Stanislas Nordey : Il faut créer un souffle qui emporte la vie intellectuelle d’une ville

portrait

La mise au concours de la direction de la Comédie de Genève a suscité l’intérêt de metteurs en scène renommés de tous horizons; le projet de la nouvelle Comédie que devra porter la nouvelle direction est également présent dans l’esprit des prétendants. L’esprit du travail, la renommée (ou non), le potentiel des candidats qui oeuvrent en Suisse romande sont déjà  connus de tous, qu’en est-il des autres ? Stanislas Nordey est le premier à  se prêter au jeu lors d’un passage à  Genève.

Depuis cet entretien, une bonne partie des postulants étrangers a été éliminée, et en premier ceux (Lacascade et Nordey) dont les idées sont proches de celles de Matthias Langhoff. Décidément, bien que cité en exemple depuis 23 ans, ce rapport reste maudit, imaginons alors qu’il dérange par son ambition.

Stanislas Nordey est l’exemple type du stakhanoviste qui paye généreusement de sa personne, au point qu’on se demande comment il concilie tant de rôles simultanément. En mars 2010, alors qu’il met en scène les Justes d’Albert Camus au Théâtre de la Colline, il joue en même temps à  l’Odéon sous la direction de Wajdi Mouawad (la presse française lui voue actuellement un grand intérêt), et trouve le temps de faire un saut à  Genève le lundi pour nous parler de sa candidature avant de passer longuement sur France-Culture le mardi, et ainsi de suite.

Entretien avec Stanislas Nordey, 22 mars 2010. 1ère partie, 5 min (vidéo).

Suite de l’entretien avec Stanislas Nordey. 30 min (audio).

Propos recueillis par Jacques Magnol

Stanislas Nordey. Né en 1966. Il a suivi sa formation de comédien au Cours Véronique Nordey, puis au Conservatoire National d’Art Dramatique. Depuis la fin des années 80, il met en scène de nombreux auteurs de Marivaux à  Pier Paolo Pasolini en passant par Shakespeare, Molière ou encore Feydeau, mais aussi d’auteurs contemporains comme Koltès, Minyana, Gabily. De 1991 à  1995, il est artiste associé au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis. De 1995 à  1997 il est associé à  la direction artistique du Théâtre des Amandiers à  Nanterre et du 1er janvier 1998 au 31 décembre 2001, il est directeur du Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis. Depuis 2000, il est responsable pédagogique de l’Ecole de Comédiens du Théâtre National de Bretagne / Rennes et artiste associé au TNB depuis 2002.

Ciels, Théâtre de l’Odéon, Ateliers Berthier du 11 mars au 12 avril. Les Justes , TNB de Rennes jusqu’au 13 mars, Théâtre national de la Colline du 19 mars au 23 avril.

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Commentaire:
Le projet de la nouvelle Comédie s’inscrit dans le contexte de nombreux chantiers qui modifieront le paysage genevois : les grands travaux du CEVA, le remodelage des quartiers de la Gare des Eaux-Vives, de Praille-Acacias-Vernets, de la pointe de la Jonction, ainsi que les agrandissements des musées d’ethnographie, d’art et d’histoire, pour ne citer que les plus importants, Tous ces projets font l’objet de débats, enflammés sinon véhéments. Mais à  propos de théâtre cela devient étrange : rien, motus, hormis le voeu exprimé il y a bien longtemps par Patrice Mugny de « faire de la nouvelle Comédie un pôle d’excellence régional ». Le milieu, si virulent en privé, se tient soigneusement coi afin de garder d’éventuelles chances de collaboration avec le vainqueur, une telle apathie augure mal du vaste soutien nécessaire au succès du projet de la nouvelle Comédie qui reste très loin d’être gagné. Le mouvement devra être guidé par une solide personnalité, convaincue de la validité du projet, reconnue, charismatique, porteuse d’un projet capable de rassembler. Malgré cela, des postulants sont opposés à  la nouvelle structure qui se dessine.
L’affaire était pourtant partie sur les chapeaux de roue quand tous les médias réunis vantaient la qualité des candidatures étrangères réceptionnées. Que s’est-il donc passé pour que ces candidatures soient un jour portées aux nues puis subitement  rejetées par la Fondation d’art dramatique (FAD), geste qui suscita l’ire du patron du DIP ? Aux dernières nouvelles, le 7 avril, la FAD, qui doit avoir ses raisons pour glisser des informations tout en prétendant le contraire, tenterait d’inviter, hors concours, de nouveaux candidats, ce qui, après les déclarations initiales, confirmerait une déroute en cours. Ce serait la réédition de cafouillages précédents, aux Musées d’ethnographie et d’art et d’histoire, quand les responsables du recrutement déploraient le niveau inadapté des candidatures reçues. Si l’on en croît le quotidien qui se veut de référence en Romandie, c’est Lausanne, avec Vidy et grâce à  l’action de Langhoff, qui porte haut les couleurs du théâtre en Romandie; si Genève n’existe qu’accessoirement sur la scène régionale, inutile de chercher dans l’arène internationale, mais l’on s’en contente. Ceci explique probablement cela. S’il y a un pilote dans l’avion, il est aveugle. J.M.

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