Natacha Jaquerod, scénographe

Natacha Jaquerod, scénographe. Réponse Questionnaire artiste.

Souhaitez-vous qu’il existe une ou plusieurs sources de financement publiques pour vos créations (situation actuelle ou une nouvelle répartition) ?

Travaillant comme scénographe, je ne rentre pas vraiment dans le cadre de votre questionnaire artiste. Toutefois, la dernière question attire toute mon attention.

Je suis un peu étonnée de la formulation. Pour ma part, il me semble qu’il faudrait  y répondre en tant que citoyen-n-e, au sens large, et non en tant que potentiel bénéficiaire pour un projet en particulier.

Le soutien financier public n’est-il pas destiné à la collectivité ? Permettre l’accès à une offre culturelle, artistique ?

Je souhaite, pour notre cité et notre région, une continuité de la politique culturelle visant une diversité de l’offre artistique. C’est une richesse.

Depuis environ 30 ans, je vais voir des spectacles dans les différents théâtres genevois – institutions, petits théâtres – . Comme spectatrice, je suis sensible à la pluralité de l’offre. Et je crois que nous sommes nombreux à Genève à l’apprécier. Il me semble qu’il y a ici une grande curiosité et une passion pour les arts de la scène et je m’en réjouis.

Je vais maintenant répondre du point du vue « professionnel ». Vous faites sans doute allusion aux lignes « ponctuelles » des collectivités publiques (notamment de la Ville de Genève et du Canton de Genève).

Chaque entité définit des critères selon sa politique (ou mission) envers la création artistique. Ces critères peuvent se recouper, se compléter ou se différencier. Quel est le champ d’action de chaque instance ? Ce sont des questions passionnantes qu’il ne faudrait surtout pas simplifier par un discours comptable au moment d’établir les budgets (des communes ou du Canton) et surtout au moment de les voter.

Vous employez le mot « sources de financement publiques». Une source ou plusieurs sources, telle est la question ? J’y réfléchis depuis longtemps car depuis longtemps elle revient sur la table. Je l’ai tournée dans tous les sens, mais finalement je crois que si l’on défend la diversité, il est préférable de pouvoir compter sur plusieurs sources.

Pour plusieurs raisons :

S’il y a une source, et une année sans pluie, la source est tarie, ou à demi.

Une seule source de financement publique voudrait dire également que la répartition des subventions, entre les différents projets déposés, soit confiée qu’à une seule commission d’attribution. Ou il faudrait alors inventer un tout autre fonctionnement.

Avec une seule commission, le risque est grand de réduire la diversité des choix et des projets. Des projets de spectacles qui ne répondraient pas aux critères définis par cette seule instance ne pourraient simplement ne plus voir le jour.

D’une manière générale, le soutien public à la création (hors institution et institution) s’est construit au fil du temps. Aujourd’hui, on bénéficie aussi des fruits de l’engagement de nombreux artistes qui ont initié et créé des lieux et des projets. Et du soutien des collectivités publiques.

Le contexte difficile des finances publiques risque de poser des problèmes pour le soutien à la culture prochainement.

Le plus important pour moi est de créer des conditions-cadres propices à la création et au soutien de la diversité de l’offre culturelle.

La situation actuelle pourrait être améliorée. Oui.

Le problème du manque d’argent ne peut se résoudre que par une seule manière : en augmentant les subventions.

C’est tout de même difficile de répondre à votre question. Nous connaissons la situation actuelle mais rien de concret n’est précisé quant à une hypothétique nouvelle situation.

Quel serait le modèle d’une « nouvelle répartition » ?

Est-ce un projet en réflexion au sein des autorités en charge de la culture ? du Département de la culture et du sport de la Ville de Genève ?

Est-ce que cette question va être à l’ordre du jour de la Rencontre le 29 septembre ?

Publié dans Arts de la scène, Réponses des artistes et des compagnies
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