Le Grütli de Frédéric Polier propose de réfléchir, rire et rêver

Frédéric Polier le 26 juin 2012. photo J.M.

C’était l’événement théâtral le plus attendu de la saison et, ce 26 juin, Frédéric Polier a choisi l’humour pour présenter un programme chargé de 17 spectacles qui ne comprend pas moins de 12 créations et 4 accueils pour une seule reprise.

C’est peu dire que Fred’ Polier était attendu au tournant après les hoquets de quelques chapelles qui ont accompagné sa nomination. Fin joueur, le nouveau maître des lieux a répondu en quelques mots à ses détracteurs : « Patrice Mugny (le magistrat qui l’a nommé) sait ce qu’il fait ! » Il n’a pas non plus fait table rase du passé, ainsi, les habitués du lieu ne seront guère chahutés puisqu’ils y retrouveront des metteurs en scène, tels Guillaume Béguin ou Andrea Novicov, qui ont signé les succès du Grü les années précédentes.

S’il convient dans ces circonstances de parler d’une ligne,  Frédéric Polier a privilégié « des textes assez politiques, subversifs, des textes de francs-tireurs qui ont payé de leur personne comme Harold Pinter par exemple. Mon objectif a toujours été de proposer un théâtre capable de toucher tous les hommes, accessible et compréhensible par tous, tout en étant profond et poétique. Je ne pense pas que plus une œuvre est exigeante plus elle doit être hermétique. Ce n’est pas parce qu’une eau est profonde qu’elle n’est pas limpide. Comment penser devant une œuvre qui se referme sur elle-même et comment prendre position s’il n’y a pas partage ? »

Jacques Magnol

Vous retrouverez Frédéric Polier le 2 juillet dans ces pages.

La saison ouvrira fin septembre avec Highway par Cosima Walter et Alexandre Simon (le 21) et Contre, une trilogie d’Esteve Soler, fruit du collectif Yvan Rihs, Erika von Rosen, Pierre Dubey, Eric Devanthéry et Xavier Fernandez-Cavada (le 28). Le programme sera sur le site du Grütli début juillet, un résumé est toutefois visible ici en pdf.

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Publié dans scènes, théâtre
5 commentaires pour “Le Grütli de Frédéric Polier propose de réfléchir, rire et rêver
  1. Gilles Jobin dit :

    Et on dit que nous faisons de la « non danse »…

    • Wu Yi-hua dit :

      C’est l’occasion de rappeler que le terme de ‶non danse” a été inventé par un journaliste français pour pallier la faiblesse de son vocabulaire ou de sa perception. Celui-ci estimait qu’il n’y avait pas dans la danse contemporaine autant de mouvement que dans la danse moderne ou classique.
      Le terme signale que son auteur n’a pas saisi que la source de la créativité résidait dans l’émancipation des contraintes. De là, la difficulté à définir le genre des créations. Genres qui n’existent plus que pour l’administration qui a besoin de ces catégories bien délimitées.

      Heureusement, les choses évoluent, les politiques évoluent aussi, mais avec un certain décalage. Les frontières, les limites, les séparations, politiques, économiques et artistiques sont en ébullition, certains en ont conscience, d’autres, peut-être, non.

    • Jacques Magnol dit :

      Entre autres du même avis, le directeur du MOCA de Los Angeles, remarque: “It’s one of the most significant things going on right now—not just in art but also in progressive culture—this convergence, the dissolving of boundaries between what is art, what’s music, what is performance … and it’s also the convergence between a more elevated fine-art culture and popular culture. »

  2. Aue dit :

    Mmh… ‘dissolving the boundaries…’ n’est pas un thème nouveau. En 1967 aux Rencontres Internationales de Genève… (soutenues par Genève, Etat, Ville…) Adorno tenait une conférence ‘L’art et les arts’, métissages, hybridations et tabous http://www.rencontres-int-geneve.ch/volumes_pdf/rig21.pdf que l’on peut aussi écouter sans trop d’efforts : http://www.youtube.com/watch?v=mf7QtfinrrM là, mais ailleurs aussi sur le net.
    Je ne sais pas pourquoi cette question de ‘la dislocation des frontières’ reste d’actualité. Avançons-nous?
    D’ailleurs, ce thème est au programme de l’agrégation en arts plastiques en France (à bac +5) mais souvent les universités qui enseignent ce programme restent elles-mêmes dans le mono-disciplinaire…!

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