La réussite, l’échec quand on a fait le choix de l’art

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Réflexion en marge de la pièce « Le fantasme de l’échec« .

A l’occasion de présentation de la pièce de Véronique Bettencourt à St-Gervais, Philippe Macasdar – directeur du Théâtre St-Gervais – et Jacques Magnol – cofondateur avec Yi-hua Wu de GenèveActive – proposent aux artistes, gens de théâtre, peintres, écrivains, cinéastes, musiciens, etc., plus ou moins bien placés sur l’échelle convenue de la réussite, de partager leurs réflexions dans un texte au format de leur choix à communiquer à l’adresse suivante :
forums (at) geneveactive.ch
Les réponses sont affichées au Théâtre St-Gervais, ainsi que sur cette page.

Dialogues entre artistes

Les 11 et 18 mars, deux artistes ont entretenu un dialogue d’une vingtaine de minutes sur cette thématique à l’issue de la représentation.

– 11 mars : dialogue entre Caroline Gasser et Mathieu Bertholet. Ecouter :

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Mathieu Bertholet et Caroline Gasser, le 11 mars 2015.


– 18 mars : Dialogue, Jacques Magnol avec Daniel Berset.

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Daniel Berset et Véronique Bettencourt, le 18 mars 2015.

 

Réflexions d’artistes, de comédiens, écrivains, plasticiens, collectionneurs

Sylviane Dupuis
(poète, écrivain, dramaturge)

La réussite (en art comme ailleurs) est une notion totalement relative.

Echec ou succès peuvent se renverser à tout moment : en tenir compte, c’est se laisser paralyser par la contingence.

Ce qui importe est seulement de tenter d’aller au plus loin de ce qu’on peut faire, dans le temps qui nous est donné. En pariant sur le fait que ce qui est essentiel pour soi le sera peut-être pour quelques autres. A un moment donné.

Il m’a toujours semblé que s’assurer une certaine autonomie économique garantissait la liberté de l’exercice de l’art et évitait de l’aliéner. Même si le temps pris à gagner sa vie est du temps pris à la création. Encore que… Tout peut servir. L’important est d’essayer de ne jamais se quitter. Et de ne jamais lâcher sur l’essentiel.

Nous permettre de tenir debout (face au chaos du monde) : c’est, pour moi, le rôle de l’écriture, et de la forme – comme de tout acte de création qui engage.

Je me permets aussi de vous renvoyer aux deux « propositions » XXII et XXXI de mon petit livre Qu’est-ce que l’art ? 33 propositions (Zoé, 2013) …

XXII
Quand il a force de nécessité, l’art ne naît pas de la volonté de dire, de faire, ou d’exprimer, pas plus que de l’ambition de « réussir » – il naît de l’impossibilité de ne pas obéir à ce qui, traversant celui ou celle qui crée, lui impose de s’exécuter. D’où l’inanité de la morale en art.
Mais si l’art exclut la morale, c’est au nom d’une éthique d’ordre supérieur exigeant du créateur une nudité qui confine à l’ascèse, et suppose une totale mise en jeu de soi – ou un courage.

XXXI
L’art n’est pas seulement acte de création – il est aussi dans le travail sur soi qui conduit (invisiblement) à l’œuvre. Et parfois durant toute une vie.
Que l’œuvre échoue, demeure inachevée (« Des essais, c’est tout ! » – Giacometti) ou même longtemps invisible n’est pas le plus grave – qui serait de s’imaginer avoir créé quelque chose alors qu’on s’est contenté de fabriquer.

Sylviane Dupuis. 10 mars 2015.

 

Elidan Arzoni

– La réussite, l’échec quand on a fait le choix de l’art.
Tout en visant la réussite – c’est à dire, dans le cadre du théâtre, de présenter un spectacle de telle façon à ce que le spectateur puisse être actif et tisser des liens lui permettant une réflexion sur la vie, la société, le monde dans lequel il vit, tout en étant ému ou diverti par ce qu’il voit sur scène – l’échec nous guette à chaque instant de la création artistique.

La reconnaissance, devenir riche et célèbre ?
Aucune importance, c’est le travail artistique qui compte.

– Laisser quelque chose derrière soi après sa mort ?
Ce qui est important, c’est ce qu’on fait et vit maintenant.

