L’idée de repères dans la performance au Festival Particules

Festival Particules

Cartographier le réel et considérer l’histoire de la déchirure libanaise comme une succession de plans des années 20 à  nos jours, mettre en boîte l’histoire de l’humanité depuis la Genèse ou construire un corps en réseau avec les éléments et objets qui l’entourent : voici quelques démarches balises à  découvrir entre art corporel, performance, conférence et installation à  découvrir dans le cadre de la 6e édition du Festival Particules au Théâtre de l’Usine du 6 au 11 janvier 2009.

Entretien avec Myriam Kridi, programmatrice.

Les spectacles retenus interrogent nos supposés repères sensoriels, pratiques, sociaux-culturels. Dans un jeu sur les échelles comprenant une maquette, des figurines miniatures et un corps enseveli How do you like my landscape est une forme de revisitation de l’histoire de l’homme vue d’un point de vue biblique notamment, de la Genèse à  l’Apocalypse. Mais c’est aussi la notion d’eschatologie que traverse cette création au confluent de nombres d’arts visuels de la scène. Dans L’homme d’hier, c’est un périple à  Beyrouth à  travers le temps et l’espace qui se déploie. Une cité en mutation que nul plan ne saurait circonscrire dans ce voyage envisagé comme un champ de fouilles et délivré par un comédien comme une vraie fausse conférence. Radical_Connector joue du lien entre corps et environnement : des connexions et passerelles qui ont une résonnance intime dans le corps de la performeuse et danseuse. Elle court et sautille sur place tout en optant pour une expression charnelle et suave avant de faire ironiquement exploser quelques composantes de ce tissu de relations entre les choses en forme de toile. Handle with great care s’axe sur un solo de danse réalisé avec une infinie lenteur en lien avec un tissu sonore. Entre apparition et disparition, quelle image rémanente reste-t-il dans la rétine du corps en mouvement ? Le féminin et le masculin se disputent nombres de pratiques, d’attitudes et comportements rarement mis en crise ou portés à  la scène comme dans In-Organic. De la mise en lumière du poids des traditions à  leur subversion, le spectacle cherche le rapport entre corps et symboles par des ruptures. Ce avec un immense collier de perles, une tête de taureau et quelques épingles à  cheveux. Pour toréer la vie de couple, ses vertiges, vestiges et habitudes. Sur la base d’un film mettant en scène une transaction marchande vite improbable (un acheteur face à  une vendeuse de tomes), Conversation avec la Léa se vit comme un « cabinet de curiosités » composé des prosaïques moments de la propre histoire du performer et son échange avec une productrice de fromage coupée d’un certain monde par sa surdité et isolée dans un cadre rupestre.

Bertrand Tappolet

Festival Particules : du mardi 6 janvier 2009 au dimanche 11 janvier 2009, 6ème édition, 6 jours, 6 spectacles, 6 djs et 1 installation. Théâtre de l’Usine. Genève.

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