Dorian Rossel – Cie STT

Dorian Rossel / Cie STT. Convention de subventionnement.

A1. Quelles sont vos attentes concernant une rencontre entre les acteurs et actrices des arts de la scène et Sami Kanaan, magistrat en charge de la culture en Ville de Genève ?

Une exposition claire des différents axes qu’il entend défendre. L’argumentation de ses priorités. Le calendrier et les moyens qu’il se donne pour y parvenir.

A.2. Quelles sont vos 2 revendications prioritaires à faire valoir auprès de Sami Kanaan, magistrat en charge de la culture en Ville de Genève ?

Je pourrais reprendre mot pour mot les revendications de Karelle Ménine ainsi que celles des Fondateurs ( Zoé Cadotsch et Julien Basler ).

A.3. Avez-vous des questions que vous aimeriez poser au magistrat afin de mieux comprendre le fonctionnement de son département concernant les arts de la scène ?

– Ne pensez-vous pas que des tournus aux postes décisionnels les rendraient plus dynamiques (maximum 10 ans) ?

A.4. Pouvez-vous lister 10 critères qui permettent le mieux de situer et valoriser votre travail (ex : nombre de créations à votre actif, d’années de travail, de dates ou de lieux de tournée, enjeux pédagogiques, de nombre d’employés de votre cie, etc.) ?

Actif en Suisse romande depuis 15 ans.
D’abord avec le Collectif Demain on change de nom : 14 créations entre danse, performance et théâtre.
Depuis 2004 avec la Cie STT, Super Trop Top : 15 productions théâtrales + 7 performances ou installations. Mais aussi des créations et activités pédagogiques : « L’avare » qui se joue dans les classes de Suisse romande depuis 2012.
Depuis 2010, la plupart des créations sont coproduites par d’importantes structures françaises (Reims, Bonlieu, Perpignan, LU Nantes, Le Creusot,… ) et régulièrement reprises en tournée principalement en France.
Cette année, nos diverses activités ont permis d’engager 75 personnes (60 personnes salariées et 15 autres collaborateurs par mandats ponctuels).

A.5. Lorsque vous projetez de créer un nouveau projet, savez-vous déjà où vous pourrez le présenter à Genève? A l’étranger ? Avez-vous un rapport privilégié avec une structure genevoise ? Avez-vous un interlocuteur identifié pour le type de travail que vous réalisez ?

Après avoir régulièrement travaillé avec le Théâtre de l’Usine et l’Arsenic Lausanne, la Cie devient « associée » à La Comédie de Genève (Anne Bisang) puis au Théâtre de Vidy- Lausanne (René Gonzalez). Aujourd’hui, c’est au Théâtre Forum Meyrin (Anne Brüschweiler) que nous sommes « Cie associée ».
A Genève, nous avons des fidélités aussi avec la Bâtie et le Théâtre du Loup.
En Suisse Romande avec Bienne, TPR, L’Arsenic, Monthey, Neuchâtel, Nuithonie.
En France avec Annecy, Perpignan, Le Monfort Paris, Grenoble, Le Creusot…

A.6. Quelle diffusion souhaitez-vous pour votre travail (périmètre géographique, type de lieu, type d’accueil, etc.) ?

Je souhaite poursuivre le développement de notre réseau sur le territoire francophone en incluant la France, la Belgique, le Canada et les DOM-TOM.  Mais aussi « transmettre » certaines créations à des troupes d’autres régions linguistiques et d’autres pays, faire des RE-création avec eux.

Dans certains lieux, je souhaite trouver des séries de représentations de plus longue durée. En tournée, à part à Paris, nous sommes rarement plus de 2 jours au même endroit.

Je souhaiterais que la Suisse romande prenne un lieu en AVIGNON et y « programme » une sélection de spectacles romands ( théâtre, danse, conte, perfo… ). La personne en charge de la programmation devrait non pas respecter des quotas mais choisir les spectacles susceptibles de pouvoir tourner en Francophonie. En prenant exemple sur ce qu’a fait la région Champagne-Ardennes avec la Caserne des pompiers ou la Belgique avec le théâtre des Doms. Avignon reste un rendez-vous majeur et une vitrine.

A.7. Quelle est selon vous le meilleur moyen d’atteindre votre objectif de diffusion ? Quel est selon vous le meilleur soutien pour vous aider à atteindre votre objectif de diffusion ?

Faire de bons spectacles. Avoir un budget alloué à la diffusion, car c’est un travail de longue haleine et qui ne s’improvise pas.
Mais aussi par exemple :
– que les festivals se dotent de pôle d’accueil des programmateurs (qu’ils soient vraiment invités et accompagnés et qu’ils aient ainsi envie de venir).
– encourager les reprises et cela dans les festivals et les théâtres (tout au long de la saison). Ainsi donner une seconde chance à certains spectacles romands.
– Créer des espaces de stockage de décors et (encore une fois) de répétitions.

A.8. Revendiquez-vous une esthétique définie ? Quels critères ou quels termes utilisez-vous pour définir l’esthétique de votre travail ?

L’envie est toujours de développer un théâtre accessible, direct mais exigeant, singulier et contemporain. La particularité des mises en scène de la Cie STT réside dans le fait qu’elles ne se construisent pas toujours autour d’un texte ou d’une pièce du répertoire théâtral, mais à partir d’une problématique contemporaine avec la volonté de parler de notre époque et de l’expérience que les individus en font. Au cours de l’élaboration dramaturgique et tout au long du processus de création, il s’agit de ne jamais se baser sur des présupposés théâtraux ou scéniques. Je souhaite affirmer le caractère empirique du théâtre. Je réunis non pas des interprètes, mais une équipe de créateurs. Ensemble on chemine dans l’approche de la problématique globale, l’imprégnation d’une langue et la construction (ou transposition) vers une écriture scénique. Nous voulons créer des «œuvres ouvertes», polysémiques, où le sens n’est pas arrêté une fois pour toute et figé dans des balises uniformément intelligibles.

A.9. Quels engagements souhaitez-vous que les structures prennent pour soutenir et développer au mieux les arts de la scène ? (Développer un public ? assurer la diffusion du projet ? formation continue ? insertion professionnelle ? production des projets ? coproduction ? production déléguée ? autre ?)

Qu’ils soient des producteurs qui défendent les œuvres et les artistes en amont et en aval des créations.

A. 10. Souhaitez-vous qu’il existe une ou plusieurs sources de financement publiques pour vos créations (situation actuelle ou une nouvelle répartition) ?

La pluralité des sources de financement me semble une bonne chose, et la situation actuelle assez juste.
Les conventionnements sont bien sûr un grand soulagement et aident franchement pour travailler dans la durée et pour diversifier ses activités et organiser les différentes missions (médiation, production et diffusion).

Dorian Rossel / Cie STT. 15 septembre 2014.

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