– Comment vivre de son art ?
L’art me fait vivre par le simple fait qu’il existe. Je ne pourrais pas envisager une vie sans art. Pouvoir participer à créer de l’art, malgré les difficultés multiples qui se présentent à chaque fois, est une raison de vivre. En ce qui concerne l’argent, oui, c’est dur et cela use. Mais l’amour de l’art nourrit l’âme et l’esprit.

– Comment continuer à en vivre?
En continuant à créer, ce qui permet la plupart du temps juste de survivre…

– Pourquoi continuer sinon?
J’ai effectivement tendance à me poser la question, tant les difficultés, les refus et rejets divers inhérents à cette profession sont durs à vivre. Mais l’amour de l’art l’emporte toujours sur toute autre considération.

– Vivre ici plutôt qu’ailleurs ?
Ici. Ailleurs n’est pas forcément mieux.

– La réussite, le succès ?
Cela fait plaisir. Mais après la courte griserie de quelques soirs, les doutes, les remises en question, la recherche et la création reprennent le dessus.

Elidan Arzoni. 10 mars 2015.

 

Larissa Rosanoff
chanteuse lyrique

Si on n’a pas connu (ou on ne connaît pas) l’échec, comment apprécier la réussite?

Larissa Rosanoff. 8 mars 2015.

 

Mathieu Bertholet

« Un artiste qui réussit, c’est un artiste qui vit de son art. »
Y en a-t-il vraiment ? Ne sont-ils pas tous profs, animateurs d’ateliers, chômeurs temporaires, enseignants, intermittents, programmateurs, voir même directeurs pour vivre ?

« Plus une œuvre plaît au grand public, moins elle est artistiquement élaborée. »
Plaire et réussir, est-ce la même chose ? Et qu’est-ce que le grand public ? Le « public » est tellement fragmenté aujourd’hui (YouTube, les vieux contre les jeunes, les visiteurs d’opéra et les touristes easyJet, les élites et le « peuple »…) qu’on doit pouvoir trouver public, plus ou moins grand, pour à un peu près tout.

« L’échec en milieu artistique n’a rien à voir avec le manque de talent. »
L’échec pour apprendre, avancer, approfondir, recommencer. Avec une bonne dose de talent, on peut échouer à haut niveau.

« La célébrité, c’est une notion commerciale. La gloire, c’est ce qui compte vraiment. »
La gloire rapporte surtout aux héritiers, alors que la célébrité peut aider à manger vers la fin du mois. Et je doute que l’un ou l’autre soit vraiment utile dans le domaine artistique. La rigueur et la radicalité me semblent un peu plus essentielles à la réussite.

Mathieu Bertholet. 10 mars 2015.

 

Alexandre Correa

Adolescent j’ai redoublé une année au lycée. J’ai ainsi connu l’échec et perdu une année durant laquelle j’ai pu travailler dans une ferme, rencontrer une fort jolie jeune fille et monter un groupe de rock. Par la suite, j’ai connu de nombreux échecs, en particulier durant mes études.

Plus tard, j’ai épousé la jolie jeune fille et ensemble nous avons fait plusieurs enfants. Avec le groupe, nous avons enregistré sept albums et donné de nombreux concerts. J’ai écrit et publié quatre romans. J’ai contribué à la création d’une maison d’édition. J’enseigne le français et l’histoire de l’art ainsi que la didactique d’histoire de l’art.

 À presque quarante ans et je ne sais toujours pas quoi dire aux parents d’élèves qui craignent que leurs enfants soient en situation d’échec ou qu’ils ne perdent leur temps. Je ne suis sans doute pas encore assez vieux pour en être sûr, mais j’ai bien l’impression que l’échec est un mot qui ne correspond à rien de réel. Perdre son temps non plus. Dans le domaine des arts ou dans tout autre domaine…

Alexandre Correa La Chaux-de-Fonds, le 9 mars 2015.

Pascal Rebetez

Le succès, c’est quand on n’a plus à s’en préoccuper.
Alors je n’en dirai pas davantage.

Pascal Rebetez. 10 mars 2015.

