Qu’attend le milieu professionnel d’une rencontre avec Sami Kanaan ?

Quelles sont vos attentes concernant une rencontre entre les acteurs et actrices des arts de la scène et Sami Kanaan, magistrat en charge de la culture en Ville de Genève ?

Ce récapitulatif est réalisé à partir des réponses aux questionnaires publiées sur le site. Mise à jour: 21 septembre 2014.

 

Attentes des directions de lieux

Collectif. Eric Jeanmonod, Corinne Müller, Rossella Riccaboni, Sandro Rossetti. Théâtre du Loup.
Avoir une synthèse de la part de Mr Kanaan à la suite de cette série de rencontres théâtrales. Etre informés des changements découlant de ces rencontres (s’il y en a) et des attentes du département vis-à-vis des lieux culturels.

La Comédie de Genève
Un discours rassembleur pour tous les acteurs de la scène et des propositions pour clarifier sa politique culturelle.

Théâtre du Galpon
La convivialité, la franchise et la clarté !

L’ADC (Claude Ratzé, Nicole Simon-Vermot, Anne Davier)
Nous souhaiterions entendre la formulation ou reformulation si c’est le cas de la politique culturelle de la Ville de Genève. Nous souhaiterions également entendre le magistrat s’exprimer sur la question des moyens financiers, de leur évolution passée et à venir.
« Les Rencontres théâtrales 2012 – 2013 » ont eu lieu, puis se sont transformées en « Rencontre avec les arts de la scène ». Nous souhaiterions également prendre connaissance des conséquences des rencontres théâtrales 12-13 en terme de politique culturelle sur le théâtre à proprement parler.
Nous aimerions débattre avec le magistrat sur les conséquences de la nouvelle gestion administrative liée à l’octroi des subventions, qui s’est considérablement alourdie, alourdissant par conséquent le travail administratif des associations comme la nôtre, ce qui a comme premier dommage d’appauvrir la qualité des échanges et du dialogue avec la Ville.

Anne Brüschweiler, directrice du Théâtre Forum Meyrin.
J’attends qu’il énonce de manière précise et sincère ses engagements en matière de politique des arts de la scène pour les 5 ans à venir, notamment pour ce qui concerne la création de nouvelles scènes (pour quelles disciplines ?) et la mise à niveau d’équipements vieillissants (plateaux trop exigus, matériel technique obsolètes, etc.).
J’aimerais entendre aussi Sami Kanaan sur le poids qu’il compte donner au futur Conseil consultatif de la culture.

Frédéric Polier, directeur. Théâtre du Grütli.
L’ouverture d’un dialogue propice à l’élaboration d’une politique culturelle genevoise concertée.

Laurence Wagner, programmatrice. Théâtre de l’Usine.
Une discussion autour des soutiens attribués par la ville à la création contemporaine. Quelle valorisation ? Que pense faire la ville pour pallier au manque d’espaces ? Au TU nous n’avons pas de salle de répétition digne de ce nom, à quand une solution ? Le problème est reporté d’années en années et nous voulons pouvoir donner un espace professionnel aux artistes qui viennent créer chez nous.

Patrick de Rham, directeur. Les Urbaines. Lausanne.
Je pense que ce n’est souvent pas dans ce style de grandes rencontres que les idées éclosent, ce sont par contre des rendez-vous importants pour la communication aux médias. En ce qui concerne le type de politique culturelle menée, il appartient au délégué culturel de prendre des décisions courageuses qui découlent de ses contacts réguliers avec les acteurs culturels, le public, sa connaissance des scènes internationales etc… Ces décisions n’iront pas forcément dans le sens des revendications des acteurs culturels. En ce qui concerne les arts de la scène à Genève, une politique plus audacieuse me parait à envisager – la singularité et la cohérence d’une politique culturelle étant une des clés de l’identité visible d’une ville (cf Amsterdam, Bruxelles, Berlin, Zürich…)

