Ulrich Wullf à la recherche de l’Autre

« Brothers », vue partielle de l’exposition Ulrich Wulff. Galerie Truth & Consequences – Paul-Aymar Mourgue d’Algue. Photo Jacques Magnol.

Avec « Brothers », Paul-Aymar Mourgue d’Algue montre un groupe d’œuvres de l’artiste berlinois Ulrich Wulff qui illustre ses recherches sur l’altérité. Et ce n’est pas un hasard si l’artiste a développé un intérêt certain pour le personnage de Frankenstein en séjournant chez le galeriste dont la maison est si proche de la Villa Diodati.

Ce n’est pas le monstre, mais l’histoire d’amour qui intéresse l’artiste, pas le « petit conte à glacer le sang » écrit en 1816, comme le souligne Ulrich Wulff, «L’objectif est plutôt sur l’intrinsèque de la plus tragique des histoires d’amour. L’objet du Monstre, de l’Etranger, de l’Autre est soumis à la plus grande douleur. Le Monstre et un terme que je ne voudrais pas accoler à la créature, absolument indépendante, qui essaie à maintes reprises de trouver son vrai moi en contact avec un homologue humain et un lieu pour éprouver le sentiment profond de l’amour et de la gentillesse. Pourtant, à maintes reprises, c’est laissé de côté par la superficialité humaine, qui ne cesse de la juger par son apparence. »

Ulrich Wulff, « Brothers » (Le Voisin est la Vision), 2017. Oil, acrylic, gouache and house paint on linen, 250 x 175 cm. Photo Truth & Consequences.

Les formes humaines très présentes dans les tableaux de l’artiste doivent beaucoup à sa rencontre avec le Bad Painting découvert lors de sa participation à une exposition collective – A Shape That Stands Up –au New Museum de New York en 1978. Les historiens de l’art ont inscrit les recherches de ces artistes évoluant entre figuration et abstraction dans le courant historique dont les figures marquantes incluent, entre autres, Willem DeKooning et Philip Guston. Cette approche remet en question les conventions esthétiques qui définissent beauté ou fidélité de la reproduction pour introduire humour et fantaisie.

Les corps d’Ulrich Wulff sont en transition, soumis à des déformations dans le processus de recherche de l’autre, voire le double qui sommeille au cœur de chacun. Dans ce même sens, Ulrich Wulff a composé et assemblé BROTHERS en employant différents moyens de traitement de l’image, qui partagent effectivement le même rêve : envisager et présenter notre être (peut-être par l’autre) à notre (vrai) nous-même.

Ulrich Wulff, « Probe-Raum », 2017. Oil, acrylic, gouache and house paint on linen, 150 x 200 cm. Photo Truth & Consequences.

Le personnage du clown dans ses toiles s’impose pour l’auto-réalisation de l’auteur et réagit, de manière basique, (both to the double-framing of the canvas and its respective environment) au double encadrement de la toile et à son environnement respectif.

Ulrich Wulff, « Detention », 2017. Wood stain on wooden stretcher bars, 110 x 110 cm. Photo Truth & Consequences.

 

Ulrich Wulff, « The White Elephant », 2017. Oil on canvas, 120 x 80 cm. Photo Galerie Truth & Consequences.

Ulrich Wulff – BROTHERS
Truth & Consequences
7 boulevard d’Yvoy. Genève.
24 mai au 8 juillet 2017.

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