 

Stéphane Bovon
éditeur et écrivain

Le fantasme de l’échec, ou la crainte du succès, c’est la même chose, sont un leurre. C’est penser, dans un monde hyper-connecté (et où donc plus personne ne sait qui fait quoi), que ce qu’on fait en qualité d’artiste compte.

L’artiste a pu graver son œuvre dans le temps pré-postmoderne parce qu’il y avait des murs sur, ou contre, lesquels il pouvait gratter.

Avant même celui, symbolique, de Berlin, les murs sont tombés. Les hommes se constituent désormais en bulles homogènes et quasi non-interpénétrables (cf. Sloterdijk), ici des collectifs d’artistes liés par la géographie. Il y en a dans chaque village, et des brillants, mais ils n’ont pas le temps de voir ce qui se passe dans les autres bulles. Le spectateur-client, quant à lui, ne sait plus où donner de la tête, voire se pique d’être artiste à son tour, où sont les comptables ?

Dès lors, il n’y a pas d’échec mais l’indifférence, et un peu de succès, celui des copains.

Jusqu’au prochain fascisme.

Stéphane Bovon. 10 mars 2015.

Z  A  N  C  O
théâtre itinérant –  pédagogie en mouvement

« Vivre de son art »
Définir, d’abord, qu’est ce que c’est que l’art. Transporter des décors, écrire des dossiers et des lettres, faire venir la presse ou des programmateurs, demander les autorisations, réunir une équipe, n’est-ce pas aussi ça (en vrac), l’Art ? « Vivre de son art », n’est-ce pas aussi réussir à créer dans la réalité dans laquelle on vit – réussir à renouveler son délai-cadre, ou, pour nombre d’artistes argentins, par exemple, travailler de 8h à 18h pour répéter ensuite de 20h à minuit? Utiliser son savoir-faire pour enseigner le théâtre à des jeunes, n’est-ce pas « vivre de son art »?

Toujours vouloir mettre en boîte. Toujours catégoriser.

 Le « grand public » et l’artiste
Mon idéal serait de créer pour un spectateur ou une spectatrice individuel.le. Laissons le public aux managers.

 L’échec
Qui définit? Qui prescrit? Quels critères?

 Yuval Dishon, Cie Zanco. 12 mars 2015.

 

Heike Fiedler

tout ce que je voulais toujours dire en rapport avec le sujet[1]

 échelle écharde écho
é chec out check in sinon
succès chose machin choix.

 ni connue ni vue ni plus
ni moins pourquoi comment
quand même.

crrr

 crrr

éer, ri ri
riche tu vois tu vois, cela
t’a échappé. ah. AAAAaaah.

c’est qui ? motsmots
monstrueusement, ce n’est
pas

 pas ét
onnant néant vraiment si
autre cho

se non, plus raison
nablement démesure et m
erde oui no
tion d’accord en plein milieu

AAAAaaa

devenir ou dema…

©hf

[1] texte écrit pour sa reconnaissance posthume

Heike Fiedler. 9 mars 2015.

Pierre Yves Lador

Succès ou échec artistique

Le succès, comme la taille, la distance ou la richesse sont des quantités mesurables qui relèvent de l’avoir.

L’artiste travaille dans la qualité, l’intensité, la profondeur qui relèvent de l’être. Le pullulement de tout, humains, artefacts et la globalisation (abolition des distances, aplatissement général) annulent pratiquement toute possibilité d’écoute ou même l’écoute est éphémère, c’est-à-dire oublie vite si par hasard elle a capté quelque chose. L’artiste est comme chacun bulle désirante (amour, sexe. drogue, autre, etc…) qui prend conscience de sa progressive absence d’intention. Il devient comme l’arbre, la bactérie, le champignon et donne les fruits, les feuilles, les déjections produits de ses digestions. Parfois, courges ou glands, parfois coprins chevelus, parfois fleur de cactus, mais la plupart de ces fruits sont non vus, non mangés et pourrissent joyeusement, nourrissant les imprévisibles et invisibles animalcules. Solitaires ou groupés les artistes ornent le jardin de proximité et jouent dans la cour. Le terme artiste quoiqu’en pensent les institutions, les lois et eux-mêmes parfois, n’est pas protégé. Chacun de consommateur peut rêver et même devenir producteur de sens ou de tout ce qui se mesure, art, pensée ou rapports et études sociologiques, spéculateur, inventeur de l’éplucheur magique voire simplement poseur de bombes ou coupeur de tête. Il devrait devenir humain en pleine conscience, ce serait le succès et ne pas se laisser envahir par la reconnaissance ni l’absence de reconnaissance, le trop ni le trop peu d’argent.

