Association pour la danse contemporaine (ADC) Genève

Réponses de L’ADC (Claude Ratzé, Nicole Simon-Vermot, Anne Davier)

L.1. Quelles sont vos attentes concernant une rencontre entre les acteurs et actrices des arts de la scène et Sami Kanaan, magistrat en charge de la culture en Ville de Genève ?

Nous souhaiterions entendre la formulation ou reformulation si c’est le cas de la politique culturelle de la Ville de Genève. Nous souhaiterions également entendre le magistrat s’exprimer sur la question des moyens financiers, de leur évolution passée et à venir.

« Les Rencontres théâtrales 2012 – 2013 » ont eu lieu, puis se sont transformées en « Rencontre avec les arts de la scène ». Nous souhaiterions également prendre connaissance des conséquences des rencontres théâtrales 12-13  en terme de politique culturelle sur le théâtre à proprement parler.

Nous aimerions débattre avec le magistrat sur les conséquences de la nouvelle gestion administrative liée à l’octroi des subventions, qui s’est considérablement alourdie, alourdissant par conséquent le travail administratif des associations comme la nôtre, ce qui a comme premier dommage d’appauvrir la qualité des échanges et du dialogue avec la Ville.

L.2. Quelle est ou quelles sont la ou les missions prioritaires de votre lieu ?

Réaliser une programmation saisonnière de danse contemporaine, ainsi qu’une programmation sur la scène danse de la Fête de la Musique ; coproduire les créations locales (pour réaliser cette mission, les moyens sont donnés par l’Etat de Genève) ; gérer trois studios de danse à la Maison des arts du Grütli ; développer des actions de médiation et sensibilisation (ateliers, rencontres, journal de l’adc, centre de documentation,…); travailler en réseau (local, national et international).

L.3. Qu’est-ce qui pourrait être selon vous fixé dans le cahier des charges de votre lieu (mission du lieu)?

Actuellement, nous sommes dans une salle que nous occupons de manière temporaire.

Le Pavillon de la danse attendu devrait comporter, dans son cahier des charges, qu’il est un espace de création et d’accueil pour la danse prioritairement contemporaine.

L.4. Qu’est-ce qui relève du projet artistique de la direction (choix artistiques) ?

Les choix de la programmation et des activités qui l’accompagnent.

L.5. Quel est le mode de gouvernance de votre structure (comment les décisions sont-elles prises : collectif, direction)? Quelle est la durée du mandat de direction de votre structure ?

Nous sommes une association à but non lucratif, l’AG est l’organe suprême de l’association qui, conformément à ses statuts, délègue au comité une partie de ses compétences. Un système de contrôle interne adopté, par le comité, précise les tâches et compétences des organes de l’association. La délégation opérationnelle est intégralement déléguée à la direction de l’adc (directeur et administrateur), sous réserve des tâches inaliénables du comité. La direction et l’ensemble de l’équipe permanente sont engagés à durée indéterminée. De plus, une convention de subventionnement lie depuis 2010 la Ville, le Canton et l’adc sur des bases légales et statutaires.

L.6. Combien de spectacles accueillez-vous en moyenne par saison ? Ce choix relève-t-il d’une décision interne ou est-il régi par une convention avec un partenaire extérieur ?

L’organisation d’une saison de l’adc s’articule autour d’une douzaine de spectacles par saison. Le programme est composé de 4 à 6 créations ou reprises d’artistes locaux, et de 6 à 8 accueils. Les choix de programmation sont ceux du directeur, en concertation avec l’administratrice et la collaboratrice artistique. Les choix artistiques sont libres, mais se réalisent dans le cadre du projet artistique et culturel de l’adc intégré à la convention de subventionnement et soumis à des indicateurs faisant l’objet du tableau de bord.

L.7. Un rapport proportionnel entre accueils et de créations a-t-il été défini (décidé par vous ou par une convention avec un partenaire extérieur)?

Voir plus haut.

L.8. Un rapport proportionnel de travail avec des cies locales et des cies d’autres cantons ou étrangères (décidées par vous ou par une convention avec un partenaire extérieur)?

Voir plus haut.

L.9. Comment définissez-vous une compagnie locale, étrangère ?

Une compagnie locale travaille au niveau de la localité genevoise et une compagnie étrangère hors de la Suisse.

L.10. Avez-vous des proportions de spectacles selon les disciplines artistiques ? Si ce n’est pas déjà le cas, prévoyez-vous d’accueillir de la danse et des projets pluridisciplinaires ?

Nous accueillons uniquement de la danse contemporaine.