Guy Jutard, directeur. Théâtre des Marionnettes.
En tant que directeur d’un lieu institutionnel, j’ai l’habitude de m’adresser au correspondant du DCS en charge du théâtre, qui met en application la politique du magistrat. En l’état actuel de l’encadrement de nos activités (convention quadriennale) je ne suis pas certain de la nécessité d’une rencontre collective. De plus étant sur le départ…

 

Attentes des Artistes

Yan Duyvendak et Nataly Sugnaux Hernandez Association Dreams Come True / Cie Yan Duyvendak
– Quel est le plan de campagne spécifique du département pour les arts vivants pluridisciplinaires ? A court, et à long terme ? Quelle est la politique culturelle de la ville de Genève ? Ses buts et les stratégies mises en place ?
Plus spécifiquement : qu’entends-tu faire pour assurer un accès possible à des lieux à même de recevoir des propositions pluridisciplinaires (donc explicitement les white et black box du théâtre du Grütli, ou un nouveau lieu)
– Dans ton papier du 25 février 2013 Diffuser, exporter, rayonner ? Coopérer ! tu parles du soutien à la diffusion du travail des artistes de la région et de leur rayonnement. Mais qu’en est-il spécifiquement ?
– Qu’entends-tu faire pour remettre Genève à la hauteur du rayonnement international de ses théâtres, rayonnement qui est actuellement exclusivement occupé par Lausanne, avec l’Arsenic et le théâtre de Vidy et leurs directions intelligentes et complémentaires ?

Jérôme Richer, responsable artistique de la Compagnie des Ombres
Que cette rencontre soit véritablement suivie d’effets et pas simplement un moment de démocratie sans lendemain. Que les discussions puissent dégager des principes sur lesquels le plus grand nombre s’entendent. Que ce ne soit pas comme trop souvent dans ce type de rencontre un réceptacle de plaintes.

Guilherme Botelho. Cie Alias.
Une discussion claire et sans langue de bois, suivie d’un courage politique pour concrétiser les idées.

Dorian Rossel. Cie STT
Une exposition claire des différents axes qu’il entend défendre. L’argumentation de ses priorités. Le calendrier et les moyens qu’il se donne pour y parvenir.

Zoé Cadotsch et Julien Basler – Les fondateurs.
Nous aimerions que des réponses concrètes puissent être données concernant le manque de lieux de répétitions et de représentations dédiés à la création expérimentale à Genève.

Serge Martin. Théâtre Ecart.
L’échange repose sur des sujets collectifs. Aux artistes de dégager des initiatives comme le font les directions de théâtre ou la Ville de Genève.

Dominique Ziegler. Cie Les Associés de l’Ombre.
Les mêmes que celles de mes collègues : que le magistrat tienne compte des suggestions, des interrogations et des revendications portées à sa connaissance, qu’il en tire des conclusions qui aillent dans l’intérêt de la profession, comme dans celui du public et qu’il les applique avec conviction. Qu’il fasse de la solidarité avec les artistes indépendants le phare de son action.
Qu’il ait une ambition pour les arts de la scène qui soit déterminée par la consolidation du lien entre ces arts et le peuple. Qu’il ne se laisse pas trop impressionner ou terroriser par le clinquant et les snobismes divers, mais qu’il mesure l’utilité des arts de la scène à leur impact sur les gens, à leur capacité à produire le débat, à leur capacité à faire bouger les consciences, à leur capacité à susciter le plaisir.
Qu’il s’inscrive dans la lignée de Jean Vilar et de Malraux, plutôt que dans celle de Filippetti !

Maya Boesch. Cie sturmfrei.
Je m’attends à ce que le magistrat formule son projet artistique et culturel pour Genève. Et ceci pour la période qui va conclure son premier mandat de quatre ans et au cours duquel le magistrat a déjà entrepris plusieurs décisions significatives, ainsi que, dans un souci de projection, pour la période qui fera suite à sa probable ré-élection.

Evelyne Castellino. Cie 100% Acrylique.
Connaître les priorités de la Ville de Genève. (création, diffusion, reprise, encourager les projets qui osent une grande distribution, ) donc définir les priorités, c’est définir un projet culturel à long terme.

