La Comédie de Genève

Réponses de La Comédie de Genève. Directeur : Hervé Loichemol.

Convention de subventionnement.

 

L.1. Quelles sont vos attentes concernant une rencontre entre les acteurs et actrices des arts de la scène et Sami Kanaan, magistrat en charge de la culture en Ville de Genève ?

Un discours rassembleur pour tous les acteurs de la scène et des propositions pour clarifier sa politique culturelle.

L.2. Quelle est ou quelles sont la ou les missions prioritaires de votre lieu ?

La Comédie est une institution vouée prioritairement à la création théâtrale / qui porte une attention particulière aux artistes de la région / établit des partenariats avec d’autres institutions culturelles et les hautes écoles d’art / développe des activités publiques ouvertes sur la cité / doit faire partager l’art dramatique au public le plus large possible.

L.3. Qu’est-ce qui pourrait être selon vous fixé dans le cahier des charges de votre lieu (mission du lieu)?

Il y a deux documents complémentaires :

  • la Convention de subventionnement qui lie l’État, la Ville et la FAD et qui définit la mission de la FAD : assurer l’exploitation des théâtres qui lui sont confiés, en y organisant principalement des représentations d’art dramatique. Elle vise à faciliter l’accès du plus large public à des spectacles de qualité. Elle veille en outre à ce que les artistes résidant en Suisse romande fassent l’objet d’une attention particulière. Elle garantit la liberté artistique du directeur dans le cadre du projet artistique présenté par lui et validé par elle.
  • Le cahier des charges du directeur général dans lequel sont fixées un certain nombre de missions et de responsabilités : l’emploi, l’équilibre entre productions et accueils, le budget, les finances, l’équipe… Le directeur général doit respecter un calendrier, des règles budgétaires et administratives, des procédures et il est soumis à des contrôles réguliers pendant l’année.

Il semble que le cadre ainsi constitué est suffisamment précis pour ne pas rajouter de nouvelles contraintes.

L.4. Qu’est-ce qui relève du projet artistique de la direction (choix artistiques) ?

Articuler le travail sur le répertoire avec l’exploration de nouvelles écritures.

L.5. Quel est le mode de gouvernance de votre structure (comment les décisions sont-elles prises : collectif, direction)? Quelle est la durée du mandat de direction de votre structure?

Il faut préciser deux niveaux distincts: la supervision assurée par la Fondation d’art dramatique (FAD) et la direction du théâtre. La FAD est une fondation d’intérêt public qui assure l’interface avec les bailleurs de fonds (Ville et Etat) et nomme la direction. Il s’agit d’une micro-gouvernance de l’organisme public en question qui agit comme autorité de tutelle. Ensuite il y a le directeur général, qui est responsable de la gestion et de la programmation du théâtre. Il est nommé pour 4 ans + prolongation à négocier au coup par coup (max. 10 ans).

L.6. Combien de spectacles accueillez-vous en moyenne par saison ? Ce choix relève-t-il d’une décision interne ou est-il régi par une convention avec un partenaire extérieur ?

Entre 10 et 15. Il s’agit à chaque fois d’une décision interne.

L.7. Un rapport proportionnel entre accueils et de créations a-t-il été défini (décidé par vous ou par une convention avec un partenaire extérieur)?

Oui. Les accueils ne doivent pas excéder les créations (production ou coproductions). Cela figure dans le cahier des charges du directeur général.

L.8. Un rapport proportionnel de travail avec des cies locales et des cies d’autres cantons ou étrangères (décidées par vous ou par une convention avec un partenaire extérieur)?

Négatif. Rien n’est mentionné à ce sujet.

L.9. Comment définissez-vous une compagnie locale, étrangère ?

Une compagnie dont l’artiste responsable est installée en suisse romande, dont l’équipe est majoritairement composée d’artistes locaux et dont le travail est régulièrement présenté en suisse romande.