Pierre Yves Lador. 13 mars 2015

 

Janine Massard
Ecrivaine

La réussite, l’échec quand on a fait le choix de l’art
On ne fait pas le choix de l’art, c’est l’art qui s’impose de manière mystérieuse. Tôt ou tard, on s’y engage comme dans une voie mystique. L’échec serait alors l’envie irrépressible de créer sans jamais parvenir à finaliser le moindre texte.

La reconnaissance, devenir riche et célèbre ?
Dans notre modeste rapiéçure francophone cela me paraît être de l’ordre de la probabilité du million gagné à la Loterie. Ça peut arriver, le succès de Joël Dicker est l’exception qui confirme la règle.

Laisser quelque chose derrière soi après sa mort ? 
Dans le domaine de l’écriture, les signes imprimés survivent au temps dans les archives de diverses bibliothèques cantonales ou nationales ; les titres sont référencés sur Wikipédia. Encore faut-il que ces pages soient redécouvertes après la mort. Mais c’est arrivé : Robert Walser, Catherine Colomb et d’autres.

Comment vivre de son art ? 
Là, on est dans l’aléatoire. Un Jacques Chessex a prouvé qu’un auteur pouvait mener de front écriture et enseignement. D’autres en sont incapables, ont besoin d’années sabbatiques, de bourses d’écriture, etc. Ils s’entraînent à vivre avec peu.
Pourquoi continuer sinon ?  Parce qu’au bout d’un certain temps de cohabitation avec l’écriture on s’approprie ce constat de Beckett « Bon qu’à ça ».

Vivre ici plutôt qu’ailleurs ?
Mon biotope est ici, je ne fais partie ni des migrateurs ni des migratrices.

La réussite, le succès ? 
A vrai dire, je n’y attache pas beaucoup d’importance. Il serait malhonnête de ma part de prétendre que je ne laisserai aucune trace. A ce jour, j’ai douze publications à mon actif, six titres réédités dans des collections de poche, trois en traductions, deux en russe, un en allemand. L’écriture est mon oxygène, elle m’a sauvé la vie lors d’une épreuve particulièrement difficile. (Cf. Comme si je n’avais pas traversé l’été, L’Aire bleue).

Janine Massard. 11 mars 2015.

 

Gabriel Alvarez
metteur en scène

Le succès =  Une méthode afin établir un compromis avec le public !
L’échec = La prise de conscience qu’un spectacle n’a pas voulut satisfaire les demandes du public !

Donc

Succès-échec, s’avère être une fausse formule, car le public n’existe pas !
Dans une salle de théâtre nous sommes en face à des individus isolés,  chacun/une avec ses propres attentes, exigences, peurs et aprioris.
Une salle du théâtre c’est un espace obscur qui réunit des yeux entrainés à regarder des choses différentes. Des oreilles habituées à écouter toujours la même langue, les mêmes sonorités.
Succès- échec = une jolie chemise de force imposée par l’audimat afin de limiter la liberté créative.

Gabriel Alvarez. 17 mars 2015.

 

Salam Yousry
metteur en scène.

La réussite, l’échec.
Pour moi la question n’est pas est-ce qu’on a réussi ou échoué ou autre, ce n’est pas divisé ainsi, pour moi dès que l’on a pris une étape d’avance, c’est que l’on a fait le bon choix, même si je monte un spectacle qui n’a pas du tout du succès je pense que si je vois que ma troupe et moi avons pris une étape d’avance ça veut dire que ça suit, je n’ai pas une idée d’extrême, même le succès avec le public ce n’est pas très important, pour moi, il n’y a pas d’échec, ça n’existe pas même, on fait des choix dans notre travail, dans notre vie, des choix ratés mènent à d’autres étapes, on ne peut pas voir un point d’échec dans sa vie même si c’est linéaire, c’est un point d’étape qui mène à autre chose. Car même si l’on veut parler d’échec, il y a un apprentissage très important.

