Plein tube de spectacles pour les 30 ans de l’Ecole Serge Martin

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« N’Dongo revient », Une comédie politique et satirique écrite et mise en scène par Dominique Ziegler. Photo © Marc Vanappelghem. Théâtre du Grütli. 17 Juin – 19 Juin. 20h30.

Durant presque tout ce mois de juin, 25 compagnies et 19 artistes vont se produire dans 23 théâtres de Suisse romande à l’instigation de Serge Martin qui a conçu le programme de Plein Tube avec les directions des compagnies et d’autres personnalités qui ont fait l’Ecole Serge Martin.

Pendant trois semaines, cinq villes de Suisse romande (Genève, Lausanne, Neuchâtel, Sion et Yverdon) sont les terrains de jeu de ce festival qui comprend théâtres, performances, concerts,  rencontres, lectures, rétrospectives et une exposition.

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Serge Martin, auteur, comédien, metteur en scène et pédagogue. Son école de théâtre a 30 ans.

 Avec La Cie l’Alakran d’Oskar Gomez Mata, que Serge Martin a connu à Paris avant de venir à Genève, la Cie Super Trop Trop de Dorian Rossel, la 2b Company, le comédien et metteur en scène José Lillo, Valentine Sergo, Sandra Amodio, Myriam Sintado ou encore La Fourmilière de Sarah Marcuse, ce sont 200 anciens diplômés de l’Ecole qui participent à Plein Tube.

Au menu, des reprises avec, parmi d’autres, Dominique Ziegler : « N’Dongo revient », José Lillo : « La Troisième Nuit de Walpurgis », Dorian Rossel : « L’Usage du monde », Sarah Marcuse « Ring », des nouveautés avec « Babel 2.0 », un projet de théâtre mené par La Dolce Cie. avec des requérants d’asile logés dans les abris PC à Genève.

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Gregory Stauffer, performer et chorégraphe, et Marius Schaffter, comédien géographe et dramaturge, s’inventent un duo – Schaffter & Stauffer.

La mission pédagogique d’origine de l’Ecole Serge Martin a été de formuler un apprentissage alliant deux pratiques différentes ; celle de Jacques Lecocq et celle du Conservatoire National de Paris, Serge Martin ayant enseigné dans les deux institutions. Est venue s’y greffer l’expérience développée par lui-même : approche des textes, fou et théâtre même fonction, recherche de formes théâtrale dont l’historique est développé dans le livre « PleinTube » fruit d’un travail collectif sous la direction de Serge Martin, qui relate le parcours, le travail et l’éthique de chaque compagnie.

En compagnie de plusieurs metteurs en scène et artistes, Marius Schaffter y relate les début de son parcours vers la scène :

J’ai réellement découvert le théâtre par mon frère à l’âge de 12 ans. Au retour de l’école, il me lisait chaque jour quelques pages de La Cantatrice chauve en partageant un bol de céréales dans notre cuisine à Yverdon. De cette scène de 7 ml, il m’a aussi emmené sur les scènes des concerts rocks olt j’ai été fasciné par l’énergie, la brutalité, la fragilité et la magie de l’instant. C’est sur ces scènes-ci que j’ai commencé à travailler en frappant sur ma batterie la tristesse de mon adolescence. Avec mes amis, dans la joie et l’allégresse, déguisés, s’intéressant plus à la performance scénique qu’à la réussite musicale. Un jour, nous avons vu le groupe Velma sur la scène de l’Arsenic à Lausanne, puis un spectacle de danse à la Dampfzenrrale de Berne – était-ce la Compagnie Alias? Deux expériences qui ont ouvert de nouvelles perspectives et envies. Il y avait ce corps dont il fallait bien faire quelque chose. Le mettre en mouvement, l’étirer, le faire parler, le faire taire.
À cette période, sur les ruines de Beckett, j’ai commencé à construire un parcours académique. Géographie, sociologie, anthropologie, Sound Studies et sciences de la danse. Fascination pour l’espace, les lieux, le paysage, l’environnement; toutes ces choses dans lesquels on essaie de vivre. Long cheminement dans les couloirs sinueux de l’Université, là olt le cerveau va plus vite que le corps, et les discours remplissent tous les interstices.
À l’âge de 30 ans, j’ai quitté l’institution académique et j’ai commencé l’École de théâtre Serge Martin. J’y ai trouvé un terrain de recherche et d’expérimentation, centré sur la présence physique, l’improvisation et l’instant. J’ai pu y entrer sans expérience préalable du théâtre. J’y ai acquis des outils et la confiance pour faire ce que je fais aujourd’hui, pour réaliser mes propres projets.
Depuis sa création, je collabore avec Le Cabinet des curiosités, la compagnie de Gregory Stauffer, ami de toujours. J’y œuvre en tant que dramaturge, œil extérieur, performer ou même parfois chorégraphe. (Lire la suite dans « Plein Tube », Editions L’Entretemps)

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L’usage du Monde. Dorian Rossel.

Ce que cherche Dorian Rossel :

« L’envie est toujours de développer un théâtre accessible, direct mais exigeant, singulier et contemporain. La particularité des mises en scène de la Ce Super Trop top réside dans le fait qu’elles ne se construisent pas toujours autour d’un texte ou pièce du répertoire théâtral, mais à partir d’une problématique contemporaine avec la volonté de parler de notre époque et de l’expérience que les individus en font.
Au cours de l’élaboration dramaturgique et tout au long du processus de création, il s’agit de ne jamais se baser sur des présupposés théâtraux ou scéniques. Je souhaite affirmer le caractère empirique du théâtre.
Je réunis non pas des interprètes mais une équipe de créateurs pour chercher comment raconter et construire notre propos. Ensemble, on chemine dans l’approche d’une problématique globale, l’imprégnation d’une langue et sa transposition vers une écriture scénique.
Nous voulons créer des « œuvres ouvertes », polysémiques, où le sens n’est pas arrêté une fois pour toutes et figé dans des balises uniformément intelligibles.
Nous sommes à la recherche d’un théâtre qui rassemble et donne l’envie de se questionner, d’apprendre et de s’ouvrir aux autres. Mais aussi qu’il donne du plaisir et la force de se dépasser, d’apprendre, d’aimer, de retourner au théâtre, de sortir de ses préjugés. Qu’il soit une invitation à entrer dans un univers délicat, exigeant et complexe, miroir de notre monde. » (Lire la suite dans « Plein Tube », Editions L’Entretemps)

 

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Fanfareduloup Orchestra. Photo Philippe Clerc. Plaine de Plainpalais. 15 Juin. 18h00 – 19h00.

L’invité d’honneur le chanteur Stéphane Sanseverino se produira sur des rythmes jazzy, tsiganes lors d’un concert unique au Grütli, le 22 juin à 20H30.
Programme détaillé : www.pleintube.ch

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