artistes locaux, peu sont soutenus, et surtout mal payés ce qui est une honte puisqu’ils reçoivent des sommes pour la production locale qu’ils utilisent pour d’autres postes.

A.4. Pouvez-vous lister 10 critères qui permettent le mieux de situer et valoriser votre travail (ex : nombre de créations à votre actif, d’années de travail, de dates ou de lieux de tournée, enjeux pédagogiques, de nombre d’employés de votre cie, etc.) ?

– 15 créations ces 4 dernières années, plus de 50 en tout
– Actif depuis 25 ans sur Genève en tant que créateur et acteur culturel (directeur de théâtre, programmateur)
– En moyenne entre 20 et 30 dates par ans et entre 5 et 10 pays par an.
– 2 ou 3 stages par an
– Des conférences régulières dans des universités, des écoles d’art et des festivals.
– 3 employés fixes. Et pour les créations 3 ou 4 employés supplémentaires.

A.5. Lorsque vous projetez de créer un nouveau projet, savez-vous déjà où vous pourrez le présenter à Genève? A l’étranger ? Avez-vous un rapport privilégié avec une structure genevoise ? Avez-vous un interlocuteur identifié pour le type de travail que vous réalisez ?

Je n’ai pas d’interlocuteur régulier et privilégié en terme de coproduction depuis que le GRU n’existe plus. Je fais beaucoup de projets. Mais il faut être lucide il n’y a plus de place pour des projets multidisciplinaires en dehors des festivals et des lieux alternatifs. Pour ma part, Antigel est un interlocuteur valable bien que les moyens investis

A.6. Quelle diffusion souhaitez-vous pour votre travail (périmètre géographique, type de lieu, type d’accueil, etc.) ?

Mon travail circule dans le monde entier. J’aime les lieux engagés et qui défendent une idée alternative de la culture. Et surtout des structures qui programment dans des délais à court terme. Plus de souplesse dans la programmation. Laisser des cases vides pour les coups de cœurs.

A.7. Quelle est selon vous le meilleur moyen d’atteindre votre objectif de diffusion ? Quel est selon vous le meilleur soutien pour vous aider à atteindre votre objectif de diffusion ?

Avoir une personne compétente pour la diffusion sur Genève.
Bien que des efforts soient fait en ce sens en terme de formation, il n’y a pas assez de compétence en matière de chargé de diffusion, surtout en danse et en performance. La plupart se tournent vers la France qui offre des personnes

A.8. Revendiquez-vous une esthétique définie ? Quels critères ou quels termes utilisez-vous pour définir l’esthétique de votre travail ?

Radicale.

A.9. Quels engagements souhaitez-vous que les structures prennent pour soutenir et développer au mieux les arts de la scène ? (Développer un public ? assurer la diffusion du projet ? formation continue ? insertion professionnelle ? production des projets ? coproduction ? production déléguée ? autre ?)

Une plus grande clarté financière. Développer un public varié.

Les théâtres manquent de moyens pour faire de la vraie production et de la diffusion de leurs artistes. Les artistes aussi manquent de bons diffuseurs. La diffusion est un vrai problème. Je n’ai pas de solution.

A.10. Souhaitez-vous qu’il existe une ou plusieurs sources de financement publiques pour vos créations (situation actuelle ou une nouvelle répartition) ?

Au niveau de la Ville de Genève, je n’ai pas à me plaindre, j’ai une convention avec la Ville de Genève. J’ai des aides conséquentes de Pro Helvetia pour mes tournées à l’étranger et des aides très ponctuelles du DIP.

Yann Marussich. 28 août 2014.

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