Gabriel Alvarez. Studio d’Action théâtrale.
Mon attente principale est d’entendre M. Kanaan s’exprimer sur les orientations qu’il veut continuer à donner aux arts de la scène.
S’inscrivent-elles dans une politique, comme a été le cas jusqu’à maintenant, de la diversité ? (Cette diversité qui a été la base historique, ces dernières 20-25 années, de la politique culturelle de Genève et qui a permis construire et développer la création, les arts vivants et l’apparition des nouveaux lieux.) 
Cette diversité, c’est bien connu, ce manifeste par une offre culturelle et une pratique artistique pléthoriques.
Ou au contraire allons-nous vers une politique dite du prestige ! C’est-à-dire une Genève préoccupée pour importer, attirer des « pointures » qui fassent parler dans les médias de la ville et peut-être qui contribuent à augmenter les recettes de la commune en termes touristiques ou autres. Une telle politique, nous le savon par l’expérience vécu par d’autres villes suisses, demande de la concentration de moyens ! La réduction de l’offre créative ! La rationalisation des lieux ! (Il serait pertinent d’analyser en profondeur des cas comme celui de Bejart et le développement du tissu de la danse à Lausanne)

Myriam Boucris, pour la compagnie Tohu Wa Bohu.
Nos attentes concernent essentiellement la capacité de notre milieu professionnel à aller vers un tout autre public, en élaborant à cet effet de nouveaux dispositifs. Pour mener cela à bien les compagnies et les institutions culturelles ont besoin de nouveaux outils, elles ont également besoin d’autres modes de faire et cela se construit avec les responsables politiques en place.

Deirdre Foster, directrice de compagnie et initiatrice de la Plateforme Suisse du conte/Swisstales
En tant que conteuse, directrice de compagnie et initiatrice de la Plateforme Suisse du conte/Swisstales, active depuis 20 ans à Genève
J’aimerais pouvoir trouver des moyens de valorisation de ce patrimoine oral.

FARS, Fédération des arts de la rue en Suisse. Neuchâtel.
On espère avoir la chance d’être entendus, rencontrés, découverts et si possible pouvoir développer une vraie collaboration à l’avenir en ce qui concerne les arts en espaces urbains.

Cie 7273 Laurence Yadi et Nicolas Cantillon, chorégraphes
Un rapport de confiance et avoir pour interlocuteurs des spécialistes, des personnes qui connaissent le milieu de la danse contemporaine et ses problématiques non seulement à Genève mais sur le plan national pour un rapport d’échange professionnel.

José Lillo, comédien et metteur en scène.
Que les acteurs et actrices des arts de la scène parviennent à formuler des propositions concrètes qui tiennent compte de l’ensemble des forces en présence et qui constituent un progrès réel pour tous en ne s’appuyant pas sur de supposés antagonismes entre artistes.

Sarah Marcuse. Cie La Fourmilière.
Je souhaite mieux comprendre l’implication et la position de notre magistrat ainsi que la température générale des artistes Suisses romands.

Yann Marussich. Perceuse Productions Scènes.
Un vrai débat constructif. Pas de langue de bois. Et surtout du bon sens. Ce qui manque cruellement.

Karelle Ménine, cie Fatras Production.
Établir un dialogue en écoute de chacun. Il ne doit pas y avoir, à Genève ou ailleurs, d’un côté le théâtre contemporain et de l’autre celui qui serait dit plus « classique ». Il doit y avoir un théâtre exigeant avec une ligne singulière. L’un tirera l’autre vers le haut. Le théâtre pour le théâtre n’a aucun intérêt… Il a sans cesse à casser ses codes, ses moules, ses axes sans quoi il devient un divertissement comme un autre. Une ville telle que Genève peut soutenir un tel projet… Elle doit accepter de bousculer, de faire peur, de surprendre… Jean Vilar disait qu’il ne fallait pas avoir un public qui s’applaudit lui-même… Lorsque le public s’habitue, il s’applaudit. Le théâtre doit offrir de la « dispute »… Genève a tout à gagner à donner rendez-vous à cet endroit.