L.10. Avez-vous des proportions de spectacles selon les disciplines artistiques ? Si ce n’est pas déjà le cas, prévoyez-vous d’accueillir de la danse et des projets pluridisciplinaires ?

La Comédie a pour mission de présenter de l’art dramatique. Elle peut présenter d’autres disciplines, mais dans une mesure raisonnable. La Comédie a présenté ces dernières saisons :

  • de la musique : récitals réguliers de lieder et accueil de Geneva Camerata.
  • de la danse : Noémi Lapzezon, Jan Fabre, La Ribot dans le cadre de La Bâtie et prochainement Christian Rizzo.
  • du lyrique : Michael Jarrell et Olivier Py.
  • un spectacle pluridisciplinaire : Arpad Shilling.

Par ailleurs, les limites techniques du plateau de la Comédie nous ont empêchés d’accueillir des spectacles de Jean-Claude Gallotta et de Sacha Waltz.

L.11. Quels montants attribuez-vous aux cies présentées ? Avez-vous des règles définies ou décidez-vous en fonction de chaque projet?

La décision se fait en fonction du projet, saison après saison. Heureusement, il n’y a pas de quota.

L.12. Comptez-vous les montants accordés aux cies par les collectivités publiques dans le budget global de votre structure ?

Un règlement interne de la Ville de Genève interdit aux compagnies programmées à la Comédie de recevoir un « double subventionnement » de la part des autorités (ligne budget théâtre indépendant). Donc cette situation ne peut pas avoir lieu.

L.13. Avez-vous une grille salariale  – concernant votre équipe – concernant les cies que vous présentez ?

Un barème de salaire existe à la FAD pour le personnel fixe. Par ailleurs, la CCT fait référence en matière de salaire pour les artistes engagés directement par la Comédie. Lorsque la Comédie coproduit un spectacle avec une compagnie, si celle-ci engage les artistes, la Comédie s’assure que le salaire minimum de la CCT est respecté et que les assurances sociales des employés sont réglées conformément à la loi.

L.14. Quelles propositions de mesures avez-vous mis en place concernant la culture que vous désirez partager (ex. théâtre à midi, théâtre hors les murs, etc.) ?

  • Production de spectacles légers et souples pouvant tourner dans l’agglomération en s’adaptant à toutes les formes d’infrastructure.
  • Ouverture de deux studios permettant la présentation de spectacles de différents formats à des horaires différenciés et complémentaires.
  • Programmation musicale
  • Participation au Festival d’Ateliers théâtre
  • Atelier théâtre de Chêne Bougerie
  • Création d’un Festival de théâtre universitaire
  • Travail engagé depuis un an à Gaza avec deux universités et le Centre culturel français de Gaza.

L.15. Qu’est-ce qui peut être amélioré pour développer la diffusion et quels critères établir ?

Des soutiens financiers spécifiques, sans pour autant permettre un dumping sur les prix de cession des productions. Sinon, il faut produire de bons spectacles.

L.16. Quel type de relation souhaiteriez-vous avoir avec la Ville de Genève ? Sous quelle forme souhaitez-vous que le dialogue ait lieu ?

Une relation harmonieuse, favorisant la gestion déléguée, et non concurrente avec la « Ville productrice d’événements ». Mais à la Comédie, la relation se réalise à travers la FAD, puisque la Ville y est très bien représentée.

Ce lien direct avec l’administration culturelle municipale est très pratique lorsqu’il faut bénéficier de son rôle de facilitateur. A l’inverse, lorsque la Ville soutient elle-même des projets artistiques, ses choix de politique culturelle ajoutés à son droit de regard dans la gouvernance du théâtre pourraient  interagir directement sur les intentions de programmation de la direction, avec le risque de réduire sa liberté de choix artistique. Que la Ville soit représentée dans l’interface structurelle (la fondation) est légitime et permet un dialogue. Pour l’avenir, il faudrait réfléchir comment représenter la Ville (et l’Etat) de la manière la plus efficiente au sein d’une institution théâtrale ?

La Comédie de Genève.

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