Cette idée que je n’ai pas pu accomplir ce que je voulais, ou même si les gens ne l’ont pas reçu comme je voulais, ou même si j’étais à un moment paresseux et que je ne voulais rien faire, tout cela fait partie de cette recherche personnelle ou l’on passe par des étapes plus que par des échecs et des succès.

La reconnaissance
C’est une question très difficile, si l’on prend la phrase de Godard, la reconnaissance dans ce sens signifie un respect, pas simplement qu’il est connu et fameux, il est reconnu qu’il a établi quelque chose.
Pour moi, la connaissance n’est pas importante, la reconnaissance c’est un peu narcissique mais c’est important pour que l’on garde l’intérêt et la confiance, mais pas tout le temps. Pour un artiste par exemple, quand on devient connu ça change le procédé car on est alors plus dans la stratégie, l’équilibre entre l’image que l’on donne et ce que l’on produit vraiment. C’est alors plus dans la façade, l’image que l’on doit continuer à avoir, plus que dans le contenu que l’on veut développer. Personnellement, j’essaie tout le temps de ne pas devenir un artiste de mainstream ou plus connu, ou que les gens reconnaissent. Ici quand j’ai animé des ateliers avec des comédiens de Genève, j’ai fait douze séances, ils ne me connaissaient pas et je commençais les séances en dirigeant un procédé où il n’y a pas de leader et que chacun a dû proposer dans le but est de monter un spectacle ensemble. Chacun était alors écrivain dramaturge, metteur en scène et comédien, nous avons choisi collectivement pour trouver une base commune; ce qui exigeait qu’ils ne me connaissent pas et qu’ils ne me reconnaissent pas, car l’idée était qu’une confiance s’établisse.

Je désire plus partager qu’être connu ou reconnu :

Salam Yousry. 12 mars 2015.

 

Pierre Huber
Galeriste et collectionneur

Laisser quelque chose après sa mort.
Oui, j’aimerais et j’y ai travaillé avec beaucoup de plaisir et de passion, si ce que je pensais est intellectuellement fort et intéressant et finalement ne le sera pas pour l’histoire  j’accepterai que cela disparaisse. J’aurai eu la satisfaction d’avoir au moins essayé mais pas eu le talent d’analyse et de visionnaire que j’aurais éventuellement essayer d’avoir. Il faut parfois l’œil de deux trois générations pour enfin reconnaître la valeur des  artistes.

Reconnaissance
Je suis connu mais pas reconnu, c’est valable pour tout ce qui n’est pas facile d’accès à un moment donné.
Je fais de moins en moins de compromis et cela me crée des ennemis mais le parcours est un engagement solitaire qui permet d’avoir du temps et de l’énergie pour penser. Par contre il faut choisir ses partenaires pour échanger en toute sérénité. Le résultat se mesure seulement une fois la ligne d’arrivée  franchie.
Ce n’est que maintenant que je suis approché lors de mes voyages par des jeunes qui me connaissent, curateurs, galeristes, directeurs de musées et autres, ils ont une autre approche et pas les mêmes conflits d’intérêt et ils me sollicitent avec beaucoup de respect.

Des artistes que j’ai montré et que je pensais disparus, voilà qu’ils surgissent à nouveau, c’est comme des enfants en qui je croyais et qui ont eu besoin de beaucoup de temps pour se faire reconnaître et cela me donne beaucoup de fierté. L’histoire, on doit la mériter et il faut beaucoup de recul pour cela.

Pierre Huber. 17 mars 2015.

 

Dacia Maraini
Ecrivain, auteur de théâtre et poétesse italienne de la seconde moitié du XXe siècle.

Que représente le succès pour vous ?
« Je ne m’y attendais pas du tout. Je n’exagérerai pas les côtés positifs ni les les côtés négatifs. Je pense que comme pour l’amour, le succès ne se recherche pas. Je l’ai accepté sans me laisser étourdir. Je ne considère pas le succès comme une garantie de qualité. » La reppublica, 17 mars 2015.

 

Suite en cours, les réflexions sont à envoyer à :  forums ( at  ) geneveactive.ch

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