Jacqueline Ricciardi. Comédienne.
La définition d’une politique culturelle reste en effet, personnellement, un concept un peu flou. Il serait appréciable d’en définir les contours.

 

La concertation se poursuit :
Nous recommandons aux artistes  et aux lieux qui ne se sont pas encore manifestés de le faire très rapidement en répondant à un questionnaire ou en envoyant leurs remarques à :
coordination@geneveactive.ch
Jacques Magnol et Myriam Kridi.

Voir :
– document à l’intention des directions de lieux (format Word ou PDF )
– document à l’intention des artistes et des compagnies (format Word ou PDF)

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Un commentaire pour “Qu’attend le milieu professionnel d’une rencontre avec Sami Kanaan ?
  1. Serge Martin dit :

    Aux artistes

    DEJOUER, PAS JOUER

    Bien sûr, on attend des mesures concrètes plus que des paroles tant de fois renouvelées. Mais il y va d’un fond que nous n’évoquons plus qu’en privé et encore !

    On s’inquiète depuis plusieurs années de « la culture en danger ». Les objectifs et critères de « l’entreprise », sa rentabilité surtout, influencent et quelquefois remplacent le projet artistique. En ce qui nous concerne, il en va donc de la survie des métiers de la scène telle que les artistes la conçoivent. Et ce n’est pas la crise avec son mouvement « peau de chagrin » qui explique le fond, beaucoup plus important : l’effacement du risque artistique.

    On peut s’interroger ainsi : qu’est-ce qui fait bouger nos représentations du monde ? Dans la mesure où il doit s’améliorer. Cette question implique pour nous le « comment écrire pour la scène », que ce soit textuellement ou pas. Que veut dire aujourd’hui écrire pour la scène ? Et ensuite comment diffuser ce que nous « écrivons » ? Car si l’on affirme que le spectacle vivant devrait pénétrer toutes les couches de la société, nous sommes devant un travail de titan. Et si les arts de la scène se veulent un îlot résistant, quelle est la relation des créateurs aux différents pouvoirs ? Finalement, c’est la place que la société donne à la création qui est interrogée.

    La récupération du système a toujours eu le dernier mot, plus forte que le bénévolat de la jeunesse qui s’épuise un jour et n’est pas toujours relayé. Nous devons être plus rebelles dans nos actes, ce qui veut dire pour moi, ne pas savoir où nous mènera l’émancipation qu’est la création, se projeter dans l’impensable et accepter la possibilité de se perdre. Ou encore, défendre le risque que nous prenons à vouloir créer.

    On parle d’échec de la démocratisation culturelle remplacée par la culture télévisuelle. Oui, nous contrecarrons une culture facile, nous opposons des démarches artistiques au rouleau compresseur de la couleur unique.
    Nous qui sommes avec les spectateurs pour leur jouer leur vie et une autre, inutile de le faire face aux forces économiques et aux extrémismes. Il nous faut au contraire déjouer les formules et processus qui limitent l’horizon artistique. Déjouer, pas jouer !

    C’est cette éthique que nous devons partager avec le magistrat à qui l’on doit demander de la faire exister dans le champ politique.

Actu
Pour sa quatorzième édition PREMIO – le prix d’encouragement pour les arts de la scène - recherche de nouveau de jeunes artistes professionnels qui ont un projet de création en Suisse. Suite

« Il a fait des propositions »

Bertolt Brecht qui avait contribué à définir la politique culturelle de son pays souhaitait que son épitaphe soit ainsi rédigée « Il a fait des propositions».

 

« Il faut partir des expériences du terrain et prendre la culture participative comme levier d’une politique culturelle repensée. » Fleur Pellerin, ministre de la Culture, 20 octobre 2014 à France culture.

 

"Et tant pis pour les gens fatigués." Jacques Rancière.