L.11. Quels montants attribuez-vous aux cies présentées ? Avez-vous des règles définies ou décidez-vous en fonction de chaque projet ?

Le budget comprenant les coproductions de créations d’artistes genevois, les accueils et la scène danse de la Fête de la musique est de 504’000. -, dont 222’000.- pour les coproductions, et 37’000.- pour la Fête de la musique.

Nous avons défini un cadre qui distingue notre part de coproduction des créations de compagnies conventionnées (conventions tripartites Ville-Etat-Confédération) de celles qui ne sont pas conventionnées. Depuis que l’Etat nous accorde, en 2011, des moyens pour la coproduction, nous avons commencé par considérer pour les créations le « coût plateau ». Après avoir éprouvé ce système, nous avons choisi de nous baser sur le budget de création de la compagnie. Nous coproduisons à hauteur de 24 à 30% du budget global pour une compagnie non conventionnée, et à hauteur de 12 à 15% pour une compagnie conventionnée. Ces pourcentages fixent une base, mais sont sujets à variations en fonction de l’ensemble des projets retenus dans une saison et de la particularité de chacun d’eux (le montage financier, l’ambition du projet, l’implication d’autres coproducteurs par exemple). Nous sommes attentifs à la cohérence des budgets soumis et au réalisme de leur montage financier. Aux montants relatifs à la coproduction se rajoutent les soutiens d’autres natures (mise à disposition du studio, du plateau et communication complète).

La programmation de la Fête de la musique se fait sur la base d’un appel d’offre lancé par l’adc. Le cachet de base est de 300.- pour les danseurs sur scène et de 100.- pour les musiciens. Pour les grands ensembles et les groupes préprofessionnels, une somme forfaitaire est proposée. Les spectacles des écoles publiques ne sont pas rétribués.

L.12. Comptez-vous les montants accordés aux cies par les collectivités publiques dans le budget global de votre structure ?

Non.

L.13. Avez-vous une grille salariale – concernant votre équipe – concernant les cies que vous présentez ?

Nous avons une grille salariale concernant notre équipe. Les salaires (bruts sur 12 mois et équivalents plein temps) s’échelonnent de 4’300 francs (salaires du personnel chargé de l’entretien par exemple) à 7’000-7’300 francs pour les postes à responsabilités (la direction, l’administration, la direction technique et la collaboration artistique).

Concernant les compagnies que nous programmons, nous restons attentifs aux salaires qui sont inscrits dans les budgets de productions pour qu’ils soient respectueux des minimums proposés par les chartres ou syndicats.

L.14. Quelles propositions de mesures avez-vous mis en place concernant la culture que vous désirez partager (ex. théâtre à midi, théâtre hors les murs, etc.) ?

Temps des coulisses, bus en-cas, ateliers du spectateur, rencontres public-artistes, ambassadeurs, conférences, projections de films, scène danse à la fête de la Musique, journal de l’ADC, centre de doc, collaboration avec la fête de la danse…

Travail de coopération avec les élèves du CFC danseur-euse interprète d’orientation contemporaine danse, avec la HETSR – La Manufacture et les étudiants Bachelor en Danse Contemporaine, et avec les jeunes danseurs du Ballet Junior de l’école de danse de Genève autour de la culture chorégraphique.

L.15. Qu’est-ce qui peut être amélioré pour développer la diffusion et quels critères établir ?

Dans la perspective de la construction du Pavillon de la danse, et considérant la diffusion du lieu et la promotion de la danse à Genève, il nous apparaît important de mener une réflexion sur les synergies possibles avec les partenaires culturels existants et de clarifier ensemble les rôles et missions des uns et des autres.

De plus, à l’instar de structures équivalentes à l’adc, et dans l’optique de positionner activement Genève sur la scène chorégraphique suisse et européenne, une réflexion sur la coproduction de créations de compagnies suisses et étrangères nous paraît nécessaire. Cela permettrait également de consolider les liens tissés dans les réseaux étrangers et de favoriser la circulation et les échanges entre les artistes genevois et étrangers.

Pour la danse, un exemple pragmatique : Genève devrait s’inscrire dans l’organisation des prochaines « Journées de Danse Contemporaine Suisse» en 2017.

L.16. Quel type de relation souhaiteriez-vous avoir avec la Ville de Genève ? Sous quelle forme souhaitez-vous que le dialogue ait lieu ?

Nous souhaiterions avoir un dialogue concentré qui se penche autant sur les visions et le développement à venir que sur l’évaluation des choses passées.

L’ADC (Claude Ratzé, Nicole Simon-Vermot, Anne Davier). 4 septembre 2014.

Convention de subventionnement.

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